Marchand à Macdonald
Les plaintes que Marchand faitàNey, il les réitère le lendemain à Macdonald. Il a, sur l'ordre de Macdonald, occupé Sankau qui couvre Frauenbourg-. Mais il regrette de montrer d'aussi mauvaises troupes au duc de Tarente; il répète qu'elles s'enfuiront au premier coup de canon, comme elles ont déjà fait à Kovno. et il a peur qu'elles ne donnent un funeste exemple aux deux bataillons de renfort qu'il va recevoir : s'il n'avait pas l'avantage de servir sous les ordres de Macdonald, il refuserait de commander une pareille division a où l'on n'a qu'à se déshonorer » !
Frauenbourg, 8 janvier 1813.
Monsieur le maréchal, j'ai reçu la lettre que V. E. m'a fait Thonneur de m'écrire, et je me conformerai exactement à tout ce que vous me prescrivez.
Je fais occuper le village de Sankau par un poste de 150 hommes qui en fournira un de 25 sur la route qui longe le Prische Haff près de l'embouchure de la petite rivière de Baude. Je faisais déjà garder la route de Miihlhausen.
Je n'ai pas besoin de vous dire, munsieur le maréchal,.combien je suis enchanté de me trouver sous les ordres de V. E. Je désirerais seulement avoir de meilleures troupes à vous présenter. Mais je ne conçois pas qu'on puisse trouver un plus mauvais esprit et de plus mauvais soldats. Lorsque j'ai reçu Tordre de revenir à Frauenbourg- des environs d'Elbing, j'ai perdu la moitié de la division : un bon nombre de sol-
(lais très bien portants ont jeté leurs armes et se sont dirigés vers la Vistule. Les chefs m'assurent qu'ils ne peuvent répondre de leurs troupes et qu'au premier coup de canon leurs soldats les abandonneront. C'est ce qu'ils ont déjà fait d'une manière scandaleuse à Kovno où ils étaient sous les ordres du général Loison. Il me reste 1.100 hommes. Il doit m'arrivef aujourd'hui deux bataillons qui doubleront à peu près cette force. J'aurai l'honneur de vous envoyer un état de situation dès qu'ils seront arrivés.
li serait bien plutôt à désirer que ces nouveaux bataillons qui sont novices allassent puiser un peu d'énergie à une meilleure source. Si je n'étais pas dédommagé par l'avantage de servir sous vos ordres, je déclarerais au Roi que je ne veux point commander une pareille division où l'on n'a qu'à se déshonorer.
Il paraît que le Roi compte beaucoup sur l'humeur pacifique des Russes qui peuvent se porter sur Elbing par Miihlhausen et ils y seraient arrivés que nous n'en aurions pas la moindre nouvelle.