XIV INTRODUCTION
OU d'Orléans. » Dans la crainte d'un mouvement des sections, ou, pour mieux dire, des « administrations, » on les suspend, et le bureau central reste seul en exercice. Les arrestations commencent : il s'en fait moins qu'on n'en ordonne. Toutes ces mesures, que nous n'avons pas à rappeler ici dans le détail, sont portées avec l'heure d'exécution, de sorte qu'on suit, moment par moment, leur marche et leur progrès. L'une des dernières est d'amener à Paris les deux corps de troupes stationnés à Dreux et à Château-Thierry : ce sont ceux dont nous avons suivi les marches et les contremarches dans la première série de nos pièces. Déjà, le i8 fructidor au soir, le Directoire avait dû, pour établir sa correspondance avec les départements, laisser expédier les courriers, mais en ne les autorisant à emporter que des dépêches timbrées Directoire exécutif; le 19, tout est fini, les barrières sont rouvertes et les services de la poste aux chevaux, de la poste aux lettres et des messageries reprennent leur cours. Il semble qu'il était temps et que l'approvisionnement de Paris commençait à souffrir.
Cette pièce officielle, sans révéler des secrets sur le coup d'Etat, en montre la manipulation détaillée. Elle est reproduite textuellement ; il n'en a été retranché que les discours et les proclamations qui se trouvent au Moniteur, et quelques incidents, étrangers du reste à l'événement, que j'ai cru suffisant d'indiquer.
La seconde pièce, loin d'être inédite, est bien connue : c'est la loi du 19 fructidor an v. On pouvait se demander s'il fallait la publier à cette place, c'est-à-dire à sa date, ou la renvoyer en appendice ; mais il était impossible de l'omettre. Le rédacteur de cette loi, Merlin (de Douai) sans doute, a condensé en trente-neuf articles le programme immédiat et les suites du coup d'État : d'une part, annulation des élections de quarante-neuf départements, attribution au Directoire de nominations dans les tribunaux qui appartenaient à des assemblées électorales, révocation des lois récemment votées en faveur des parents d'émigrés ou des « chefs de rebelles de