Ruvigo. VI
t. Correspondance de Napoléon, 21 497.
3. ■ L'intérêt da pays est que l'impératrice etle roi de Rome ne restentpas kParis... Je préférerais qu'on égorgeât mon dis plutôt que de le voir jamais élevé à Vienne comme prince autrichien.» Corresp., 21210 ^Nogenl, 8 février). — Dan« sa lettre k Napoléon du 5 février (Corresp. de Joteph, X, 44-4Ô), Joseph fait allusion à un ordre analogue ou à de4 instructions verbales de l'empereur prescrivant le départ de l'impératrice. De même dans les lettres dn 6 février, du d février, du 9 février. — Les mois de la lettre de l'empereur du 7 février. « leoez ferme aui barrières de l^aris • [Corresp., 21 196j qu'on a teuté d'opposer à ces Aistructions n'j sont nullement contradictoires. D'abord il s'agissait a de repousser an parti ennemi et non one armée; enstiite dans l'idi^e de
empereur on pouvait défendre Paris sans y laisser pour cela Marie-Louise.
que l'impératrice partirait le lendemain à huit heures du matin pour Rambouillet. Lui-même accompagnerait la souveraine, que suivrait aussi La Bouillerie avec le Trésor. Pour les ministres et les dignitaires, ils resteraient à Paris avec le roi Joseph, jusqu'au moment où le lieutenant général de l'empereur leur ferait signifier l'ordre de départ. La séance fut levée à deux heures dans la nuit*.
A l'issue du conseil, presque tous les ministres s'arrêtèrent dans le salon d'attente pour parler librement. Chacun à l'envi déplorait la résolution à laquelle il avait été contraint de souscrire. « — Si j'étais ministre de la police, dit quelqu'un à Rovigo, demain matin Paris serait insurgé et l'impératrice ne partirait pas. » Rovigo répliqua qu'en efl'et il n'ignorait pas les dispositions de Paris, qu'il serait très facile de mettre le peuple en mouvement; mais qu'il ne lui convenait pas d'assumer une pareille responsabilité, alors que tous les ministres réunis n'avaient point voulu prendre celle de faire rester l'impératrice dans la capitale. « — Je déplore comme tout le monde, dit-il, la funeste résolution qui vient d'être arrêtée, mais je ne veux point me charger seul de ce que vous n'avez pas su faire tous ensemble". » C'était chez tous le même manque d'initiative, la même terreur des responsabilités.
On se sépara, et il n'y eut, dit un témoin, aucun membre du conseil qui en sortant des Tuileries ne dit un sincère adieu à son collègue, tant on était persuadé que c'était le dernier acte du gouvernement
1. Clarke & Joseph, 29 niars, 3 heures du matin. Arch. de la guerre. Lettre précitée de Talle^rand, 29 mars. Rovigo, VI, 370-372; Meneval, 11.48-49; Moilien, IV, 131 ; Supplément aitx Mémoves de Gaudin, 164.
2. Mémoires de Rovigo, VI, 372-373. — D'après l'auteur des Mémoires du roi Jérôme, Jérôme n'assistait pas au conseil de régence, et il eut après la séance une très vive altercation avec Clarke. Jérôme voulait que le gouTer» nement restât à Paris.
auquel on avait été associé. « — Voyez, conclut Talleyrand en quittant le duc de Rovigo, quelle chute dans rhisloire! Donner son nom à des aventures au lieu de le donner à son siècle!... Mais il ne convient pas à tout le monde de se laisse.' engloutir sous les ruines de cet édifice'. » Depuis une beure, iempire semblait perdu; depuis une heure, le prince de Bénévent avait pris son parti de la royauté.