Miot de Mélito, III, 354^55; Rorigo, VII
t. Correspondance du roi Joseph, X, 216; Miot de Mélito, HI, 353-:tH
LA BATAILLE DE PARIS. 5i»
Après lui avoir représenté que les véritables intérêts de TempHrcur, de la dynastie, du pays exigeaient qu'il reslàt à Paris, il termina en demandant au ministre de la police l'autorisation de ne poini rejoindre l'impératrice. Savary, cette fois, fit montre d'énergie. D répondit à Talleyrand que, loin de l'autoriser à rester, il lui intimait l'ordre de partir sur-le-champ, et que, de plus, il allait surveiller son départ'. C'était bien parler, mieux eût valu agir. Le prince feignit de se rendre à l'invitation sans réplique de Rovigo. U rentra rue Saint-Florentin, prit quelques mesures pressées; puis, à cinq heures, il se mit en route pour Chartres. Dans Paris, le carrosse du \'ice-grand électeur, que précédait un écuyer, alla fort lentement Il importail d'assurer à ce départ la notoriété publique, et il importait plus encore de donner à i^crtains émissaires le temps d'arriver au poste de la barrière d'Enfer. Ils avaient fait diligence. Quand la voiture de Talleyrand approcha de la grille, le chef de poste s'avança à la portière et eut l'audace de demander ses passeports au prince de Bénévent. Sur la réponse de celui-ci qu'il n'en avait point — Talleyrand n'eut garde d'exhiber l'ordre du grand juge qui valait tous les passeports du monde — l'officier déclara, en s'excusanl, que la consigne lui défendait de le laisser passer. En vain quelques gardes nationaux, qui n'étaient pas dans le secret, se récrièrent et dirent que la consigne n'était pas faile pour le prince viceélecteur, Talleyrand ne voulut point profiler de ces bonnes dispositions, il revint au plus vite rue Saint- Florentin, bien heureux de la réussite du stratagème*. Eucore une fois, il avait atteint son but sans se com-