Relation du général Delort. Arch. de la guerre
près de Germinon. Pendant ce temps, les troupes de Bliicher, précédées parla cavalerie de Wassiltchikoff. continuaient leur marche sur Bergères*.
Pacthod croyaut n'avoir aiïaire qu'à un fort parti de fourrageurs prit ses dispositions de combat. Sa division, ployée en colonnes de bataillon et ayant ses trois batteries sur son front, appuya sa droite à Villeseneux. La division Amey, formée en un grand carré, occupa la gauche de la ligne de bataille. Les voitures et les fourgons se massèrent en arrière. A l'approche des escadrons ennemis, les gardes nationaux et les Maries-Louises firent bonne contenance. Plusieurs charges simultanées furent repoussées. Pacthod se maintint en position jusqu'à midi; mais voyant croître les forces de l'ennemi et craignant d'être tourné, il se décida à se replier surFère-Champenoise, en remontant la petite rivière de la Somme- Soude. On se mit en mouvement, l'infanterie formée en six carrés, les voitures rangées par quatre de front au centre des carrés. La marche était des plus lentes, le désordre se mettant à tout instant dans le convoi et les bataillons s'arrêtant sans cesse pour repousser les charges multipliées de la cavalerie de Korlî. L'artillerie russe à cheval, rapide manœuvrière, venait s'établir à trois cents mètres des Français et leur envoyait une volée de projectiles, puis les cavaliers se ruaient sur les carrés mitraillés*.
La colonne fit ainsfune lieue et demi avec une peine infinie mais sans se laisser entamer. L'énorme quantité de voitures que l'on convoyait augmentait les difficultés et les périls de cette retraite. Arrivé à la hauteur de Clamauges, le général Pacthod s*=> résigna
1. Rapport de KorfT, Vieux-Maisons, 26 mars, cité par Bogdanowitscb, II, 122. Danilewsky, II, 11,115; Schels, II, 57, 58 et 60 (note). t. Kelatioa du géoéral Delort. Arcb. de la guerre. Cf. Rapport de Korff.
à abandonner son convoi pour sauver son corps d'armée. Il fit faire halte et ordonna de dételer les chevaux des voitures; ils serviraient du moins à doubler les attelages de Tartillerie. Le major Caille avec deux bataillons se posta dans Clamanges, et sa droite ainsi appuyée, Pacthod réussit à contenir l'ennemi assez de tempb 2>our que pût s'achever l'opération. La colonne un peu allégée reprit sa marche vers Fère-Champenoise, toujours cheminant sous la mitraille des canons de Korfî et au milieu des charges incessantes de la cavalerie*.
Vers quatre heures, comme on approchait d'Ecuryle-Repos, une section d'artillerie, soutenue par deux régiments de dragons russes, gagna la tête de la colonne et l'arrêta par son feu. En même temps la cavalerie de \Va«îsilitchikoff — 2 500 dragons et hussards et deux batteries d'artillerie à cheval * — qui s'est détachée à son tour de l'armée de Silésie, débouche par Pierre-Morains sur le flanc droit des Français. De son côté, Korff redouble ses attaques. Les deux divisions sont cernées de toute part, enserrées dans un cercle effroyable de sabres et de mitraille. Il ne s'agit plus seulement de repousser les charges de l'ennemi et de subir sa canonnade, il faut se faire jour à travers ses masses. Le général Delort forme son carré en colonne d'attaque et fond à la baïonnette sur les dragons et les canonniers qui barrent le chemin de Fère-Champenoise. Ceux-ci reculent. Les Français se remettent en mouvement, mais à un kilomètre plus loin, ils sont arrêtés de nouveau par les mêmes troupes qui