‹ 1814Chapitre 19 sur 178 · Correspondance de Napoléon, n · texte numérisé non relu

Correspondance de Napoléon, n

2. Ordres de marches de Schwarzenberg, 11 et 13 février, cités par Plotho, m, pp. 146-155. Correspondance de Napoléon, 21244, 21253, 21256.

3. Jomini, Précis politiqite et militaire des campagnes de 1813 et 1814, publié par le colonel Lecomte (1886), II, 238-239.

4. Ordres de Schwanenberg des 15 et 17 février, cités p«r Totho, III, 157- 158, 207-211.

Meaux, et le lendemain Guignes, par une marche forcée qu'abrègent pour une partie de l'infatiterie des charrettes mises on réquisition. La garde fait sa jonction avec les corps de Victor, d'Oudinot et de Macdonald. Le 17, ou débouche de Guignes. Le corps de Victor, qui forme tête de colonne, culbute et extermine à Mormanl les huit bataillons et les vingt-quatre escadrons du comte Pahlen. Deux heures après, Victor a un autre engagement heureux, à Valjouan, avec la division Lamothe qu'il rejette sur Donnemarie. Il continue sa marche vers Montereau, replie sur le plateau de Surville les avant-postes du prince de "Wurtemberg et s'arrête à Salins avec le gros do ses troupes*. En même temps, Macdonald, au centre, s'avance sur Braye, Oudinot, à la gauche, sur Provins. L'empereur fît halte à Nangis, avec la garde *.

1. L'einperour a darement reproché au duc da Bellune do ne pas avoir occupé Montereau ce jour même. Corrrspondanee, 21 286, 21 297, et t. XXVII, p. 192. Si, en etfet, Victor ae fût e^np^ré du pont de Montereau, le 17 février, rernpereur, débouchant le lendemain, coupait la retraite an corps Blanchi, et Tenait prendre à revers les corps de Wigjrensteia et de Wrède, à Bray et à Nugeiit. I,a grande année éprouvait le même sort que l'armée de Silésie. Mais Victor, après avoir inarché et combattu toute une journée, poilvait il enlpver, dans un combat do nuit {car il ne fût arrivé devant Montereau qu'entre 6 et 7 heures du soir), cette position à UOOO WurtembergeoisT La chose est fort douteuse, d'autant plus douteuse que le lendemain 18, il fallut 6 heures de combat, 4 divisions d'infanterie, 2 divisions de cavalerie, et un grand déploiement d'artillerie pour déloger le prince de Wurtemberg. Ou il faut conclure de l'irritation de l'empereur qu'il croyait Montereau occupé seulement par une partie du corps de Wrède. et non par le corps entier du prince de Wurtemberg, ou il faut penser, comme le dit Kaio, que Napoléon avait d'autres griefs contre Victor. Ce maréchal avait montré autant de mollesse que d Imprévoyance dans la défense de l'Alsace. Voir Correspondance, 21006, et lettre de Caulaincourt, Lnnéville, 7 janvier. Arch. ^88 atlaires étrangères, fonds France, 668 : « Tout le monde s'accorde à dire que le duc de Uollune ne fait rien, ne sort pas de chei lui et ne se donne aucun soin pour avoir des renseignements... »

Disons, en passant, que si un des lieutenants de l'empereur mérita des reproche» dans ces glorieuses journées, ce fut assurément Macdonald. En Be portant les 10 et 11 février, comme il devait le faire {Corr^spimilnnce, 21228 et 21235). de la Kerté-sous-Jouarre à Châieau-Thierry. il eiit coupé la retraite vers l'Oitrcq aux corps en léroute de Sacken et d"ï(>rk, do'*t paa on ■eul homme n'eût échappé.

t. Foin, 110, 111; Flotho. lU, 211-213 ; Schula, XU, 166.

LES PREMIÈRES BATAILLES. ''i

L'armée austro-russe était partout refoulée, et sa tête qui avait poussé jusqu'à Fontainebleau cl jusqu'à Nemours risquait do se voir couper la retraite. Schwarzenberg prit peur. Il s'empressa d'envoyer le comte Paar au quartier impérial; ce parlementaire était porteur d'une lettre pour Berthier : « Ayant reçu la nouvelle, écrivait Schwarzenberg, que les plénipotentiaires ont dû signer hier les préliminaires de paix à Châtillon, aux conditions proposées par le duc de Vicence et acceptées par les souverains alliés, j'ai arrêté les mouvements olFensifs contre l'armée française. Les vôtres continuent. Je vous propose de les faire également cesser'. » Dans cette lettre, Schwarzenberg mentait à miracle. Il savait parfaitement que les préliminaires n'avaient pas été signés. S'il avait arrêté son offensive, ce n'était nullement à cause des nouvelles de Châtillon, c'était sous Teffet du retour menaçant de Napoléon. L'empereur ne s'y trompa point. Il lui était trop facile de voir que toutes ces fausses assurances avaient pour unique but de l'amener à conclure un armistice, à la faveur duquel les Austro-Russes pourraient opérer une concentration en arrière. « Proposition absurde, écrivit-il à Joseph, puisque c'est me faire perdre tous les avantages de mes manœuvres. » L'empereur laissa éclater son indignation dans la lettre à son frère, mais à tout hasard, il s'abstint de l'exprimer au prince de Schwarzenberg. Il différa sa réponse que le comte Paar dut attendre trois jours à nos avantpostes*.

Pendant ce temps, Napoléon poursuivit sa marche

1. Scbvsrzeoberg à Berthier, Braj, 17 féTrier («oir). Arcbivas nationales, AF.,iT. 1669.

2. • Le prince de Sch'warzenberg Tient d'envoyer nn parlementaire.. . 11 e«t difucile dètre lâche àce point.. Ces misérables, an premier échec, tombent à genoux.. • Corre$p»nianef, 2IÎ93. Cf. sur la mission du comte Paar Berahardi, IV, p. 486-4M. et Bogdanowiuch, I, p. 238-240.

offensive. Le 18 février, Gérard avec le 2* corps passé, au milieu de l'action, sous son commar dément, par suite de la disgrâce du duc de Bellune *, et Pajol avec sa cavalerie délogërentlesWurtembergeois du plateau de Surville, franchirent à leur suite le pont de Moiitereau et les rejetèrent entre la Seine et l'Yonne. Le même jour, Macdonald repoussa Wrède sur Bray, Oudinot chassa vers Nogent les avant-postes de Wiggenstein et AUix contraignit Bianchi à évacuerNemours. Il en fallait moins pour décider Schwarzenberg à une prompte retraite. Du coup, il envoie les bagages à Barsur-Aube et concentre à Troyes toutes les troupes, fort heureuses d'en être quittes pour la peur et pour trois marches forcées ^.Retardée par de faux mouvements de Macdonald et d'Oudinot et par un encombrement aux passages de la Seine qui en fut la conséquence, l'armée française perdit le contact. Ce fut seulement le 22 février, passé midi, que ses têtes de colonnes débouchèrent dans la plaine de Troyes, tandis qu'à la gauche, la division Boyer débusquait de Méry l'avant-garde de Blûcher, qui, après avoir réuni à Châlons ses troupes dispersées, s'était le 19 mis en marche vers l'Aube, pour opérer sa jonction avec Schwarzenberg '.

Devant Troyes, la grande armée était rangée en

1 . Cette disgrâce ne fut pas de longue durée. Quelques heures après avoir été relevé de son commandement, Victor écrivit à l'empereur :

« Bivac près Montereau, 18 février... La lettre que S. A. S. le prince Alexandre m'a écrite cette nuit de la part de Votre Majesté m'a blessé dans mon honneur... Je vais donc chez moi dans nne circonstance où je désirais sacrifier ma vie pour le service de Votre Majesté. J'y regretterai que la calomnie et l'imposture m'aient privé du plaisir de faire ce sacrifice. » Arch. nat., AF., iv, 1669. — Qui se ravisa? L'empereur ou le maréchal 7 Fain dit que ce fut Victor. Le duc de Bellune, raconte-t-il, monta au château de Fréville et dit à l'empereur : « Je n'ai pas oublié mon ancien métier. Je vais prendre un fusil. Je trouverai une place dans les rangs de la vieille garde. » Victor reçut aussitôt le commandement des deux divisions de la jeune garde, nouvellement formées, et comptant 12 000 baïonnettes.

2. Ordre de marche de Schwarïenberg, Trainel, 18 févier, cité par Plotho, III, 217.

3. Moniteur, 27 février; Bogdanowitsch, I, S57; Miifâing, II, 68,69.

ligne de bataille, sa droite a la Seine, sa gauche au village de Saint-Germain*. Il était trop tard pour que l'empereur pût engager l'action, d'autant que toutes ses troupes n'avaient pas rejoint. Mais la journée du lendemain promettait bien. Le mouvement de Napoléon sur la Seine n'avait qu'à demi réussi, puisque des sept corps de l'armée de Bohême, cinq s'étaient dérobés à son épée. Enfin, Schwarzenberg s'arrêtait! L'empereur allait en finir avec lui d'un seul coup, dans une sanglante et décisive bataille. Les Français, le cœur retrempé au feu des victoires, avaient la confiance et l'ardeur. Si les Austro-Russes étaient, sans doute, en forces bien supérieures, la mauvaise position qu'ils avaient prise, un fleuve à dos, balançait l'avantage du nombre, et quelle était leur démoralisation! Quant à l'armée de Silésie qui menaçait son flanc gauche, l'empereui-ne s'en efi'rayait pas. Pour franchir la Seine à Méry où le pont était détruit et où la rive gauche avait une muraille de vieux soldats d'Espagne, il faudrait à Blûcher au moins vingt-quatre heures. Dans vingtquatre heures, l'empereur aurait battu Schwarzenberg,et si l'armée de Silésie débouchait alors, elle courrait grand risque d'être battue à son tour et jetée dans la rivière.

Schwarzenberg, par malheur, pensait comme Napoléon. Il voyait les immenses dangers de cette bataille et il « ne se souciait pas, par crainte de l'opinion publique, de sacrifier une magnifique armée à la gloire de la France* » . Le lendemain, 23 février, dès quatre heures

1 . Ordre d© Schvars«aberg pour le 22, Troyes, 21 février, cité p»p Plotho.

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