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Un article de Napoléon sur la situation de la France

Nous avons reproduit dans notre premier tome (p. 35- 50) la réponse que fit Napoléon à VAdresse des Russes aux soldats français et à V Appel de Barclay aux Allemands*. 11 était, à l'occasion, journaliste et polémiste. On ne sera donc pas surpris qu'il ait publié dans le Journal de VEmpire, du S28 janvier 1813, une sorte de «premier Paris » qui répondaux gazettesétran^^ères,un exposé de lasituation de a France qui doit, comme il dit, tranquilliser Fopinion. L'article naturellement n'est pas sig^né; mais il a Napoléon pour auteur: le ton et les expressions ont quelque chose de napoléonien et d' «imperatorium » qui se reconnaît aisément; certaines phrases sont celles mêmes que l'Empereur employait dans sa correspondance (voir les rapprochements que nous indiquons dans les notes); et lui seul connaît Tensemble de la situation, lui seul connaît tous les détails, lui seul peut louer Ney et Rapp comme il les loue.

Le roi de Naples, étant indisposé, a dû quitter le commandement de l'armée qu'il a remis entre les mains du vice-roi. Ce dernier a plus d'habitude d'une grande administration-; il a la confiance entière de l'Empereur.

1. Ce qui prouve encore qu'il est l'auteur de la réponse à V Appel, c'est cette lettre qu'il écrit à Maret, de Gloubokoïé, le 21 juillet : « Je vous envoie une réponse à l'Appel aux Allemands de M. Barclay de Tolly; donnez les ordres nécessaires pour que ces deux pièces soient traduites en allemand, en polonais, en russe, en français ;puis, imprimez-les promptement et répandez-les partout. »

2. Avec ironie, Napoléon se sert ici des expressions même de Murât; le 16 décembre, de Wirballen, le roi de Naples avait

Après la trahison du général Yorck, le roi de Naplcs a jugé convenable de se porter sur la route d'Elbing, et de là sur Posen oii son quartier général est arrivé le 16 janvier.

Le général Rapp, avec 30.000 hommes de garnison, occupe l'île de Nogat et Danzig. 6.000 hommes occupent Thorn et les environs. 6.000 Prussiens occupent Graudenz. Un corps d'observation que commande le prince d'Eckmiihl est sur Bromberg. Le prince Schwarzenberg et le général Reynier sont en avant de Varsovie; le 5® corps se réorganise dans cette place et le duc de Tarente s'est dirigé sur Posen ; le maréchal Saint-Cyr est rétabli de sa blessure; le duc de Bellune est arrivé à Posen.

Il n'y a eu, depuis l'affaire du duc de Tarente sur le Niémen, dans laquelle il a fait aux Russes trois bataillons prisonniers, aucun engagement quelconque avec Fennemi ; il n'y a eu que quelques rencontres de Cosaques de peu d'importance.

Toute la cavalerie à pied est arrivée sur l'Oder. Le général Bourcier qui est à Berlin mande qu'il a des marchés pour 30.000 chevaux, dont 20.000 sont déjà livrés et dans les dépôts, tant pour les remontes de la cavalerie que pour celles de Fartillerie et des équipages militaires *.

Le froid continue à régner.

Le roi de Prusse réorganise son contingent entre Stettin et Colberg.

Le général Lauriston est parti avant-hier de Paris pour porter son quartier général sur Magdebourg où arrive le corps d'observation de l'Elbe qu'il commande.

écrit à Napoléon que le vice-roi d'Italie, prince Eugène, remplirait mieux et l'emploi et l'espoir de l'Empereur; il est, disait Murât, plus exercé que moi dans V administration.

1. «J'ai acheté 20.000 chevaux qui sont rassemblés dans les dépôts; j'en fais lever 60.000 tant pour la cavalerie et l'artillerie que

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Le général Souhain passe le Rhin avec Tavantgarde du corps d'observalion du Rhin et va se porter sur Francfort.

S. M. a donne au général Bertrand le commandement du corps d'observalion d'Italie qui se réunit à Vérone.

Une avant-garde, composée de 40.000 hommes de troupes fraîches, se réunit à Posen sous les ordres du maréchal duc d'Elchingen'. Ce maréchal est du nombre de ceux dont le courage et la force d'ûme ont été éprouvés.

Le roi de Saxe réunit ses troupes autour de Glogau.

L'empereur d'Autriche rassemble des forces considérables dans la Galicie. On y compte déjà une armée de plus de 60.000 hommes. La confiance et riiarmonie sont entières entre les deux cours impériales de Vienne et de Paris.

Le roi de Danemark est sourd aux menaces et aux intrigues de l'Angleterre, de la Russie et de la Suède*.

Danzig est aujourd'hui une place inexpugnable, 30.000 hommes de bonnes troupes y sont réunis, de bons généraux les commandent, et le gouverneur de la ville est le général Rapp, brave et intrépide soldat. Bon nombre d'officiers du génie et d'artillerie s'y trouvent. La place est approvisionnée de tout pour deux ans.

Tous les bruits qu'on fait courir sont donc faux. Il n'y a pas eu de bataille à Kônigsberg, il n'y en a

1. Cf. la lettre à Eugène, 29 janvier: « Réunir une avant-garde de 40.000 hommes à Posen, donner le commandement de cette avantgarde au maréchal duc d'Elchingen. »

2. Cf. la lettre de Napoléon au roi de Danemark, du 5 janvier : « Je connais toutes les intrigues que l'Angleterre, la Russie et la Suède font jouer autour de Votre Majesté, «et la lettre à l'empereur d'Autriche, 25 janvier « Le roi me fait connaître sa ferme intention d'être sourd à toutes les tentatives de U Russie, de la Suède et de l'Angleterre. »

pas eu à Elbing, aucun officier général n'a été blessé, et, nous le répétons, aucune affaire n'a eu lieu depuis celle du duc de Tarente sur le Niémen.

UAllemag-ne n'a rien à craindre ni des intrigues de TAnglcterre ni de l'irruption des barbares qui n'ont su défendre leur pays qu'en le dévastant et leur capitale qu'en la brûlant.

Enfin, aussitôt que l'biver sera passé, les Russes seront cbassés et renvoyés d'autant plus \^ite qu'ils se seront avancés davantage ^

Nous sommes autorisés à faire cet exposé pour tranquilliser les bons citoyens de l'Allemagne et de la France et nous ajoutons qu'ils peuvent être certains que, s'il survenait des événements, on en donnerait sur-le-champ communication au public avec la même vérité et simplicité que l'on a fait connaître les malheurs de l'armée dans le 29^ Bulletin.

On ne sait pourquoi les Anglais attachent de l'importance à inonder nos côtes et le continent de pamphlets remplis de fausses relations. En effet, tout le mal qu'a éprouvé l'armée est dit dans le 29*^ Bulletin. Mais ce que les gazettes de Pétersbourg ajoutent, que des aigles et des canons nous ont été pris en front de bandière, est faux, très faux^î

1. Cf. à l'empereur d'Autriche, 25 janvier : « Aussitôt que la bonne saison arrivera, je chasserai les Russes plus vite qu'ils ne sont venus. »

2. Cf. au roi de Danemark, 5 janvier : « Les bulletins russes sont entièrement faux; Tennemi n'a pas pris à mon armée une seule aigle, un seul canon. » A l'empereur d'Autriche, 7 janvier : « Les Russes ne m'ont pas pris de canon, ne m'ont pas pris une seule aigle, je dirais même qu'ils ne m'ont pas fait de prisonniers en front de bandière. »

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