Fain, 132 ; Pougiat
t. Lettre de Napoléon à Aagerean, Troyes, 26 février (non citée dan» la Correspondance). Arch. nat., AF., iv, 906. Journal de l'Empire du 28 février; Journal de* Débats du 16 avril ; Vidranges, L'un de* dernier* forfait* de Bonaparte (br. in-8», Paris, 1814), pp. 1 à 9; Fain, pp. 133-139 ; Montrol, Ilistoire de Champagne, p. 421 ; Pougiat, pp. 278-287. — D'après Koch, T. 705, qui n'est pas suspect de bonapartisme, le chevalier Gouault s'était rallié à l'empire et s'en était montre très chaud partisan. A la fia de décembre 1813, il avait brigué et obtenu le commandement de la cohorte de gardes nati» • nales de Troyes. Mais ce commandement lai ayant «té retiré, il rsvint aus opinions de s» jeuiiesse.
tililés soraient suspendues par le fait seul de la réunion des commissaires à Lusigny. Napoléon, on le conçoit, ne l'entendait pas ainsi. Il avait Tavantag-e, il en voulait profiter. Il lui fallait pour cela rester maître de ses mouvements. Le général Flahaut, arrivé à Lusigny dans l'après-midi du 24 février, déclara que les pourparlers n'interrompraient pas les opérations militaires, lesquelles ne s'arrêteraient qu'après l'échange des ratifications*. En effet, ce jour-là même, Gérard et Ouùinot poursuivirent les Bavarois sur la route de Bar-sur-Aube jusqu'à Montiéramey, tandis que Macdonald, marchant verjs Bar-sur-Seine, repliait l'arrière-garde autrichienne jusqu'à Saint-Pierre-aux- Vaudes*. Les coalisés étaient donc vivement menés, et il n'était pas douteux qu'à moins de se résoudre à une bataille, ils devraient abandonner la ligne de l'Aube, comme ravant-veille ils avaient abandonné celle de la Seine. A la vérité, Bliicher, qui occupait Méry et Angiure, sur le flanc des Français, multipliait ses messages, demandant des ordres et s'cfTrant à opérer une diversion pour dégager la grande armée. Mais, d'un autre côté, Bubna, refoulé sur l'Ain par les lieutenants d'Augereau et menacé do perdre Genève, réclamait instamment des renforts*.
Le 2o février, h huit heures du malin, les trois souverains tinrent à Bar-sur-Aube un nouveau conseil de guerre, où furent convoqués Schwarzenberg, Metternich, lord Casllereagh, Nesselrode, Ilardenberg, Radelzky, Diebitsch, Wolkonsky et Knesebeck. Sur la demande du roi de Prusse, on se réunit dansla chambre
1. Correspondance de Napoléon, 213ô9. et lettre de Flahaut k Napoléon, Lusigny, 24 et 25 février. Arch. nat., AK., iv, 1669.
2. uë^islre de Berthier (lettre à Oudinoi, Gérari}, Macdonald, 24 févritfï). Arch. de la guerre. Bogdanowitsch. 1, 268.
3. Viiriihagen, ilioyraphische Denkmale, III, 334-335; lettre de Schwarzenberg àJimcher, citée par Bernhardi, IV, 497; Bogdanowitsch, I, 26], 273.
même de ce dernier, soudain tombé malade. « — Nous ne pouvons nous passer, disait Guillaume, des conseils de Knescbcck. » On s'entendit sans peine sur la nécessité d'envoyer des renforts à Bubna. Il fut résolu que le prince de Uesse Hombourg, réunissa 3t sous son commandement le 1" corps d'armée et le fi" corps d'Allemagne, ainsi que la 1" division des réserves autrichiennes, quitterait incontinent la grande armée et se porterait sur la Saône afin d'arrêter les progrès d'Augereau, de débloquer Genève et d'assurer cette ligne de communication. La question de la défense ou de l'abandon de l'Aube vint ensuite en délibération. La discussion fut animée, presque violente. Schwarzenbergprotestanl que l'armée, déjà trèsaiïaibliepar le feu et les marches, allait être encore diminuée des troupes envoyées contre Augereau avec le prince de Uesse- Hombourg, déclara qu'il n'y avait d'autre parti que la retraite. Le czar, qui était toujours pour l'action, et que les récentes lettres de Bliicher avaient pénétré de leur feu, combattit l'avis de Schwarzenberg. 11 insista longtemps et vivement sur les avantages d'une bataille où la grande armée, en position derrière Vube, contiendrait Napoléon, tandis que l'armée de ^iiésie l'attaquerait de flanc. Alexandre dut néanmoins céder à l'opinion du conseil. Mais, reprenant aussitôt la discussion, il demanda que l'ordre de retraite ne s'étendît pas aux troupes de Blucher, et que le feldmaréchal fût laissé entièrement libre d'opérer à sa guise, soit pour engager une action contre les Français, soit pour marcher sur Paris. Schwarzenberg ne voyait pas sans inquiétude Blucher se commettre en un nouveau mouvement latéral qui, exécuté dans '«s mêmes conditions que celui des premiers jours ;• d féviier,pouvail amener les mêmes désastres. Il eût préféré que Blucher se réunît à lui, ou du moins qu'il sa
coDcentràt sur la Marne et y restât dans l'expectative *.
Le czar cependant imposa sa volonté, disant que si sur ce point encore le conseil décidait contre son avis, il quitterait la grande armée avec tous ses Russes et se réunirait à l'armée de Silésie. Le roi de Prusse qui, selon la remarque d'un habitant de Troyes, avait l'air du premier aide de camp d'Alexandre*, déclara qu'il ferait la même chose avec ses Prussiens. On arrêta que la grande armée se retirerait sur Langres, oti elle se préparerait soit à recevoir une bataille si l'empereur continuait sa marche en avant, soit à reprendre l'offensive si l'armée de Silésie attirait sur elle l'effort des Français. Pour Bliicher, il serait laissé maître de ses opérations ; mais comme son armée était réduite à quarante-huit mille hommes, le conseil, sur la proposition du czar, décida que le corps de Winzingerode, qui était aux environs de Reims, et le corps de Biilow, qui arrivait de Belgique, seraient mis sous son commandement. Lord Castlereagh se chargea d'écrire à Bernadotte pour l'informer que, dans l'intérêt général, le conseil de la coalition avait dû renforcer l'armée de Silésie dos corps de Bûlow et de Winzingerode, jusque-là appartenant à l'armée du Nord. En dédommagement, Bernadotte recevrait le commandement supérieur des troupes hanovriennes, anglaises et hollandaises qui opéraient dans les Pays-Bas'.
Le lendemain, 26 février, toute l'armée austro-russe
1. Lettre de Schwarzenberg m wincher, 23 février, citée par Bernfaardi, IV, 497. Cf. Plotho, III, 266-267.
2. Rapport de Proteau, Troj-es, 24 février. Arch. nat., AF. iv, 1669.
3. Protocole de la délibération du 25 février, et lettres d'Alexandre et de Frédéric-Guillaume à Blucher, citées par Bogdanowitsch, I, 274, 487; II, 314. Cf. Mémoires de Mettemich, II, 190-191; Jomini, II, 242; Danilevrsky, I, 166; Bernhardi, IV, 519-521; Plotho, III, 231-232. — Selon Plotho, généralement si exact, et plusieurs historiens français et étrangers, le conseil aurait été tenu le 24 à V«iideuvre. C'est une erreur. Les documents originaux, protocole Je la séance et lettres du roi de Prusse et de l'empereur do rtussie à Bliicher, portent: Bat-sur-Aube, 25 février.
POSITIONS DES ARMÉES LE 26 FÉVRIER. 8i
avait repassé l'Aube. Barclay de Tolly se dirigeait de ChaumoQt sur Langres; Wurtemberg marchait sur Blessonville; Gyulai, sur Arc-en-Barrois; Wiggenstein occupait Colombey. Le corps de Wrède, qui formait l'arrière-g-arde, était débusqué dans l'après-midi du pont de Dolencourt et des faubourgs de Bar par les troupes d'Oudinot et de Gérard, tandis que Macdonald s'avançait sur la Ferté-sur-Aube, forçant la garnison autrichienne à évacuer Châtillon \ Pour Blûcher, dont l'armée avait franchi TAube à Anglure, la veille et l'avant- veille, il prononçait son mouvement vers Paris par la grande route de Goulommiers *.
La position générale des armées, le 26 février, était celle-ci : Napoléon, maître de Troyes, avait dans sa main, concentrés entre la Seine et l'Aube, 74 000 hommes et 3o0 pièces de canon'. Devant lui, la grande armée coalisée, réduite à environ 130000 soldats*, se
1. Ordre de Schwaraenberg pour la joomée du 26 (Bai^sur-Aube, 25 février), cité par Plotho, III, 233-235. Oadinot à Berthier, Ailleville, 26 fé- Trier. Arch. nat., AP., nr, 1669. Registre de Berthier, 26 février. Arch. de U guerre.
2. Corretpondanee de Napolion. il aBT, 21 380 ; Mémoire» de Marmont, VI, 197-199; Mùffling, Kriegsgeschichte de» JoAres 1814, U, 73-74.
3. 7* corps (Oudinot) : 17028 hommes. U» corps (Macdonald) : 8797. 2* corps (Gérard): 6257. Ir«et2" divisions de jeune garde (Ney): 2244. 1" et 2* divisions provisoires de jeune garde (Victor) : 12556. 1" division de la vieille garde (Priant) : 6600. !'• division de la réserve de Paris (duc de Padoue) à Nogent: 3430. Grand parc (Sorbier) et réserve d'artillerie de la garde : 2000 hommes Total pour l'infanterie et l'artillerie : 58912 hommes.
Division de cavalerie Roussel : (Brigades Vattier, Osmert, Grouvel et Sparre) 2 174, 2* corps de cavalerie (Saint-Germain): 2380. 5» corps de cavalerie (Mil hand) : 3351. 6* corps de cavalerie (Kellermann, comte de Valmy) : 3819. 2* et 3« divisions de cavalerie do la garde sons Nansouty (Exelmans, La Perrière) : 3168. Total pour la cavalerie : 15042 hommes. Total général : 73954 hommes.
Situations du 21 février au 1" mars. Arch. de la guerre. Cf. (pour Teffectif des corps de Nejr et de Victor) : lettre de Ney & Berthier, Arcis-sur-Aube, 26 février, et rapport de Dronot k Napoléon, Fismes, 4 mars, Arch. nat., AF., IV, 1669, et musée des Archives — (pour la composition de la division Roussel) : Correspondante de Napolém. 21306, et registre de Berthier, 28 février. Arch. de la guerre ; — (pour rartilierie) : lettres de Dulauloy et de Sorbier à Napoléon, 19 février, Arch. nat., AF., rv, 1669, et situations des, 19 janvier, 25 mars et 1" avril. Arch. de la guerre.
4. Prendre l'effectif de la grande armée à son entrée eo France («1814 », p. IV\ •t défalquer, outre le corps de Bubnaet d'Alojs Lichteocteio, les tronpeb «a-
repliait surChaumont etLangrcs. A la g-auclie, Blûcher avec 48 000 hommes' entreprenait une marche de flanc des plus hasardeuses. Le feld-maréchal risquait d'être attaqué sur ses derrières par Napoléon, tanciis qu'il serait contenu sur son front par les corps do Marmont et de Mortier, que des renforts allaient porter à plus de 16 000 combattants*. A la droite de l'empereur, le général Allix, l'un des officiers les plus énergiques de toute l'armée, défendait la ligne de l'Yonne avec 2 000 soldats, ralliant autour de lui les paysans de la levée en masse'. De Paris, où la France envoyait chaque jour des cadres et des recrues, partaient chaque jour pour les armées des bataillons, des escadrons, des batteries*. Enfin les gardes nationales s'organisaient dans toutes les provinces ; 3t, sur le théâtre de la guerre, les paysans prenant les armes dressaient des embuscades, défendaient les villages, combattaient les partis ennemis, arrêtaient
voyées contre Angersau sons le commandement du prince de Hesse, et environ 15 pour 100 pour lf>8 perte», les malades et les garnisons laissées sur les derrif^res; ajouter en revanche les renforts reçus : la division Prohaska et la division wurleinbergeoise du général Uoring.
1. York : n -ÎSS. Kieist : 9 800. Sacken: 13 700. Rudzewitsch, Kapzé-witsch et Korff (lieutenants de Langeroo) : 10 ou il 000 horauies. Cf. Journal de I.aiigeron. Arch. topogr. de Saint-Pjt'^rsbonrg, n* 29 103. Hroysfïn, Leben des Fphlmnrschalls Vork.Ul, 234; et Plotho. IM, 261, qui porte ces forces à 50000 hommes en évaluant trop haut les divisions de Langeron.
2. Marmont: 6* corps et 1" corps de cavalerie : 6088 hommes. Situation du 28 lévrier. Arch. de la guerre. — Mortier : gardes d'honneur de Defrance : 913 hoinm'is. V* division de cavalerie de la garde (Colbert) : 909.2* division de la vieill« garde : 2 442 Situation du 15 février. Arch.de la gaerre, Rapport de brouot à Napoléon, Kismes, 4 mars. Musée des Archives. — Renforts envoyés de Paris aux deux maréchaux le 28 février : 3* division provisoire déjeune garde {Porret de Morvan) : 4879 hommes. Division provisoire de cavalerie (Boulnoir) : 1 026. 1 compagnie d'artillerie : 150 hommes. Ornano à Berihier, 28 février. Arch. de la gaerre. Situations. — Total pour les deux m»> réchaux ; 16507 hommes.
3. Allix k Clarke, 2 et 3 mars, et situation des 18 février et L2 mars. Arch. de la guerre. Correspondance de Napoléon, 21 23-2, 21348.
4. Rapports journaliers de Ilullin et de Pasquier, février et mars. Rapport de Mortemart à Napoléon, 2 mars. Arch. nai., AF , rv, 1534 et 1669. Correspondance de Clarke, Fririon, Ornano, Préval, février M mtira, pastim. Arch. de )a i^uerr*.