‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 66 sur 139 · Napoléon à la Bérésina · texte numérisé non relu

Napoléon à la Bérésina

Le 3 février i839, de Lausanne, l'ancien capitaine Rey,du l^i" régiment suisse, envoie à son camarade et ami Abraham Rôsselet (cf. les Souvenirs de Rôsselet publiés par R. de Steiger, p. 477) une intéressante lettre, interrompue à plusieurs reprises et qu'il vient enfin de terminer. Il retrace à Rôsselet, et sur sa demande, « les opérations de deux journées, » celles du 27 et du 28 novembre. Il était avec le 2® corps qui refoula l'ennemi sur Rorissov et couvrit le passage delà Bérésina; mais il reçut un coup de feu qui lui fracassa l'épaule droite. Le passage le plus curieux de sa lettre concerne Napoléon. Le capitaine Rey a voulu voir et il a vu de près, comme il dit, le grand homme dans cette crise terrible.

Arrivés au jour au petit village de Stoudienka', nous prîmes position sur une petite eminence qui dominait d'assez près la Bérésina. L'artillerie s'y établit avec nous, et l'on renouvela rinjonction de ne laisser personne s'éloigner.

11 y avait là des tas de planches autour de quelques maisons. Dans la matinée, le bruit circula que l'Empereur était auprès de la rivière et, malgré la défense expresse de quitter notre troupe, vu que d'un moment à l'autre nous pouvions recevoir l'ordre d'opérer un mouvement, je ne pus résister à la curiosité de voir de près le grand homme dans la conjoncture où nous nous trouvions.

Me faufilant le long des rangs, je gagnai le bas de

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