‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 38 sur 180 · LU · texte numérisé non relu

LU

Salut et respect.

Meurizet.

14 fructidor — 3i août ' .

Le général Ghérin est nommé commandant de la garde constitutionnelle du Corps législatif 2.

Même date.

Le Directoire se réserve les mouvements de troupes de division à division.

1. Augereau avait été nommé au commandement de la i^« division militaire le 8 août, en remplacement du général Ilatry, nommé inspecteur général de l'infanterie de Sambre-et-Meuse. Sur Augereau et les sentiments du Directoire à son arrivée inattendue, cf. Mémoires de Revellière- Lépeaux, t. II, p. 106-110.

2. Constitution de l'an III, art. jo : Il y a près du Corps législatif une garde de citoyens pris dans la garde nationale sédentaire de tous les départements et choisis par leurs frères d'armes. Cette garde ne peut être audessous de quinze cents hommes en activité de service. — Art. 71. Le Corps législatif détermine le mode de ce service et sa durée. — Chérin était le chef d'état-major de l'armée de Sambre-et-Meuse. Par ordre d'Augereau, il fut reconnu le 3i août, à onze heures du matin.

LE GENERAL IIOGHE.

Paris, ce i5 fructidor an v — i" septembre 1:197. Le ministre de la guerre au Directoire exécutif.

Citoyens Directeurs, Par votre lettre du 17 thermidor dernier, vous m'avez chargé de m'assurer s'il était vrai que beaucoup de militaires, officiers et soldats en activité de service, se trouvaient à Paris sans congé.

Avant de répondre directement à cet égard, j'ai l'honneur de vous présenter, citoyens Directeurs, quelques observations.

L'on ne peut se dissimuler que l'on rencontre à Paris une quantité considérable d'officiers. Cette affluence doit être attribuée aux réformes qui ont sans doute été faites dans différents corps. Plusieurs de ces offioiers réformés ont été conservés à la suite de leur corps, ou comme surnuméraires, et reçoivent vin traitement en cette qualité.

Il est une autre classe d'officiers, composée de ceux qui ont été purement et simplement destitués, réformés ou licenciés. Ceux-ci continuent de porter l'habit-uniforme et les signes distinctifs de leurs grades.

Il existe aussi beaucoup d'officiers et soldats retirés aux Invalides, qui portent encore l'uniforme de leurs anciens corps ; c'est sans doute ce nombre de militaires portant l'unilorme, quoique sans activité de service, qui présente à Paris l'aspect d'une quantité considérable de militaires. Le nombre en paraîtrait beaucoup moins grand, s'ils étaient assujettis à quitter l'habit-uniforme ainsi que les marques distinctives de leur grade, ou au

34 LE GÉNÉRAL IIOCirE.

moins à porter comme ci-devant le bouton de réforme, pom" être à portée de les distinguer.

A l'égard des officiers et soldats en activité de service qui sont à Paris, la police militaire a soin de les surveiller et de les faire arrêter, lorsqu'ils y séjournent sans congé, au moyen des relevés qu'elle fait dans les maisons garnies. Les états qui m'ont été représentés m'ont mis à portée de connaître qu'il n'existe à Paris que des officiers attachés à la suite de diflerents corps ou réformés, et que ceux en activité de service qui s'y rendent en ce moment y sont autorisés par des ordres du ministre de la guerre ou en vertu de congés en règle.

Il existe cependant plusieurs olliciers supérieurs qui logent à Paris, dans des maisons particulières, et portent l'habit bourgeois. Ceux-ci se croient exempts de toutes déclarations devant les autorités militaires, lorsqu'ils se sont seulement présentés au bureau des officiers généraux, chez le ministre de la guerre. S'il s'en trouve quelques-uns qui ne soient pas en règle, il leur est facile de se soustraire aux poursuites de la police militaire, en se réfugiant ou se tenant cachés dans des maisons particulières où la police militaire ne peut exercer aucune surveillance. Cette mesure est peut-être adoptée par des officiers inférieurs en grade ; cependant, je n'ai pas connaissance que beaucoup d'entre ceux-ci aient recours à ce moyen pour rester à Paris sans congé.

Tels sont, citoyens Directeurs, les renseignements que je me suis procurés à cet égard et dont j'ai l'honneur de vous faire part, conformément à vos intentions.

]Minute.

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