‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documentsChapitre 50 sur 125 · Jérôme à Berthier · texte numérisé non relu

Jérôme à Berthier

Jérôme n'a pas encore reçu la lettre de Napoléon, du 23 décembre, qui lui dit avec une clarté assez brutale : « Il n'existe plus rien de Tarmée westphalienneà la Grande Armée ». Il n'a pas, dit-il, entendu parler de son armée depuis qu'elle a quitté Mojaïsk. Mais il se doute bien qu'il a éprouvé de g-randes pertes en tout j;enre, et il prie Berthier de lui renvoyer tous les officiers supérieurs et notamment son directeur de l'artillerie, le général Allix, afin d'être en état de fournir des renforts à son frère, car, comme s'exprime celui-ci, tout paraît annoncer une crise pour le printemps prochain.

Cassel, 28 décembre 1812.

Mon cousin, j'envoie le chambellan comte d'Oberg", l'un de mes officiers d'ordonnance, pour prendre des renseignements sur mon armée dont je n'ai pas entendu parler depuis son départ de Mojaïsk ainsi que pour donner des secours à ceux de mes ofTiciers, sous-officiers et soldats qui en auraient besoin, et me rapporter les détails des pertes que j'ai sans doute éprouvées.

Je désire que vous donniez l'ordre à tous les officiers supérieurs dont les corps sont en Westphalie, tels que le général Hesberg, colonel Mûller, le baron de Busche-Mûnch, le comte deHœne,etc., etc., de se rendre à leur corps où leur présence est nécessaire, et, comme je suppose que la plus grande partie de mon artillerie est perdue, je vous prie également de donner l'ordre au général Allix de

revenir à Cassel pour créer un nouveau matériel et former un nouveau personnel, ce général étant directeur général de l'artillerie, du génie et des ponts et chaussées et ne m*ayant suivi à l'armée que parce que l'Empereur lui avait donné le commandement de l'artillerie de l'aile droite; sans cela, je me trouverais, la campagne prochaine, hors d'état de fournir de nouveaux renforts.

Je désire, mon cousin, que vous soyez convaincu du tendre attachement que je vous porte.

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