‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 19 sur 180 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

times. Or, le Moniteur a souvent parlé pour annoncer des condamnations : devions-nous passer ces nouvelles sous silence? 11 n'a pas parlé seul; d'autres feuilles, le Journal de Paris, le Républicain du Nord, qui se publiait à Bruxelles; des feuilles locales révèlent des jugements jjrononcés. Mainte fois, j'ai pu retrouver aux archives la preuve des faits signalés dans les journaux : il m'était permis d'en conclure qu'ils étaient exacts. Mentions bien sommaires, sans doute, mais elles suffisent pour attirer l'attention des hommes studieux et pour diriger leurs recherches.

Cette enquête, je l'avais commencée il y a près de dix ans 1 ; en la reprenant de nouveau, j'ai la satisfaction de l'avoir poussée plus loin. Je puis signaler aujourd'hui l'institution de commissions militaires dans des villes où je n'en avais pas trouvé d'abord : Avignon, Dijon, lluningue, Nice, Perpignan, Quimper, Saint-Brieuc, Vannes. Je n'ai pas cru devoir omettre celles de Bruxelles, de Gand et de Liège, puisque la Belgique était alors réunie à la France et participait aux mêmes lois ; ainsi encore de Milan. A Paris, je n'avais constaté que neuf condamnations à mort; aujourd'hui, j'en relève seize, sans parler de divers jugements d'acquittement ou de renvoi. J'ai pu mentionner encore pour d'autres villes des condamnations qui, naguère, m'avaient échappé (Grenoble, Lyon, Nancy, Tours).

Outre les jugements qui prononcent des condamnations à mort, j'en ai reproduit d'autres d'où ressort ou l'acquittement des prévenus, ou leur renvoi devant le Directoire ou devant l'administration centrale dont ils relèvent, ou leur déportation. Quelques-uns de ces jugements témoignaient plutôt de l'humanité des juges que de leur respect ou de leur connaissance de la loi : il ne sera pas inutile d'entrer ici dans quelques explications.

Le lecteur sait déjà à quel rôle machinal et barbare étaient

I. Ci". Eevne des questions historiques, octobre 1884 : Les Émigrés et les Commissions militaires.

Page 1