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2. Rapport de Marmont, Allemant 2tj mars, Arch. de la guerre. — Marmont prétend dans ses Mémoires (VI, 235) qu'il voulait d'abord se retirer sur Sézanne, mais que le colonel du 9' de marche lui dit en passant à Fère- Champenoise que l'ennemi occupait cette ville. Il est impossibl»» à'adm>*ttr9 que cet officier, qui arrivait tout droit de Sézanne, ait fait ua faux rapport dans d'aussi graves circonstances. C'est là une spécieuse excuse, coinip» Marmont sait toujours en trouver quand il se juge en fauta.
f;îit, toujours combattant, plus de quarante-cinq kilomètres. Ces quelques heures de repos que les hommes auraient pris à Sézanne^en toute sécurité, il fallait les leur donner à Allemant. Marmont, se résignant à passer la nuit où il était, dépêcha un aide de camp au général Compans pour l'inviter à tenir dans Sézanne jusqu'au lendemain matin. Intimidé par la foule de fuyards qui avaient traversé la ville dans la soirée et inquiet de la présence d'un parti de cavalerie prussienne sur la route de Montmirail, ayant d'ailleurs l'ordre exprès de se replier s'il était menacé, Compans avait déjà commencé d'évacuer Sézanne. Il refusa d'arrêter son mouvement et répondit à l'envoyé des maréchaux que toutce qu'il pouvait faire était de laisser une arrière-garde dans la ville jusqu'à deux heures du matin*. Marmont néanmoins ne mit ses troupes enmarche d'Allemant que passé cette heure-là. Quand aux premières lueurs du jour, sa tête de colonne déboucha sous Sézanne, un parti ennemi l'occupait. Il fallut plusieurs heures pour débusquer les Prussiens. On passa, mais à Esternay on dut faire la grande halte*.
Cette halte, l'attaque de Sézanne, le séjour trop prolongé à Allemant, et d'abord la malencontreuse marche sur cette position, tous ces retards et tous ces faux mouvements, donnèrent le temps aux Prussiens d'York, qui s'avançaient de Montmirail, d'occuper la Ferté-Gaucher, et à la cavalerie de la grande armée d'atteindre l'arrière-garde de Marmont'. Les
1. Cf. Compans à Clarke, Sézanne, 25 matrs, 6 heures du soir. Clarke à Napoléon, 26 mars. Arch.de la guerre. Correspondance de Napoléon. 21529.
2. Rapport de Marmont & Clarke, Provins, 27 mars. Arch. de la guerre.
3. Cf. Rapport de Marmont à Clarke, Provins, 27 mars. Arch. de la guerre. ilèmoiret de Marmont, VI, 136, 137; C. de W. (Mùfding), Kriegsgesch. 18U, II, 130; Scbels, II, 7d-77. — Les troupes qui occupaient la Ferté-Gaucher étaient la division du prince Guillaume de Prusse (corps d'York), arrivant de Montmirail. La cavalerie qui poursuivait l'arrière-garde de Marmoat. était le corps de Pahlen reaforcé du régiment du colonel BlOcher, lequel, arrivant égalemenr de Montmirail, avait joint les Russes à Esternay.
Français se trouvaient arrêtés en tête, menacés en queue. Il fut décidé entre les deux maréchaux que Marmont contiendrait la cavalerie de Paiilen tandis que Mortier refoulerait les Prussiens sur la rive droite du Grand Morin, de façon à regagner la route de Coulommiers par les hauteurs qui dominent la Ferté- Gaucher au sud. Après un vif comhat, Marmont réussit à arrêter pour quelque temps la poursuite de l'ennemi. Il se disposait à rejoindre son collègue sur la route de Coulommiers, par les plateaux de LécheroUes et de Laval, lorsqu'il reçut du duc de Trévise la plus déconcertante nouvelle. Au lieu de se horner à occuper les hauteurs, Mortier s'était épuisé en vains efforts contre la ville même, et finalement renonçant à l'attaque il s'était mis en retraite sur Provins'. Ce mouvement incompréhensible * couronnait toutes les erreur^ et toutes les fautes commises depuis dix jours par les deux lieutenants de l'empereur. Rétrograder sur Provins c'était perdre trois marches, c'était renoncer à joindre Compans à Meaux et à défendre dans cette bonne position les approches de Paris. C'était, par cela même, enlever à la capitale le temps de préparer sa défense, à Napoléon la possibilité de tomber sur les derrières de la grande armée.
Le corps du duc de Trévise était engagé sur la route de Provins ; Marmont dut l'y suivre, quel qu'en fût son mécontentement ^ Après avoir marché toute la
1. Rapport de Marmont à Clarke, Provins, 27 mars. Arch. de la guerre.
2. Le mouvement était incompréhensible, car en admettant que le duc de Trévise crût ne point pouvoir regagner la route de Coulommiers c'était sur Rozoy et non sur Provins qu'il aurait dii se diriger.
3. Dans ses Mémoires qui diffèrent toujours si étrangement de ses rapports, Marmont expose (VI, 239) que le mouvement sur Provins avait été concerté entrt^ lui et Mortier dès 4 heures de l'après-midi. Voici ce qu'". dit dans son rapport du 27 mars : « Nous décidâmes qu'il fallait s'emparer d'un • plateaa qui donnait les moyens de tourner la Ferté Gaucher et d'aller prendre plus loin la route de Coulommiers... ■ et il reprend, plus loin : « Tout à coup le duc de Trévise m'informa au'au lieu de se porter sur lia route