INTRODUCTION. IX
OÙ il était alors, en vertu, disait-il, d'ordres du Directoire (ordres qu'on n'a pas retrouvés, auxquels Revellière déclare n'avoir pas été moins étranger que Reubell et qu'il impute à Barras), le général Hoche mit en mouvement la légion des Francs et le lo® régiment de hussards pour se rendre à Alençon. Émotion générale : le ministre de la guerre (c'était encore Petiet) déclare n'avoir aucune connaissance de ce mouvement ; les services des vivres ne sont pas prêts, les villes d'étapes n'ont ni logements ni fourrages ; le conseil des Cinq- Cents demande qui a donné ces ordres ; le Directoire s'en excuse par un message ridicule ; s'informe ou feint de s'informer auprès du ministre de la guerre. Quant au général Hoche, qui, bien que n'ayant pas l'âge légal, vient d'être nommé au ministère de la guerre (i6 juillet), il donne sa démission ; repris vivement par Carnot, défendu par Revellière, abandonné par Barras, dégoûté de toutes ces intrigues, il quitte Paris pour rentrer dans la circonscription de son commandement.
Alors, les ordres se confondent; tantôt, c'est d'avancer qu'il s'agit, tantôt de rétrograder; les généraux ne savent à qui obéir ; le ministre de la guerre lui-môme cherche à s'éclairer ; le 28 juillet. Hoche fait avancer les troupes ; dans le même jour, elles doivent reculer ; le 3o, il les arrête, tant elles sont fatiguées et irritées ; enfin, elles reprennent leur marche vers l'ouest.
J'ai reproduit cette correspondance administrative d'après les archives historiques du ministère delà guerre, Correspondance des généraux à V intérieur; chaque lettre n'aurait, isolée, qu'un médiocre intérêt ; mais, par l'ensemble, on reconnaît la confusion des ordres, les variations de volonté, les dissimulations nécessah'es; derrière tous ces masques, l'opération imaginée par Barras se poursuit ; il ne s'agit plus de i5,ooo hommes, mais de 9 à 10,000 ; on les caserne sur les limites du
en i8;o, n'ont pas été livrés au public ; la Bibliothèque nationale en possède un exemplaire. Réserve.