‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 22 sur 180 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

prévalait de ce silence pour affirmer que « c'était une prohibition de les admettre, quand il s'agit d'émigrés. » Et il ajoutait : a Le motif de la loi est simple : c'est que, dans le jugement d'un émigré, il ne s'agit que de constater un fait, et qu'à cet égard, tout doit se résoudre par oui ou par non i. » Tel était l'avis qu'au début du Directoire (5 nivôse an iv) exprimait ou plutôt imposait Merlin, comme ministre de la justice : on peut croire que, devenu directeur, il n'y avait pas renoncé.

A Paris, la commission se conforma exactement et sans y manquer jamais à ces prescriptions : il n'en fut pas de même dans toutes les commissions des départements. Trop de textes de jugements nous manquent pour que nous ayons le droit d'énoncer une affirmation générale ; mais, dans huit commissions, il résulte du texte môme des jugements que des défenseurs furent admis. A Besançon, c'est un sieur Guillaume, qualifié homme de loi, qui paraît avoir porté la parole dans toutes les questions d'émigration soumises à la commission militaire. A Bordeaux, Bordes a un défenseur officieux, dont le jugement ne donne pas le nom. A Dijon, à trois jours d'intervalle, la commission change de procédés : le 4 décembre, elle admet pour défenseur de Bardet le a citoyen Jacquinot, qui, dans cette cause, dit le Journal de la Côte-cVOr, a encore ajouté à l'idée qu'il avait jusqu'ici donnée de son éloquence ; » le 7, elle refuse un défenseur au chevalier de Rocquard, sous prétexte que « la loi ne lui en accordait pas. » — « Mais tout ce qu'elle ne défend pas est permis, » s'écrie avec raison le même journal : Merlin avait-il eu le temps d'intervenir, comme il s'en avisa souvent ?

A Grenoble, les prêtres Bertrand et Lunel ont un défenseur officieux, qui n'est pas nommé. A Nancy, c'est le citoyen Henry André qui défend le prêtre Poirot; peut-être a-t-il rendu le même service aux autres prêtres, Thouvenin, Lottinger et Seigle. C'est un sieur Guinche, qui, à Nantes, défend Matthieu de Gruchy, avec une ardeur dont son client redoutait

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