Le général Haxo
Le général de brigade Haxo commande pendant Ja campagne le génie du 1^^ corps d'armée. Mais TEmpereur, qui le connaît et l'apprécie, l'appelle le 19 juin, le charge d'étudier le cours du Niémen de Kovno à Preny, et, le 23, Haxo accompagne Napoléon sur le bord de la rivière : tous deux, déguisés sous des capotes et bonnets de soldats, reconnaissent les endroits où il faut jeter des ponts. Il est parfois cité pendant la retraite, notamment le 14 novembre, à l'évacuation de Smolensk. Dans les derniers jours, il fait société avec Lejeune. Le 25, roulé à côté de Lejeune dans une vaste peau d'ours, il passe la nuit dans un bois sur un tas de branches de sapin, les pieds tournés vers un énorme bûcher constamment entretenu. Le 29, lorsque Lejeune est empoisonné par une viande à laquelle s'étaient collées des feuilles de tabac, Haxo lui fait du thé qui le sauve. Le 3 décembre, sur le verglas, Haxo et Lejeune marchent en se soutenant par le bras, et quand Lejeune a le nez gelé — le nez prenait alors une couleur de cire et devenait absolument insensible — Haxo le frictionne avec de la neige. Deux jours plus tard, à Smorgoni, l'Empereur, sur le point de partir, ordonne à Chasseloup de se rendre à Paris pour arrêter le travail du budget et d'inspecter sur son passage Danzig, Stettin et Wesel; c'est Haxo qui remplace Chasseloup; par décret du 5 décembre, il est nommé à la fois général j^a division et commandant en chef du génie à la Grande Armée. Le 8 décembre, grâce
à Lejeune et à deux échelles que ce dernier a trouvées, Haxo, avec Davout et Gérard, pénètre dans Yilna, non par la porte encombrée, mais par des jardins. Arrivé sur le sol prussien, au bout de quelques jours il tombe malade et, un instant, on désespère de lui comme d'Eblé. Mais il se rétablit promplement et Napoléon Tappelle à Paris. Le major général citait Haxo parmi les « hommes d'énerg-ie » qui s'étaient montrés durant la retraite et qui avaient déployé le plus de zèJe dans le travail de réorganisation entrepris à Kônigsberg. A la fin de janvier 1813, Haxo prenait donc le chemin de Paris, et il eut ordre d'inspecter sur son chemin les places de l'Oder ainsi que Spandau et Magdebourg pour faire à l'Empereur un rapport détaillé sur ces forteresses