Les mouvements du 5*^ corps
Le 2:2 octobre, PoniaLowski qui commande le 5^ corps se dirig^e de Fominskoïé sur Vereia pour en chasser les Russes qui depuis le 10 octobre occupent cette ville. Le 23, il s'est emparé de \'ereia et mis en communication avec Mojaïsk et liorovsk. Le 24, il envoie son avant-f^arde, conduite par Lefebvre-Desnoëttes, à Ivremenskoïé, sur la route de Médyn. Mais a lieu la bataille de Malo-Iaroslavets," et Poniatowski reçoit Tordre de prendre position à Egorevskoïé pour couvrir la marche de Tarmée et aller ensuite sur Mojaïsk et Smolensk. Tous ces mouvements sont retracés dans les cinq lettres qui suivent.
Lefebvre-Desnoëttes à Poniatowski.
Kremenskoïé, le 24 octobre 1812, à 6 heures et demie du soir.
Mon prince.
Les Cosaques que nous avons rencontrés à Soubilovo ont marché devant nous jusqu'ici.
Toute la population des villes et villages abandonnés par les habitants fuit dans toutes les directions, emportant sur des charrettes toutes leurs propriétés. On en a pris près de deux cents. L'on pourrait en prendre davantage, car nous en voyons très près de nous, après lesquels je ne fais pas courir, parce que ça fatiguerait trop nos chevaux ; ils le sont déjà beaucoup.
J'ai encore quinze verstes d'ici à Médyn dont dix verstes dans les bois.
Les paysans assurent qu'il y a un régiment de Cosaques.
Des paysans armés sont rassemblés à Babonili [sic) à trois vorstes de la route que nous suivons et à gauche. Si notre marche ne les dissipe pas, je n'ai pas l'intention de les laisser tranquilles sur nos derrières. L'on sonne le tocsin de tous les côtés à notre approche. Il n'y a pas de réunions de troupes réglées dans les environs.
Il y a une roule pour aller de Médyn à iMalolaroslavets. On compte vingt-cinq verstes.
Il y en a une aussi pour aller à Jouknov, trentequatre verstes. Ce n'est pas une grande route, comme celle de Malo-Iaroslavets; mais elle est très bonne pour les voitures.
-Le pays que j'ai parcouru aujourd'hui est très découvert et les routes sont très honnes.
Je me mettrai demain en communication, suivant vos ordres, avec la gauche. Jusqu'à votre première communication, je ne crois qu'il soit sûr de vous écrire, car mon arrière-garde a été attaquée par quelques paysans armés. Il y a des paysans à cheval qui font le service avec les Cosaques.
Je mettrai beaucoup d'importance à ma communication avec la gauche, croyant en cela répondre à vos intentions.
Poniatowski à Berthier.
Vereia, 25 octobre 1812, 7 heures du matin.
Monseigneur, venant de recevoir le rapport cijoint de M. le général de division Lel'ebvre, je m'empresse de le mettre de suite sous les yeux de V. A. S. Pour assurer mes communications avec lui, j'envoie 80 hommes d'infanterie et 25 chevaux à Yegoria, à moitié chemin entre Médyn et Vereia. Ce détachement sera chargé en même temps de chercher à rassembler de ce côté des voitures que, d'après l'intention de V. A. S., je dois envoyer à Mojaïsk.
Poniatowski à Berthier.
Vereia, 23 octobre 1812, à 9 heures du soir.
Monseigneur, j'ai l'honneur de porter à la connaissance de V. A. S. qu il est arrivé aujourd'hui à Vereia deux bataillons de marche appartenant au 4^ corps. Le premier, commandé par le capitaine Delande, est composé de 3 officiers et 240 sous-officiers et soldats; le second, sous les ordres du capitaine Fontana, fort de 275 sous-officiers et soldats, dont 50 sans armes. Les deux bataillons sont composés d'hommes appartenant aux différents régiments du 4° corps et viennent de Mojaïsk.
Il se trouve dans le dernier environ 40 hommes du régiment Joseph Napoléon. Mais ni ce régiment, ni les 250 hommes qui se trouvent avec lui sous les ordres de l'adjudant commandant Bourmont ' ne sont pas encore arrivés ici.
Conformément aux ordres de V. A. S. je garderai ici les deux détachements mentionnés jusqu'à ce que le 5^ corps ait rejoint Tarmée ou qu'il Lui plaise de me donner de nouvelles dispositions.
Depuis le rapport de M. le général de division Lefebvre, que j'ai eu l'iionneur de communiquer à V. A. S., je n'ai point encore reçu des nouvelles de mon avant-garde.
Je n'en ai également point de S. E. le maréchal duc de Trévise auquel, d'après les ordres de V. A. S., j'ai expédié hier un officier à Koubinskoïé. J'en envoie dans ce moment un autre dans la même direction pour prendre des informations tant sur sa marche que sur le détachement que j'ai porté hier à Gorki à moitié chemin entre Vereia et Koubinskoïé.