Kapportde Urouet. Arch. nat, AF. iv
S. Souham k Clarke, Nogent, 26 mars; Allix à Clarke, AaxC7r«, 96 mara ^rch. de la r-nerr».
3. Napoléon À Clarke, Saint-Dizier, 23 mars. Arch. nat, AF. IV,906.(L«tU« ■on citée dans la Correspondance.)
4. Mémoires de Langeron. Arch. des affaires étrangères, Russie, S& ». Rapport de Drouet, 25 mara. Arch. nat., AF. nr, 1670.
est Patrie et Napoléon, tous deux chers à mon cœur. Je verserai la dernière goutte de mon sang pour le grand Napoléon*. » Dans le Loiret, dans l'Yonne, en Saôneet-Loire , les levées en masse s'organisent. Dans l'Oise, dans la Somme, sur les confins de FAisne et du Pas-de-Calais, dans le Puy-de-Dôme, la Loire, le Rhône, l'Ain, l'Isère, jusque dans la Gironde et le Gers, ce sont aussi des prises d'armes^. Les paysans des Landes massacrent les détachements anglais et brûlent les maisons des royalistes; le peuple de Bordaux prépare une contre-révolution*. A Nancy, où est le grand dépôt d'approvisionnement de l'armée de Silésie, à Langrcs, où sont les principaux magasins de l'armée de Bohême, les habitants n'attendent que la venue d'un escadron français «pour assommer la garnison* » et déjà les gouverneurs de ces deux places prennent en tremblant leurs dispositions de retraite'. De Toul à Chaumont, de Saint-MihielàBar-sur-Aube, des bandes de paysans armés de fusils de chasse, de fourches, de faux, de bâtons, parcourent toutes les routes, tous les chemins. En trois jours, du 25 au 28 mars, ils amènent aux quartiers généraux un millier de prison-
1. Colonel Viriot à commandant de Châlons, 17 mars. Arch. de la guerre.
2. Procès-verbal du major commandant Montargis, 21 mars. Âllixà Clarke, Auxerre, 24 et 25 mars. Rovigo à Montalivet, 25 mars. Avice à HuUin, Beauvais, 25 mars. Merlin k d'Aigremont, Montdidier, 25 mars. Préfet du Puy-de-Dôme à Clarke, 26 mars. Montholon à Clarke, 26 mars. Clarke k Hullin, 28 mars. Saint- Vallier à Clarke, 15, 19, 21 mars, etc., etc. Arch. de la guerre. Cf. Mémoires de Langeron. Arch. des affaires étrangères. — Le directeur d'une usine écrit à Clarke, le 24 mars: « 1500 k 2000 paysans s'étaient réunis kClermont (Oise), pour marcher k l'ennemi qui était à trois lieues. On les a renvoyés. Partout on demande des munitions. Le moment n'est donc pas encore venu où on sonnera le tocsin dans toute la B''rance et où 30 raillions de Français écraseront 200000 barbares ! »
3. Général Napier, Swf. de la Guerre de la Péninsule, XIII, 123-124. Cf. lettres de Lynch, 30-36, 39.
4. Defranc» a Bertbier, Saint-Dizier, 24 mars. Pire k Berthier, Chaumont, ?6 et 27 "nk^. Arch. de la guerre.
5. Pire k Berthier, Chaumont, 23 mars. Mémoires de Langeron. Arch. des affaires étrangères, Russie, 25. — La garnison de Nancy se préparait à •e retirer sur Deux-Ponts, celle de Langres sur Vesoul.
niers, des prolonges de munitions, des bestiaux, des canons'. A vingt-quatre heures de date et de deux endroits différents, le maréchal Oudinot et le général Pire adressent ces lettres à Berthier : «... Il est incompréhensible, écrit Oudinot, qu'on ne profite pas de l'élan des paysans de la Lorraine et du Barrois. Il ne faut point laisser refroidir la chaleur de ce peuple qui ne respire que vengeance*. » « Je suis assailli, dit Pire, par des paysans qui me demandent des armes et de la poudre pour marcher à l'ennemi. Le sang français se fait sentir dans toutes les veines et je crois le moment arrivé où l'empereur peut se servir de la nation et n'employer Tannée que pour lui servir de guide et d'auxiliaire. Rien ne serait si facile que d'établir dans trois jours l'insurrection dans tout le Bassigny. Le feu se communiquerait rapidement à la Lorraine, à l'Alsace, à la Franche-Comté, à la Bom*- 2^ogne. Toutes les têtes sont montées. On a vu passer des colonnes immenses de voitures emmenant le résultat des pillages. Les paysans veulent reprendre leurs bestiaux, leurs effets, ils veulent se venger des coups qu'ils ont reçus, des outrages faits à leurs femmes et à leurs filles... Je propose à l'empereur de faire sonner le tocsin à une heure et à un jour fixés dans toutes les communes de la Eaute-Marne. Nous marcherons sur Langres et sur Vesoul. Les paysans savent qu'ils trouveront là beaucoup de butin et peu de résistance. Le mouvement une fois donné se communiquera à tous les cantons pillés par les Cosaques... Nous avons peu d'armes, mais nous en
1. Maire d« Joinville à Berthier, 24 mars. Commandant de Bar-sar- Anbe à Berthier, 26 et 28 mars. Pire k Berthier, Chaumont, 26 mars. Arch. de la guerre. Proteau à Berthier, Vassy, 26 mars. Henrion à Berthier, 26 et 28 mars. Arch. nat, AK. iv, 1670. Cf. Mémoires de VUroliu^l, 155-258.
t. Oadinot à Berthier. Saint-Dizier, 28 mars. Arch. de la gaerra.
prendrons à l'ennemi. Tout ce que je demande, ce sont des ordres et des cartouches*. »
Ainsi, tout était prêt pour cette « Vendée impériale » — à mieux dire pour cette Vendée nationale — qui était la suprême terreur des Alliés^.
Depuis le début de la campagne, deux idées opposées prédominaient tour à tour, selon l'heure et la circonstance, dans l'esprit de l'empereur: défendre ou abandonner Paris. Il avait dit : « Si l'ennemi arrive sous Paris, il n'y a plus d'empire. » Il avait écrit * « Jamais Paris le sera occupé de mon vivant. » Il avait écrit encoft^ : « Il ne faut point abandonner Paris, il faut s'ensevelir plutôt sous ses ruines '. » Mais il avait aussi, à plusieurs reprises, donné des ordres précis pour le départ de l'impératrice et du gouvernement*, et quand le 21 mars, il avait continué sa marche vers la Marne, il savait que ce mouvement qui pouvait sauver Paris risquait aussi de le livrer. Enfin, selon un témoin véridique, Napoléon n'avait pas cessé « de prévoir cette éventualité et il s'était familiarisé avecles résolutions qu'elle comporterait'.»
1 . Pire à Berthior, Chaamont, 27 mars, Arch. de la guerre. — Dans cette lettre, Pire demande des commissions en blanc pour les officiers retraités qui commanderaient les levéos en masse. C'était aussi l'avis de Rovigo et do Clarke. Le duc de Feltre écrivait le 26 à l'empereur : « Je ne pourrai pas encadrer les levées en masse dans les cadres de la ligne. Il faut pour les commander d'anciens militaires du pays. On obtiendra des résultats beaucoup plus considérables des bonnes dispositions que montre presque partout .la population en ne la contrariant pas dans la direction qu'elle veut suivre. • Arch. de la guerre.
Dans une autre lettre du 28, Pire répète sa proposition et demande une proclamation de l'empereur « qui ferait un bien grand effet ». Cf. aussi sur les ^^ dispositions belliqueuses des campagnes la lettre du général Defrance, Saint- ] Dizier, 24 mars; le Journal de Fabvier, p. 7; le Journal du 5* corps de cava lerie, 69, 73, etc.
2. Relation de Diebitsch, 25 mars. Arch. de la guerre. Journal de Langeron. Arch. des atTaires étrangères, Russie, 25.
3. Mémoires de MolUen, IV. Correspcndance de Napoléon, 21089, 21210.
4. Correspondance de Napoléon, 21210, 21497. Correspondance du roi Joteph, X, 44, 45, 47, 77.