‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 46 sur 139 · L'ancien chouan et futur maréchal · texte numérisé non relu

L'ancien chouan et futur maréchal

Trois partis que j'avais envoyés d'ici dans différentes directions pour me procurer des voitures sont rentrés ce soir, sans avoir rien trouvé.

Veuillez bien, Monseigneur, agréer l'expression de mon respectueux dévouement.

Le général commandant le b^ corps,

Joseph, prince Poniatowski.

P. -S. — Je rouvre ma dépêche pour annoncer à V. A. S. qu'un officier, envoyé par le général Lefebvre, arrive dans ce moment. 11 me fait le rapport que Tavant-garde sous ses ordres, élant arrivée aujourd'hui vers les 3 heures du soir à une petite distance de Médyn, s'est trouvée, à sa sortie du bois, «ntourée par des forces très supérieures qui lui ont tué quelque monde. Le général Lefebvre, après leur avoir résisté aussi longtemps que cela lui a été possible, s'est vu forcé à faire sa retraite et y a perdu son artillerie.

Je ne connais point encore d'autres détails sur cetle affaire. Ma première idée a été de me porter avec la plus grande partie de mon corps au secours de mon avant-garde. Cependant, ne connaissant point le degré d'importance qui peut être attaché a la position que j'occupe actuellement, j'ai résolu d'attendre un second rapport sur ce qui a eu lieu, et de pousser quelques partis pour me procurer des renseignements. Je verrai alors ce que, d'après les circonstances, j'aurai à faire pour protéger la retraite du général Lefebvre.

Je supplie V. A. S. de vouloir bien me faire parvenir ses instructions qu'Elle jugera nécessaires d'après ce que j'ai eu l'honneur de porter à sa connaissance.

Joseph, prince Poniatowski.

Expédié à M heures, la nuit.

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Poniatowski à Berthier.

Soubitino, 27 octobre 1812, 7 heures 1/2 du soir.

Monseig-neur, les Cosaques qui s'étaient montrés devant mon avant-garde, après avoir reconnu la position du général Lefebvre, se sont portés sur sa gauche et, au moment de l'arrivée de Tofficier envoyé pour m'en avertir, je les ai vus paraître devant mon front; après l'avoir longé, ils s'y arrêtèrent jusqu'à ce que le jour fût entièrement tombé, mais sans placer des vedettes.

Poniatowski à Berthier.

Soubitino, 28 octobre 1812, à minuit.

Monseigneur, j'ai reçu la lettre que V. A. S. m'a fait l'honneur de m'adresser hier à 7 heures 1/2 du soir. La position que j'occupe ici a été prise conformément à ses ordres d'après lesquels je devais porter mon avant-garde à Egorevskoïé. Le village de Soubitino en est très peu éloigné. Je découvre parfaitement d'ici Egorevskoïé, et je puis me porter à son secours dès que le besoin l'exigera. Ma position ici empêche d'ailleurs qu'il puisse être tourné sur son flanc gauche que l'ennemi a paru observer avec plus de suite et d'attention.

Les gens d'ici que j'ai interrogés ne connaissent point de route directe de Egorevskoïé à Ghiatsk. Ils s'accordent à dire que, pour y aller, il faut nécessairement passer par Mojaïsk. J'ai chargé le général Lefebvre de prendre de son côté des renseignements, et j'attendrai pour fermer ma lettre que je les ai reçus.

A 2 heures du matin.

M. le général Lefebvre n^a pu également avoir des renseignements positifs sur la possibilité d'aller directement de Egorevskoïé à Ghiatsk. Un seul paysan a dit qu'on le pourrait, mais ses indications sont si vagues qu'on ne saurait absolument rien inférer de positif.

Agréer, Monseigneur, Texpression de ma considération la plus haute.

Le génér^al commandant le ô"" corps,

Joseph, prince Poniatowski.

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