MARCHE DES ALLIÉS SUR PARIS
meaux.où quelques centaines de gardes nationaux des environs vinrent volontairementse joindre àla troupe*.
Vers quatre heures de l'après-midi, les têtes de colonnes de l'armée de Silésie débouchèrent par la route de la Ferté-sous-Jouarre. Vincent s'engagea résolument contre la cavalerie du général Emmanuel, mais craignant bientôt d'être enveloppé par la division Horn, qui dessinait un mouvement vers Montceau, il se replia sur Trilport où il passa la rivière. L'ennemi le suivit de près. Les gardes nationaux de Ledru Desessarts, qui occupaient Trilport, s'enfuirent aux premiers coups de feu, sans même essayer de couler le bac. En peu de temps les assaillants eurent pied sur la rive droite. Vincent tenta une charge. La moitié de ses cavaliers, — c'étaient les fuyards de Marmont, — tournèrent bride au commandement de : « En avant ! » Ni paroles ni coups de plats d'épée ne purent arrêter la panique. Toutes les troupes se précipitèrent en désordre dans Meaux. Le jour tombait. La cavalerie du général Emmanuel et un parti d'infanterie prussienne prirent position entre les routes de la Fertésous-Jouarre et de Soissons, tandis qu'une autre colonne prussienne venait s'établir devant le faubourg du Cornillon. Meaux ne paraissait plus tenable; les
néraux se résignèrent à évacuer la ville dans îa
idit. A dix heures, les troupes se mirent en marche
vers Claye. L'arrière-garde lit sauter le magasin à
poudre dont l'explosion détruisit un grand nombre
de maisons du faubourg de Paris*.
1. Joarnal de Vincent ; Vincent à Berthier et Ledru Desessarts et Compant
à Clarke, 27 mars. Arch. de la guerre. — Vincent donne ce détail curieux : •< Je
remarque le mauvais aspect de la gendarmerie, tulle n'est d'aucucs utilité
s le rapport de la police civile ou militaire. Les officiera que j'ai appelée
isent tous de se prêter au bien du service. »
■:. Journal de Vincent. Ledru Desessarts et Compaas à Clarke. 20 et 28 mars.
Mémoires de Langeron. Arch. des \1. étraugèrei. Cf. Schels, Opéras, de*-
*erbûndeten Heei\ gegen Pari». IL 10', 110.
Le lendemain, 28 mars, nouveau combat, nouvelle retraite. Dans la matinée, les Prussiens attaquèrent vigoureusement Claye. Au moment où Ton abandonnait ce village, arrivèrent des renforis de Paris : 3000 fantassins des dépôts de la garde, troi? escadrons de lanciers polonais et 400 cuirassiers formant le 12* de marche de cavalerie*. Compans prit position en arrière de Claye, et laissant déboucher dans la plaine l'infanterie prussienne, il la fit soudain charger par tous ses cavaliers. Trois cents hommes tombèrent sous le sabre, cinq cents se rendirent pri sonniers;lc reste de la colonne se rejeta précipitamment dans Claye. L'ennemi revint en forces. Compans continua sa retraite de position en position jusqu'à Yille-Parisis, qu'il dut évacuer après un nouveau combat. Le soir, il établit ses bivouacs à Vert- GalauJ, à quatre lieues de Paris^.
1. Clarke à Napoléon, 28 mars, à Joseph, 27 mars. Journal de Vmcsnt. Arch. de la guerre.
2. Coiiipaiis à Clarke, Vert-Galant, 29 mars, 8 heures du matin. Junrnal de Vincent. Arch. delà guerre. Cf. Schels, II, 124, 125; Eogdanowusch, U, 13ii. L-es hîRtorieus étrangers portent seulement à 200 le chifj'fft <Lu jprisouuiers fiita à Ciaye.
NAPOLÉON A SAINT-DIZIEh