LES DEUX COMBATS DE FÊRE-CHAMPENOISK MARCHE DES ALLIÉS SUR PARIS
Le 25 mars avant le jour, la grande armée austrorusse leva ses bivouacs des bords de la Marne et se mit en marche sur deux colonnes. La colonne principale, formée des VI', IV*, V' et IIP corps, s'engagea sur la roule de Vitry à Fère-Champenoise, l'artillerie tenant la chaussée, l'infanterie s'avançant à droite et à gauche. La seconde colonne, formée des gardes et réserves, prit à travers champs, par Courdemanges, Sommepuis et Montepreux, de façon à rejoindre le gros des troupes à la hauteur de Fère-Champenoise '. De son côté, l'armée de Silésie quitta Chàlons à six heures du matin, se dirigeant sur Bergères*. Jusqu'à Meaux, où devait s'opérer leur concentration, les deux armées allaientmarcher parallèlement sur deux routes, distantes en moyenne de quinze à vingt kilomètres : les troupes de Schwarzenberg passant par Fère-Champenoise, TretTaux et Coulommiers, les troupes de Blii-
1. Ordrto de Schvanenberg pour le » mars, Vitry, 24 marm, dtè par Plotho, III. 375. Cf. Danaewsky. Felizug in Frankreich, U, 108.
2. Ordre de Blâcher, Chàlons, 25 mars, cité par Schels, U, 35.
Une partie seulement de l'armée de Siiesie entra dans la colonne : les corps de Langeron et de Sacken et l'infanterie de Winxingerode. Les corps de Kleist et d'York occupaient Château-Thierry où ils avaient passé ta Marne dans la soirée du 24, poussant leur avant-garde sur Montmirail. La cavalerie de Winxingerode galopait, comme on sait, sur la route de Saint- Dizier, à la suite de Napoléon, et le corps de Bûlo'v cominoacait on nouveau siège de Soinon»,
cher passant par Bergères, Montmirail et la Fertésous-Jonarre*.
Vers hnil heures dumatin, comme les cavaleries du comte Pahlon et du prince Adam de Wurtemberg, qui formaient l'avanl-gardede la grande armée, venaient de dépasser Cosles, leurs éclaireurs signalèrent quelques milliers d'hommes rangés en bataille sur les hauteurs de Soudé-Sainte-Croix ^ C'était le petit corps de Marmont. On a vu que ce maréchal et le duc de Trévise, s'étant tardivement mis en marche des envi rons de Fismes pour rallier l'empereur dans la direction de Châlons, s'étaient laissé couper les roules de Reims et d'Épernay et avaient dû prendre le chemin le plus long. Le 24 mars, Mortier arriva à Vatry et Marmont à Soudé-Sainte-Croix, oii le duc de Trévise devait le rejoindre le lendemain au point du jour, afin de se porter ensemble vers Yitry. De tant d'événements accomplis depuis quatre jours, les maréchaux savaient seulement qu'on s'était battu à Sommepuis et qu'on avait tiré le canon au bord de la Marne. Ils supposaient l'empereur établi près de cette rivière, en deçà ou au delà.
Dans cette nuit du 24 au 25 mars, Marmont, voyant de Soudé-Sainte-Croix d'innombrables feux briller à l'horizon, fut d'abord incertain s'ils appartenaient aux Français ou aux Alliés. Ses reconnaissances lui rapportèrent que ces bivouacs étaient ceux de l'ennemi. 11 ne douta plus d'être attaqué le lendemain, soit par un corps détaché de la grande armée si les Alliés marchaient sur Vitry, soit par l'armée entière s'ils marchaient sur Paris ^ Il eût sans doute été plus sage,
1. Rapport de Marmont k Berthier, Âllemant, 28 mars. Ârch. de la guerre. Cf. Mémoires de Marmont, II, 224-225, 229-231, Journal de Fabvier, 60.