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III

2. Leiu-e de Schwarzenberg, Bar-sor-Aube, 26 février, citée par Bemhardi,

IV, 478-479 : « ... Napoléon ayant concentré tontes «es forces ponr nous livrer bataille, c'était un premier motif ponr lui refuser cette bataille, mais le motif principal était qu'un échec suivi d'une retraita jusqu'au Rhin aurait anéanti toute notre armée... Livrer une bataille décisive contre une armée qni comb»t avec toute la confiance qu'elle a gagnée dans de pet^tst na-

du matin, les Austro-Russes commençaient leur retraite sur l'Aube, laissant seulement devant Troyes l' a rideau de troupes, et vers onze heures, le prince île Neutchâlel recevait une nouvelle proposition d'armistice. Cent cinquante mille hommes refusaient le combat à soixante-dix mille.

Le czar, l'^ roi de Prusse, Knesebeck, d'autres encore voulaient qu'on livrât bataille ; Schwarzenberg, lordCasllereagh, Nesselrode, Toll,Wolkonsky, étaient d'un avis contraire. L'empereur d'Autriche, qui avait peu d'idées à lui, pensait comme Schwarzenberg. En attendant qu'on tombât d'accord, Schwarzenberg, dans la nuit du 22 au 23 fé\Tier, décida la retraite, de sa propre autorité*. Et, il faut rendre justice au général autrichien, cotte décision — d'une si excessive prudence, qu'elle paraisse au premier abord — était le salut. L'armée n'était pas moralement en situation de recevoir la bataille ce jour-là. A la guerre, comme partout, il faut savoir choisir son heure. C'est avec raison que Thielen a dit : « Le prince de Schwarzenberg a fait, de lui seul et contre l'avis de tous, deux manœuvres auxquelles on doit le succès de cette campagne : la première en battant on retraite à Troyes, la seconde en attaquant les Français à Arcis-sur-Aube*. »

Aumatin,lesordresderetraito, qui d'ailleurs avaient

contres et qui manœuvre ïur son propre territoire, avec des vivres et dos munitions à. sa portée, et Taide des paysans révoltés, c'est une entreprise à laquelle seules les plus extrêmes nécessités pourraient me contraindre... Il me touche peu que les journalistes disent : « Ah ! si un autre se fut trouvé « K la tête de cette belle armée, les choses se seraient passées autrement!* Cela m'est égal. Je ne saurais rester en paix et jouir de mes biens et de nés honneurs, si ma conscience me reprochait d'avoir agi par crainte de l'opinion publique et, pour cela, d'avoir sacrifié une majjnifique armée à la gloire de la France. J'ai beaucoup souffert en prenant le parti de refuser la bataille, mais je suis resté inébranlable et personne n'aurait pt me faire changer d'avis. »

1 . Ordre do marche de Schwaraenberg, Troyes, 23 mars (1 heure du matin), cité par Plotho, III, 226.

t. Thielen, Feldsug der verbùndeten Heere Europa't 1Si4, 295.

reçu un commencement d'exécution, furent ratifiée par un conseil do guerre tenu à huit heures chez le roi de Prusse. On arrêta en outre que ra-f-mée prendrait posilion derrière l'Aube'. La veille, le comte Paar était revenu des avant-postes français, porteur d'une lettre de Napoléon pour l'empereur d'Autriche et d'une lettre de Berthier pour Schwarzenberg. Ces deux lettres, bien qu'écrites sur un ton quelque peu comminatoire, laissaient néanmoins percer le désir et la possibilité d'un arrangement'. Le conseil décida qu'un nouveau parlementaire serait envoyé au quartier impérial pour y réitérer la demande d'une suspension d'armes'. Affamées, perdues de froid, fatiguées par les marches forcées et les nuits de bivouac, meurtrières en la saison, démoralisées par les défaites et par cette retraite de plus de vingt-cinq lieues qui menaçait, disaient tout haut les officiers, de ne prendre fin qu'au delà du Rhin, les troupes alliées « semblaient non point opérer une marche rétrograde, mais être en pleine déroute à la suite d'une bataille perdue* ». En ces circonstances, un armistice, convention purement militaire qui n'engageait pas les diplomates de Châlillon, présentait de crrands avantages aux Coalisés. Il y avait pour eux écessité pressante de rétablir l'ordre dans leur armée et de la faire reposer quelques jours dans de bons quartiers.

L'empereur reçut, à Ch^itre, dans l'atelier d'un charron où il avait passé la nuit, l'envoyé de Schwarzenberg. Le prince de Lichtenstein donna les plus grands éloges à la vaillance des troupes françaises, au génie

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