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MARCHE DES ALLIÉS SUR PARIS

nuit, les troupes atteignirent Provins le 27 mars d^ns la matinée. Le 28, on se remit en mouvement sur Nangis, où Mortier prit la route de Guignes et de Brie- Comle Robert, Marmont, celle de Melun et de Yilleneuve-Saint-Georges. Les deux corps d'armée, un instant séparés, firent leur jonction dans raprcs-midi du 29 mars, au pont de Charcnton*.

Pour le général Compans qui, ayant neuf heures d'avance sur les deux maréchaux*, avait pu passer librement à la Ferté-Gaucher le 2G mars, il se dirigea vers Meaux par la grande route de Coulommiers. Cette ville était occupée par le général Vincent, qui s'y était replié de Montmirail à la pointe du jour avec deux cents fantassins et cent dragons et gardes d'honneur, et avait rallié, à force de menaces et de prières, cinq ou six cents fuyards de Marmont'. La cavalerie prussienne était en vue. Après une courte halte, Compans et Vincent se remirent en marche vers ^1 aux où ils arrivèrent le 27 mars dans la matinée*.

(^ ijiomraiers il prenait celle de Provins. Ce mouvement me contraria beaucoup. « Dans une nouvelle lettre (Melun, 28 mars, Arch. de la guerre), Marmctut reparle encore de ce mouvement sur Provins : ■ Je voudrais être à Meaux, et cela serait tan» la marche ridieuU et absurde que nous aooru faite sur Provins. ■ Le plus fort, c'est ced : à propos d'une lettre de Clarke où U est dit : «Le mouvement sur Provins a tout compromis. » Mannont ait en note : c Le mouvement sur Provins a été le salut de deux corps d'armée » (p. 311). Ainsi, selon que Marmont rédige ses rapporta ou compose ses Mévioire», le même mouvement est tour à tour i aoo marche absurde ■ et < le salut de deux corps d'armée »!

1. Marmont à (Jlarke, Provins, 27 man, et Melon, 28 mars. Ordre de marche pour le 6* corps, Melun, 28 mars, 10 heures du soir. Mortier à. Clarke, Guignes, 28 mars, 10 heures du soir, Arch. de la guerre.

2. Compans était parti de Sézanne le 25 à minait tandia qoa les denx maréchaux n'en étaient partis qu'à 9 heures du matin, le 26.

3. Journal de Vincent, et Vincent à Berthier, Meaux (?7 mars). Arch. de la guerre. — Il y avait, dit Vinceut, 1 200 cavaliers et un millier de fantassins. Je parvins à rallier600oa 700 cavaliers et quelques fantassins, le<i autres 1,9 voulant rien entendre continuèrent leur route vers .Meaux.» Ledru Desessarts, commandant de Meaux, signole à bon tour le passage de cette colonne de l'u» gitifs dans sa lettre à Clarke du 26 mars, 8 heures du soir : • li il ôOO hommes en désordre ont passé par la porte du Comillon sans que j'aie pu les arrêter.»

4. Journal de Vincent. Ledru Desessarts à Clarke, 27 mars, i heures «pré», •idi. Arch. de la guerre.

L'importance de la position de Meaux était reconnue depuis longtemps. On y avait accumulé les munitions de guerre : vingt-sept mille gargousses, trois millions de cartouches. Mais depuis Ja veille seulement, on avait commencé quelques travaux de défense. L'armement consistait en sept pièces de 8; la garnison se composait de 3440 hommes*. C'étaient presque tous des conscrits et des gardes nationaux, et ils ne valaient pas ceux de Paclhod. Leur chef, le général Ledru Desessarts, les dépeignait ainsi : « Les gardes nationaux font pitié, mal tenus, mal commandés et ne sachant pas tenir leurs fusils qui sont d'une malpropreté dégoûtante ». Deux jours plus tard, le brave Compans devait dire à son tour : « J'ai la douleur de constater qu'on ne peut pas avoir de plus mauvaises troupes*. » Cependant des lettres pressantes du ministre de la guerre, annonçant des renforts, enjoignaient à Ledru Desessarts de tenir désespérément dans Meaux. « C'est le salut de Paris, » écrivait Clarke^ L'arrivée de Compans et de Vincent, qui amenaient avec huit bouches à feu un millier de fantassins et environ 1300 cavaliers des 8^ et lO" de marche et des fuyards de Marmont*, élevaient la garnison à près de 6 000 hommes, nombre encore bien insuffisant vu l'étendue de la position à défendre. Les trois généraux se résolurent néanmoins à disputer le passage de la Marne. Compans s'établit' dans Meaux et dans le faubourg du Cornillon, Ledru Desessarts prit position à Trilport, Vincent posta sa cavalerie sur la rive gauche, à Saint- Jean-les-Deux-Ju-

1. Ledru Desessarts à Clarke, 24 et 26 mars. Situation de la subdivision de Seine-et-Marne (garuison de Meaux) au 26 mars. Arch. de la guerre.

2. Ledru Desessarts à Clarke, Meaux, 23 mars; et Compans à Clarke, Meaux, 27 mars. Ar^à. de la guerre.

3. Clarke à Ledru Desessarts, 26 et 27 mars. Arch. de la guerre.

4. Ledru Desessarts à Clarke, 26 mars. Cf. Registre de Berthier (ordres du SO mars) et Registre de Beliiard (lettre à Mortier, 24 mars).

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