Rdatioa d'Oilov. Arch. top. ds S«int-FiUnboarg, 47S4B
et Paar signèrent au nom du czar et du prince de Schwarzenberg-*.
Les clauses de la capitulation portaient seulement sur l'évacuation de la ville, les conditions du départ des troupes et la durée de l'armistice. Les maréchaux, sans doute, s'étaient inquiétés du sort réservé à Paris. Mais, sur l'avis d'Orlow qui dans ces pourparlers s'était montré un sincère ami de la France, ils s'étaient contentés pour la sauvegarde de Paris d'un article ainsi rédigé par le colonel russe : « La ville de Paris est recommandée à la générosité des hautes puissances alliées. » Non seulement il n'y aurait ni pillage, ni violences; mais le czar, avait dit Orlow, voulait même épargner aux Parisiens « l'humiliation de voir un jour les clés de leur ville dans quelque musée d'Europe^ ». Les détails de l'entrée des souverains, du logement et de la nourriture de leurs troupes, de la police de la ville, restaient cependant à régler. Ces soins incombaient aux magistrats municipaux, seules autorités demeurées dans Paris depuis la retraite du gouvernement. Le préfet de la Seine et plusieurs conseillers municipaux convinrent d'aller en
1. Relation d'Orlow. "X lettre de Nesselrode à Orlow, Bondy, 30 mars, citée par Bogdaoowitsch, 11, 197.
Voici le texte de la capitulation de Paris :
« Ariicle premii'r. — Les corps des maréchaux dm s de Tréviseet de Raguse évaciierout la ville de Paris, le 31 mars, à 7 heures du matin. —Art. 3. Us «mmèneront avec eux l'attirail (sic) de leurs ««••ns H'armAe. — A rr.. 3. I «s hos-ti iites ne pourront recommencer que 2 heures après 1 évacuation de la ville, c'est-à-dire le 31 mars, à 9 heures du matin. — Art. 4. Tous les arsenaux, ateliers, établissements et magasins miliiaires seront laissés dans le même état où ils se trouvaient avant qu'il fût question de la présente capitulation. — Art. 5. La garde nationale ou urbaine est totalement séparée des troupes de 'igné; elle sera conservée, désarmée ou licenciée, selon les lispositions des ^issances alliées. —Art. 6. Le corps de la gendarmerie municipale partagera entièrement le sort de lagarde nationale. — Art. 7. Lesblesséset maraudeurs restés après" heures à Paris seront prisonniers de guerre. — Art. 8. La ville de Paris est*recommandée k la générosité des hautes puissances alHées.
ï Fait à Paris, le 31 mars 181-1. à 2 heures uj matin. » (Suiven' les signatures.)
t. Relation d'Orlow, Arch. topogr. de Saint-Pétersbours 4' J4S.
députation auprès du czar. Orlow, avec son inaltérable bonne grâce, s'olTrit à leur servir de guide. Au point du jour, les préfets de la Seine et de police, plusieurs membres du conseil municipal, le chef d'étatmajor Allent et deux adjudants-commandants de la garde nationale, Tourton et Alexandre de Laborde, partirent pour Bondy'. Orlow introduisit la députation dans la grande galerie du château, où Nesselrode la vint recevoir, et il monta à la chambre du czar.
Le souverain était couché : — « Quelles nouvelles m'apportez-vous? » — « Sire, c'est la capitulation de Paris. » Le czar saisit l'écrit que lui tendait Orlow et le lut plusieurs fois. « — Je vous félicite, reprit-il; votre nom est attaché à un grand événement. » Il se fit ensuite donner des détails sur la mission que l'aide de camp avait si bien remplie, puis il lui demanda s'il avait vu le prince de Bénévent. Orlow ayant rapporté les paroles échangées avec Talleyrand dans le salon de Marmont, le czar dit : — « Ce n'est encore qu'une anecdote, mais cela peut devenir de l'histoire. » Alexandre glissa alors sous son oreiller la capitulation de Paris et s'endonnit d'un profond sommeil*.
1. Relation d'Orlov. Cf. M*m. de Marmont. VI, SSO; Schels, H, 246-247. — D'après Pons, 296, rabbé de Pradt avait demandé k faire pau-tie de la dépa» tation, disant qa' « il et <it es^ientiel qu'un prêtre fût adjoint à la représentation qui allait saluer le vainqueur. ■ Pasquier le renvojra k sa messe. S. R«iation d'Orlow. Arch. topog. d« SaiaV-Pdier»boarg, 47346. A cette henr«-là même, le glorieux bûcher que Sémrier avait fait. élever, jurant la nuit, dans la cour de l'Hôtel des Invalides, achevait de consumer seize cents drapeaux pris à l'ennemi par les soldats de la république et de Fempire.