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Sfémoirtt de YitroUet, I

2. « Si remperear éuiit tué, écrivait Talleyrand, le 17 ou le 18 mars, à la dachesse de Coarlande, nous aorions alors le roi de Rome et la régence de sa mëre. Les frères de l'empereur seraient bien des obstacles à cet arrangement par l'inûuence qu'ils auraient la prétention d'exercer, mais cet obstacle serait facile à lever. On les forcerait k sortir de France, où ils n'ont de parti ai les uns ni les autres... Brilles cette lettre, je toos prie. > Le 20 mars il écrivait encore : « ... On parlait aujourd'hui d'une conspiration contre l'erapereur et l'on twmmait des généraux parmi les conjurés, tout cela vaguement. Si l'empereur était tué, sa mort assurerait les droits de son rils aujourd'hui aussi compromis que les siens... Tant qull vit tout reste incertain... L'empereur fHort, la régence satisferait tout le monde, parce qu'on nommerait un conseil fiù plairait à toutes les opinions et que l'on prendrait des mesures pour qa« les frères de l'erapereor n'eussent aucune induence sur les affaires du pays... Brûles cette lettre. » Lettres inédites de Talleyrand, publiées d'après les originaux conservés à l'Académie royale de Bruxelles, dans la Reoue if histoire diplomatique, 18S7, n» 2. Cf. Chateaubriand, J/emoiret (roufr#-/om&«. VI, 813, ÎU; Mémoires de Vitrolles.l, M (note); Afihnoiret tirés des papiers d'un komme (CÉtat, Xll, 373. 393, 394; Mémoire» de Rooigo. VI, 304, 343; VU. 4. 53, 110. D'après Rovigo (YI, 332), Fouché qui se trouvait alors dans le midi de la France disait à la princesse Elisa, propre sœur de Napoléon, ce que Talleyrand se contentait de penser : « Madame, il n'y a qu'un moyen de nous sauver, c'est de tuer l'empereur sur-le-champ. » — C'était dans l'arrièrepensée de la régence que Talleyrand t'opposait dès la mois de février au projet de faire partir l'impératrice. Voir Correspondanet \jie Napoliim, 21 tlft. L empereur pressentait lA une trahison.

de Paris, le surprit sans le troubler'. Ce fut seulement le jour du départ de l'impératrice pour Blois qu'il se retourna vers les Bourbons. Jusque-là, néanmoins, le prince de Bénévent, tout en ne désirant pas une restauration, se garda de décourager autour de lui ceux qui la désiraient si ardemment. Comme aux souverains alliés, tous les moyens lui semblaient bons pour ébranler le colosse. Si d'ailleurs la régence échouait, la royauté serait encore un pis aller sortable. L'important était que l'empereur tombât. Les royalistes étaient donc bien accueillis par Talleyrand; il leur donnait des renseignements, parfois un conseil ; il se défendait de leur prêter son appui ^. Fidèle à la méthode qui lui avait toujours réussi, le prince de Bénévent évitait de se compromettre avant « le lendemain des événements », selon le mot de Chateaubriand. Il commentait avec perfidie les nouvelles du congrès et des armées et il émettait d'un ton chagrin les plus sombrespronostics. Une lui convenait pas de paraître, même aux yeux de ses complices, pousserplus loin le rôle de conspirateur. « — Vous ne connaissez pas ce singe, disait le duc de Dalbergà Vitrolles. Il ne

1. « Si la paix se fait, Bordeaux perd de son importance. Il la perdrait de même si l'empereur était tué. « Lettre de Talleyrand à la duchesse de Courlande, 17 ou 18 mars. Revue d'histoire diplomatique, 1887, n» 2.

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