RETOUR DE L'ARMÉE VERS PARIS
Entre cinq et six heures du soir, l'empereur arriva à Doulevent* v^ù il fut rejoint par un émissaire de La Yalc^t'C, son ancien aide de camp d'Egypte, alors directeur général des Postes. Cet homme était porteur d'un billet chiffré. La dépêche, — le seul écrit que l'on eût reçu de Paris, depuis six longs jours', - dévoilait les menées « des partisans de l'étranger » et finissait par ces mots : « La présence de l'empereur est nécessaire, sil veut empêcher que sa capitale soit livrée à l'ennemi. Il n'y a pas un moment à perdre '. » Il n'y avait pas un moment à perdre. Napoléon le pensait autant que La Valette; mais force lui était de continuer à marcher militairement, car peut-être des partis ennemis se trouvaient-ils encore entre la Seine et l'Aube. L'empereur des Français ne pouvait pas risquer de se faire enlever par les Cosaques ! Il dut donc passer la nuit à Doulevent. Le lendemain, l'empereur se mit en marche de bon matin avec sa garde*. A la grande halte, au pont de Dolleocourt, on rencontre toute une troupe de courriers. Les communications étant coupées, plusieurs de ces courriers ont été contraints de s'arrêter trois jours à Nogent et à Montereau. Ils apportent une liasse de lettres du roi Joseph, du ministre de la guerre, de Montalivet. Il y a des projets, des nouvelles des départements, des demandes d'argent ; il y a des rapports sur la bataille de Limonest.
1. Registre da Berthier (ordres de Conrcelles — 6 kilomètres en deçà d*> Donlevent — 28 mars, 4 heures et demie da soir.) Arch. de la guerre.
*• ^»ia dit : t depuis dix jours » ; cela semble une exagération. L«8 eom- ■innications entre l'armée et Paris furent Ubres jusqu'au 22 mars par Suzanne et Sommepuis. La dernière lettre da l'empereur reçue par Clarke est du 22 (Clarke à Napoléon, 21 mars. Arch. do la guerre). Donc réciproquement les dépêches da Paris dorent parvenir à l'empereur jusqu'au 2? mars, peut-être même jusqu'au 23. Le« communications redevinrent libres par Nogent, Trojes et Bar à dater du 25. Mais les courriers ne sachant ^ que cette contrée fût évacuée par rennemi attendirent à Montereau M k ftogent jusqu'au 27 et au 28 mars.