Le capitaine Duciiing
Jean-Baptiste Ducuinp^, gendre d'un membre du <Ilorps législatif, M. de Saint-Pierre Lesperet, avait été nommé, au mois de juin 1808, capitaine d'une compagnie de cent hommes de la garde nationale d'élite des Hautes-Pyrénées — compagnie qui faisait partie de la colonne mobile formée sur la frontière. Il fut alors recommandé, sans doute par son beaupère, au maréchal Ney qui, le 14 septembre 1808, de Haro, écriv^iiten sa faveur au major général la lettre suivante :
« Monseigneur, je vous prie de faire employer à mon état-major comme adjoint ou officier de correspondance, M. Baptiste Ducuing, capitaine dans le corps des chasseurs des montagnes du département des Hautes-Pyrénées. Cet officier serait très utile en Espagne; il connaît parfaitement le pays, en parle la langue. Votre Altesse m'obligera beaucoup si elle veut bien m'accorder cette demande. »
Ducuing fut, le 13 février 1809, nommé lieutenant et employé à l'état-major du 6® corps à l'armée d'Espagne, il fit ensuite l'expédition de Russie. Au mois de juillet 1812 il était attaché à l'état-major du 4^ corps où il servit sous les ordres de Dessolle, puis de Guilleminot, et il se conduisit vaillamment durant la retraite. Malheureusement, il eut un pied gelé, et, sur le sol prussien, il écrivait à son beau-père ce billet qui retrace brièvement ses épreuves et ses maux el qui mérite de prendre place dans notre recueil
Marienwerder, 29 décembre 1812.
Ce n'est pas sans peine que je me suis tiré de cette campagne. J*ai successivement perdu 12 chevaux^ dont deux tués sous moi, l'un à Viasma, l'autre à Malo-laroslavets. Mais ce qu'il y a de fâcheux, c'est que mon pied gauche est gelé et que les ongles ont sauté. Je crains d'en être estropié, quoique les chi»rurgiens m'assurent que les eaux thermales me rendront l'usage de ce memhre. On est réduit à me porter comme un enfant. Je compte être incessamment dirigé sur Glogau où je demanderai un congé momentané, ne désespérant pas de reprendre mon service.
P. -S. — J'écris à ma femme et ne lui dis pas tout le mal que j'ai.
Mais Ducuin^ était trop profondément atteint, et^ le 26 janvier 1813, il mourut à Glogau. Quelques jours plus tard, le 12 février, le ministre de la guerre,, ignorant son décès, le nommait capitaine.