‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 5 sur 180 · LETTRES DE MATHIEU DUMAS AU GENERAL MOREAU · texte numérisé non relu

LETTRES DE MATHIEU DUMAS AU GENERAL MOREAU

C'est encore au ministère de la giierro, dans la Correspondance des généraux à l'intérieur, que j'ai rencontré les quatre lettres de Mathieu Dumas au général Moreau. Dans ses Mémoires, il ne les cite pas, mais il reconnaît avoir été en commerce avec Desaix et Moreau.

Dumas était un libéral de 1789, un fayettiste, un de ceux qui, ayant pris part à la guerre d'Amérique, en avaient rapporté le goût des réformes. Il servait la République ; il y était rallié. A défaut des rapports célèbres de ïhibaudeau, de Tronson du Coudra} % de Pichegru, de Willot, etc., sur les questions vives qui agitèrent les Conseils en juillet et en août 1797 et pour lesquels nous renvoyons au Moniteur, il nous a semblé intéressant de faire connaître les sentiments qu'exprimait dans une correspondance intime un des membres modérés des Conseils. « Moreau, a écrit Revellière-Lépeaux, se tint parfaitement neutre à la tête de l'armée de Rhin-et-Moselle. » Cette attitude est à noter, si on la compare à celle de Bonaparte et à celle de Hoche. Si Moreau n'était pas absolument « neutre, » du moins il était calme ; il maintenait son armée dans la discipline, sans lui interdire ces adresses séditieuses qu'envoyaient, sous l'inspiration de leurs chefs, les armées d'Italie et de Sambre-et-Meuse. Par la modération de Mathieu Dumas, on devine celle de Moreau, et je ne sais même si, pour se mieux faire venir de son correspondant, Dumas ne veillait pas avec plus de soin sur la légalité de ses actes et de ceux de ses amis.

Il est vrai : Moreau, à cette même époque, détenait les papiers de Klinglin, où Pichegru paraissait compromis, et, au ton sur lequel Dumas parle de Pichegru à Moreau i, il est

I. « Pichegru, avec lequel nous marchons parfaitement d'accord, m'a

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