‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 3 sur 139 · Les prophéties de Dedeni · texte numérisé non relu

Les prophéties de Dedeni

Maret disait en décembre]1812, à Varsovie, au général Dedem de Geider : « Vous avez été trop cruel prophète. » Dedem, en effet, avait en 1811 pronostiqué le désastre. Ce diplomate hollandais, passé au service de France, avait conservé des relations politiques en Allemagne et, de Rostock oii il commandait, il écrivait au duc deBassano(cf. ses Métnoires, p. 194) que l'Allemagne était aigrie parles vexations, que les peuples se révolteraient sans attendre le consentement de leurs pusillanimes souverains, que l'ombre du major Schill suffirait pour donner le signal dans le Mecklembourg et en Prusse, qu'au moindre revers en Russie l'armée impériale risquait d'être coupée d'avec la France, que les Allemands se lèveraient en masse pour se soustraire à notre domination et que ce feu s'étendrait jusqu'en Hollande. 11 annonçait même que Tintention des Russes était de tout brûler, de tout dévaster et d'attirer l'adversaire dans un désert oii il périrait de misère et de faim.

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