‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documentsChapitre 94 sur 125 · Le général Doiimerc · texte numérisé non relu

Le général Doiimerc

Jean-Pierre Dournerc, né à Montauban en 1767, dragon en 1783, sous-lieutenant au 4^ chasseurs (1791), lieutenant (1792) et aide de camp de Pichegru, clief d'escadron (1797), colonel du 9^ cuirassiers (1799), général de brigade en 1806 et de division en 1811, était, dit Marbot, un homme assez ordinaire.

Pourtant, il exécuta le 28 novembre, sur la rive droite de la Bérésina, une charge qui fut louée non seulement par le 29^ Bulletin, mais par tous les contemporains. Langeron la tient pour un bien beau fait d'armes qui fit lin grand honneur au général Doumercet à ses cuirassiers, et Hochberg la nomme une charge brillante qui termina un combat très glorieux pour les Français.

Ney avait remplacé Oudinot blessé. Il ordonna au général Doumerc qui lui amenait 500 cuirassiers, de faire une charge sur les Russes de Tchitchagov en pleine forêt. La charge réussit. Lorsque Doumerc revint, il chassait devant lui une masse de Russes dont beaucoup avaient la figure taillée de coups de sabre. On évalua dans le moment même cette foule de prisonniers à 1.500 hommes; ils n'étaient guère que 600, et Doumerc, rapporte un témoin, ne cessait

de dire : « F , on ne charge pas comme cela dans

une forêt! »

Mais Tamiral Tchitchagov a écrit qu'il fallait rendre justice à l'habileté de Doumerc qui « trouva moyen de faire des charges de cavalerie dans les clairières

de la forêt » et Langeronjugc que cette attaque inattendue, furieuse, désespérée, eut un grand résultat; Dounierc, dit-il, déboucha entre les arbres et les broussailles à l'entrée de deux petites places oij était en réserve une partie de la 18° division, commandée par Scherbatov, et fondit avec la rapidité de l'éclair sur les colonnes russes qu'il enfonça.

Doumerc revint de cette belle expédition « tout glorieux » à la tête de sa troupe et de ses prisonniers, et il resta « tout glorieux » jusqu'au dernier jour. Griois le vit à Glogau au mois de janvier ou de février 1813. « Doumerc, écrit Griois, était dans une exaltation presque délirante. 11 me raconta les détails de son affaire de la Bérésina, fait d'armes extrêmement brillant et qui sauva les restes de l'armée; mais sa narration était tellement hyperbolique et il exagérait si plaisamment les effets d'une batterie d'artillerie qu'il avait avec lui, que je le quittai persuadé que la maladie, dont il était à peine convalescent, avait tant soif peu attaqué sa cervelle. »

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