‹ 1814Chapitre 140 sur 178 · Jourual de Boyer de Rebeval · texte numérisé non relu

Jourual de Boyer de Rebeval

4. Journal du Barclay de ToUjr. Journal d« Bojer d« RebevaL Bogda* nowitscb, U, 169.

sans s'inquiéter de savoir si la concentration des différents corps s'était opérée. En outre, des relards vraiment extraordinaires s'étaient produits dans la transmission des ordres. L'ordre de marcher sur Montmartre à cinq heures du malin, expédié la veille de Bondy dès onze heures du soir, ne parvint au maréchal Bliicher que passé sept heures*. Alfaibli par la fièvre, Bliicher avait perdu toute initiative. D'ailleurs, sauf le corps de Langeron qui occupait le Bourget, ses troupes se trouvaient encore assez loin de Paris : York et Kleist cantonnaient à Aulnay-lès-Bondy, Woronzoffà Villepiute. Langeron entendant le canon à sa gauche prit sur lui de s'avancer vers Pantin sans attendre des instructions. Durant cette marche, il fut rejoint par un aide de camp de Bliicher qui lui communiqua l'ordre de se porter sur Aubervilliers (le feld-maréchal avait enfin reçu la dépèche du czar} Lan^ron fit aussitôt faire demi-tour à la colonne; mais grâce à tous ces retards, son avant-garde n'arriva que vers dix heures devant Aubervilliers, où elle fut accueillie par un feu meurtrier ^ Pour la colonne de gauche, elle était encore, à cette heure-là, entre Chelles et Nëuilly-sur-Marne'. Jamais grande attaque ne fut ordonnée avec tant de précipitation, exécutée avec si peu d'ensemble.

- Le roi Joseph, Clarke, Hullin et leurs états-majors étaient depuis six heures du matin au Pavillon rouge, sur la butte des Cinq-Moulins à Montmartre. Ils entendaient à leur droite le canon et les feux de pelotons et voyaient s'élever des nuages de fumée audessus du canal de l'Ourcq. Devant eux, tout était

1. Mémoires de Langeron, Arch. des Aff. étrang. Cf. l'ordre de Blûcher, Villepinte, 30 mars, 8 heures du malin, cit. par Schels, U, 203.

2. Mémoires de Langeron, Arch. des Aff. étrang. Journal do Langeron, Arch. top. de Saint-Pétersbourg.

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