Napoléon à Moscou
Napoléon a lui-même confessé qu'il avait eu tort de rester si longtemps à Moscou, qu'il aurait dû y demeurer quinze jours de moins, et, par suite, la question est jugée ^ Son séjour, écrit Pasquier {3Iém. 11, p. 11) a été prolongé au delà de l'indispensable nécessité, et il a eu tout le temps de partir avant la mauvaise saison. L'incendie de Moscou ne lui prouvait-il pas — dit encore Pasquier — que toute négociation était désormais impossible et que les Russes étaient décidés à soutenir la guerre jusqu'à la dernière extrémité? Mais il faut reconnaître, avec le chancelier, que l'état de l'armée empêcha Napoléon de la mettre aussitôt en retraite. Il aurait dû abandonner les malades et les blessés, car il n'avait encore aucun moyen de transport, et les véhicules, voitures d'ambulances, chariots de bagages avaient besoin de réparation-. Le soldat voulait se reposer. Malgré l'incendie, Moscou renfermait encore de précieuses ressources qu'il fallait employer. Opérer une retraite précipitée à l'instant où la plupart croyaient être arrivés au terme de leurs fatigues, c'était décourager l'armée. « La faute de Napoléon n'est donc pas tant d'être resté à Moscou que d'y être venu. »
1. Cf. surtout ce mot qu'il disait à Sainte-Hélène (Gourgaud, II, p. 337). « Mon grand tort est d'être resté aussi longtemps à Moscou. »
2. Roguet fait les mêmes réflexions : «Il était difficile d'aller en avant, plus difficile encore de rétrograder avec un grand nombre de blessés et sans avoir réorganisé l'armée, opération encore très ardue dans Moscou incendié. »
,A GUERRP: de RUSSIE 101