‹ 1814Chapitre 125 sur 178 · Mollien, IV, 118. Cf. Mémoires de Bovigo, VI · texte numérisé non relu

Mollien, IV, 118. Cf. Mémoires de Bovigo, VI

t. Napoléon à Rovigo, Jouarre, 2 mars, Heims, 14 mars; k Cambacérit

temporisateur, indilTérent à tout ou reculant devant tout, tremblant à Tidée d'un acte dont il eût à répondre, il ne prit aucune mesure pour parer aux événements qu'il se vantait de prévoie. Doué d'ailleurs à un haut degré d'un esprit souple, vif et délié, mais ayant aussi trop de suffisance, il s'amusa à jouer au plus fin avec plus fin que lui et, en résumé, il fut dupe de tout le monde.

Pendant que l'empereur combattait sur l'Aube et sur l'Aisne, Paris était devenu un foyer d'intrigues. « Il y avait, dijt l'abbé de Pradt, je ne sais quelle odeur de conspiration répandue sur toute la ville. On disait : Cela ne durerapas; il n'y en a pas pour longtemps, la corde est trop tendue... On s'entendait rien qu'en se regardante »Si l'on s'entendait rien qu'en se regardant, on s'entendrait mieux encore en causant et en tenant des conciliabules. C'est à quoi ne manquaient ni les royalistes non ralliés comme Mathieu et Adrien de Montmorency, Alexis de Noailles, Etienne de Durfort, le duc de Fitz-James, l'abbé de Montesquiou. Gain de Montagnac, Guillaume de Nieuwerkerke, ni les intrigants comme Morin, Roux-Laborie familier de Cambacérès, et le concussionnaire Bourrienne, ni le prince de Bénévent, vice-grand élecleur de l'empire, ni Pradt, archevêque de Malines, ni l'exabbé Louis, conseiller d'État et baron de l'empire, ni Vitrolles, inspecteur des bergeries impériales et ami de La Valette et de Pasquier, ni Royer-Collard, doyen de la Faculté des lettres, ni les sénateurs comme Lambrecht, Grégoire, Garât, le général de Beurnonville, ni Angles, haut fonctionnaire de la préfecture de police, ni Bellart, conseiller municipal, ni enfin

Reims, 16 jaars. Arch. nat AF. IT, 906 (lettres non citées dans la Corret pondance).

1 . Pradt. Récit det événements qui ont amené la restauration de la royauté,

Dalberg-, créé duc et doté par l'empereur, et Jaucourt, chambellan du roi Joseph*. Ce dernier, qui faisait très exactement son service au Luxembourg, profitait de sa situation pour apprendre le premier les nouvelles certaines des opérations militaires et pour être le premier à les rapporter à Talleyrand et à ses complices. Ce misérable espion — je parle de M. de Jaucourt — affectait de prendre le plus patriotique intérêt à la marche dts armées françaises, et dès qu'il savait l'arrivée d'un courrier, il s'adressait au comte Miot, écuyer du roi Joseph, qui, plein de confiance, s'empressait de le bnn renseigner^ De son côté, le conseiller d'Etat La Be&nardière qui, premier commis aux Affaires étrangères, se trouvait à Châtillon auprès de Caulaincourt, informait 1res exactement le prince de Bénévent de l'état des né^^ociations^ Partout la trahison.

L'hôtel de la rue Saint-Florentin éttit le principal foyer de cette conspiration expectante.Bès le mois de novembre 1813, les mécontents, qui étaient nombreux, et les royalistes, qui étaient encore raies, avaient tourné les yeux vers le prince de Bénévent c(mme vers un chef désigné*. Trop prudent pour acceptir ouvertement ce rôle et trop avisé pour ne pas percer à en profiter au cas échéant, Talleyrand se le laissa donner sans paraître consentir à le prendre. Au leste, si cet habile homme était depuis quelque tempi déjà à la tête des mécontents, il n'était pas encore axec les royalistes. Une haine commune contre Napoléon l'unissait à eux; mais s'il avait le même moïile, il

1. Pradt, 32, 35;yitrolles,I, 33, 38, 39 et passim; Miot de N.elito,ili, 342, 343; Rovigo, VI, 304, 314,317, 320 à 334, et poisim ; Bourrienne, IX 344, 345 et passim; Gain de Montagnac, 2, 3, 116; Bévélations de Morin, 21-;3. Beauchamp, II, 248-255; Mémoires tirés des papiers d'un homme d'^fat, XI, 369.

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