Grawert à Macdonald
Grawert, le général qui commandait le corps prussien, a dû, pour cause de maladie, résig-ner le commandement, et il prend congé de Macdonald, C'était, a dit le duc de Tarente, « un homme franc, zélé, ouvert, aimant Tordre et la régularité ; son successeur (Yorck) n'avait pas hérité de ces heureuses qualités ». Mais comment Yorck, de son côté, jugeail-il Grawert? « Grawert, disait Yorck (Droysen, Yorck. I, p. 2o5) voyait dans Napoléon et ses actions quelque chose de surhumain et dans les généraux Davout et Macdonald les disciples d'un prophète. »
Kônigsberg, 23 octobre 1812.
Monseigneur, j'ai l'honneur d'annoncer à Votre Excellence que Sa Majesté le roi mon maître a bien voulu acquiescer à ma prière réitérée, en acceptant mon entière démission du commandement du corps des troupes prussiennes aux ordres supérieurs de Votre Excellence, et en me permettant de me retirer à Breslau, d'où je compte me rendre le printemps prochain aux bains de Landeck, dont ma santé délabrée a déjà éprouvé antérieurement de salutaires effets. Avant de quitter cette ville, où j'eus pour la première fois l'avantage bien précieux d'être connu de Votre Excellence, je m'empresse, Monseigneur, de Vous remercier encore de toutes les marques de bienveillance et de confiance dont Votre Excellence a bien voulu m'honorer. Elles me seront toujours bien chères, et le souvenir en est ineffaçablement
gravé dans mon cœur. C'est avec la reconnaissance la plus vraie, la plus profondément sentie que je prends encore une fois congé de Votre Excellence. Rien ne peut l'égaler, si ce n'est le dévouement sans bornes avec lequel j^ai l'honneur d'être pour la vie, Monseigneur,
de Votre Excellence,
le très humble et très obéissant serviteur.
OE GaAWERT.