Le passage de la Bérésina
Récit de Brandi.
Brandt est à Stoudienka. Il voit l'Empereur et ses généraux, et il nous les fait voir. Il passe le fameux pont. Blessé, il ne prend aucune part aux combats de la rive droite. Mais il entend le bruit du canon et avec quelle joie, Freude iind Woniie^ il apprend la victoire de Ney, l'heureuse charge de la cavalerie de Doumerc! Avec les survivants, il prend le chemin de Zembin.
Au point du jour* nous fîmes halte à la lisière d'une foret et nous aperçûmes devant nous et à notre gauche des feux de bivouac. Puis, lorsqu'on put voir autour de soi, nous remarquâmes devant nous un misérable village de vingt-cinq maisons environ sur la pente de quelques hauteurs qui l'entouraient en amphithéâtre, et autour de ce village plusieurs corps de troupes. Nous vîmes aussi qu'un pont avait été jeté sur la rivière et que, de l'autre coté, il y avait déjà des nôtres. Ce fut pour nous tous une joyeuse surprise, et notre humeur se transforma comme par enchantement. Les bataillons se mirent les uns à côté des autres en colonne de bataillon; il pouvait bien y avoir 1.800 à 1.900 hommes sous les armes.
Nous étions ainsi depuis quelque temps en face du village — c'était Stoudienka — lorsque l'Empereur sortit tout à coup d'une maison. Il était entouré d'une foule de maréchaux et de généraux. Il avait une pe-