Mémoire* de Stfçitr. VI
3. Déposition deâ atnseillers luunicipaox de Sent, Moniteur da 6 mara et Gazette df France du 7 mars.
4. Lettres de Lvdiar, élève au lycée de Sens. Jmtmnl de TEmpire, \" mars. — Sur le priuce de Wurtemberg doui Napoléon écrivait : • Le prince de Wurtemberg s'est convert de Ixiue; il a vole et pillé partout où il a passé • (Cot' respondanee, 7X^:29). Danien^ie (cité par Steenackers, 2:i7) conte cette jolie historiette : • Un paysan qui avait une blouse neuve et une paire de beà& soulier Mt arrêté par duux «uldats qui lui preunent «es souliers. Des passauts luicon-
En exaspérant la population, ces exploits de Bachi- Bozouks et de chauffeurs ramenaient à Napoléon les plus hostiles et armaient les moins belliqueux. Un professeur nommé Dardeune, ardent républicain, écrivait de Chaumont : « Admirez la versatilité de mes opinions. Vous savez combien peu j'aimais ce guerrier farouche à qui, jusqu'à ce jour, ont été soumis les destins de la Franco... Eh bien ! aujourd'hui, je prie les dieux pour la prospérité de ses armes, tant la honte de voir mon pays au pouvoir de ces odieux Cosaques l'emporte sur tous mes autres sentiments'. » Le général AUix écrivait d'Auxerre : « L'esprit parmi le peuple va toujours en s'exaspérant, et les fauteurs de l'ennemi n'osent plus élever la voix*. » Enfin, le préfet de Seine-et-Marne résumait l'opinion générale par ces mots : « Les habitants se consoleront des malheurs passés et sont prêts à de nouveaux sacrifices, pourvu qu'il soit fait justice des Cosaques'. »
■eillent d'aller porter plainte au prince de Wurtemberg : — Dieu m'en préserve ! dit-il, le prince me prendrait ma blouse. »
Le prince de Wurtemberg était, comme on sait, aillé aux Bonaparte par le mariage de sa sœur, la belle et courageuse princesse Catherine, avec le roi Jérôme. Après les événements de 1814, le roi Frédéric et le prince usèrent en vain de toutes les prières et de toutes les menaces pour engager celle-ci à se séparer de son mari. « Si j'étais capable d'un pareil procédé, répondit-elle, je ne mériterais pas votre estime. Ma résolution m'est inspirée par le seatinient et par l'honneur. Je S'iivrai mon mari là où le sort le conduira, n'importe où.» Briefwechsel der Konigen Katharina, II, 108.
1. Quatorzième lettre de Dardenne, citée par Steenackers, 193. — Dans une autre lettre, Dardenne écrivait : ■ La résistance commence donc à s'organiser. On résiste à Dar, on résiste dans nos environs. Ah 1 puissions-nous bientôt apprendre que Ton résiste partout. »
2. AUix k Clarke, 5 mars. Cf. Allix A Clarke, 7 et 9 mars : « La population est exaltée malgré l'opposition de quelques bourgeois [qui font mille politesses k l'ennemi. • Rœderer à Clarke, 2 mars ; capitaine Sion à Clarke, 2 mara. Arch. de la guerre.
3. Préfet de Seine-et-Marne à Montalivet, 9 mars. Arch. nat., F. 7, 4 290. — Cf. rapports du comte François, du 5 février au 10 mars, passim. Arch. nat-, F. 7, 4 291. Lettre du préfet des Ardennes. 10 février, et rapport du commissaire général de police dans 1* Côte-d'Or et l'Yonna : • ... Le département de l'Yonne est un de ceux qui ont le plus souffert. En déploi-ant avec ces malheureux habitants, les maux doat ils ont été accablés, je ne pui» cependant m'empêcher de croire, ^vec tous los fonctionQaiteg locaux, ^ua l'espr't public a g&gaé depuis lors, et
Et lorsque les paysans, si cruellement désabusés sur les promesses des proclamations, s'écriaient qu'ils étaient prêts « à poursuivre les ennemis comme des botes féroces* », ce n'étaient point de vaines menaces. Lorrains, Comtois, Bourguignons, Champenois, Picards saisissaient les fourches, les vieux fusils de chasse échappés aux réquisitions préfectorales comme aux perquisitions des Alliés, ramassaient sur les champs de bataille les fusils des morts' et couraient sus à Tennemi, s'il ne se présentait pas en trop grande force ou s'il battait en retraite. A Montereau, à Troyes, dans la dernière heure du combat, les habitants firent pleuvoir des tuiles, des meubles sur la tête des Autrichiens, les fusillèrent à travers les volets et les soupiraux des caves. A Château-Thierry, des ouvriers amenèrent sous les balles prussiennes des barques aux soldats de la garde. Pendant le sac de Soissons, une servante blessa deux Prussiens qui lui voulaient faire violence ; et un boucher, s'étant posté, armé d'un coutelas, au bas de l'escalier d'une cave, saignait dans l'ombre les pillards. Les riverains de la basse Marne arrêtèrent en quatre jours deux cent cinquante Russes et Prussiens. Le lendemain de Champaubert, un enfant de treize ans amena aux avant-postes du 6* corps deux grenadiers russes. « — Ces gaillards-là voulaient broncher, disait-il, en brandissant un grand couteau
que la conduite odieuse des ennemis, en produisant Peffet naturel de U$ faire abhorrer, n'a fait que mieux sentir à tous les citoyens le besoin de se serrer étroitement autour du trône de Tempereur, dont le génie vient de les délivrer de ces «retendus libérateurs. » 2 mars, Arch. nat., F. 7, 4 290. Cf. Caulaincourt à Napoléon, Chàtillon, 24 février : « ... L'ennemi ravage les campagnes ; aussi l'exaspération des paysan» est-elle fort grande, » et Bassano à Caulaincourt, Gaignes, 16 février : » La conduite de l'ennemi rend la guerre nationale. L'exaspération des habitants est telle qu'ils ont égorgé un grand nombre d'bommea isolés. • Arch. des affaires étrangères, fonds France, 668.
2. Sous-préfet de Thonon à Montalivet, 8 mars. Arch. nat.. F. 7, 6605.
3. Joseph à Montalivet: Rovigo à Chabrol; Chabrol à Froidfonda, IS, 16 «i tO février. Arch. nat., F », 753.
d'équarrisseur, mais je les ai bien fait marcher. » Surla route de Chaumont à Langres, un parti de paysans délivra quatre cents soldats d'Oudinot pris à la bataille de Bar-sur-Aube. Entre Montmédy et Sézanne, sur une étendue de plus de quarante lieues à vol d'oiseau, les villages étaient complètement désertés par leurs habitants, qui faisaient dans les bois la guerre d'embuscade. En Bourgogne, en Dauphiné, dans les Ardennes qui étaient en pleine insurrection, dans l'Argonne dont deux mille partisans gardaient les défilés, en Nivernais, en Brie, en Champagne, les paysans, organisés en compagnies franches ou accourant ai*i son du tocsin, combattaient à côté des troupes régulières*.
Le curé de Pers, près Montargis, se fit chef de partisans. A la tête d'une dizaine d'hommes armés de f« • si] s à dbdx coups, il défendait son village, dressait de.i embuscades au loin, arrêtait les convois. En sa qualité de commandant, il marchait à cheval, la soutano retroussée, le sabre au côté et le fusil en bandoulière: mais à la moindre alerte, il mettait pied à terre et, pour encourager ses hommes, il tirait toujours le premier coup de feu ^ Dans les environs de Piney, la ferme des Gérandots fut appelée le tombeau des Cosaques. On leur faisait bon accueil, on leur servait à boire à discrétion, et quand ils cuvaient leur eau-de-vie, le fermier, ses fils et ses valets de charrue les fusillaient à travers les croisées. Aucun ne sortit des Gérandots pour raconter ce qui s'y passait^ Une jeune veuve
1. Âllix k Clarke, 5 mars; SaintrVallier à Clarke, 21 février et 10 mars; commandant de La Ferté-sous-Jouarre, à Berthier, 4 mars. Arch. de la guerre, Mortemart à Napoléon, 4 mars ; Lemoine à Rovigo, 5 mars. Rapport de Drouet (8. d.). Arch. nat., AF., iv, 1670 et F. 7, 4 290. Journal de Langeron, Arcb. topogr. de Saint-Pétersbourg. Richter, Geschichte des deutzchen Freiheitskri»ges, III. 253; Journal de Fabvier, 35, etc.
2. Rapport du commandant de Montargis. Arch. nat., AP., rv, 1670.