Correspondance, t. XXVU, 185, note
5. Correspondance. 21 179.— Cette lettre est datée de Trojrea, 5 férrier, I heure du matin. La lettre de Bassano précitée porte, Trojes, S février, sans indication d'heure. D'après la Note de Bassano (citée par Ernouf, 621), ell« fut expédiée le 5 à 1* pointe da jour. Conséquemment. Caolaincoort 4al recevoir las deux lettros dana la même joamé*
rer devant cette considération : l'envoi des pleins pouvoirs, bien qu'éviJemment autorisé par l'empereur, était de Bassano, tandis que la lettre était tout entière de la main de Napoléon. Pour le duc de Vicence, il devenait certain que « la carte blanche » était la carte forcée — blanc seing équivoque arraché à Napoléon par son entourage VCaulaincourt devait donc se référer seulement à la dernière lettre de l'empereur : « Acceptez les conditions si elles sont acceptables. » Or, dans sa conscience de serviteur dévoué et dans son honneur de soldat pouvait-il juger acceptables ces « indécentes propositions » — le mot est de Thiers — alors même qu'il eût oublié les paroles de Napoléon : « Les chances les plus malheureuses de la guerre ne sauraient jamais faire consentir l'empereur à ratifier ce qu'il regarderait comme un déshonneur et la France comme un opprobre^ ». En ces circonstances, tout ce que pouvait faire le duc de Vicence, et il le fit, c'était, sans repousser en principe ces propositions si différentes qu'elles fussent de celles de Francfort, de demander et dans les termes lesplus modérés et avecles assurances les pluspacifiqucs,quelesplénipolentiaires voulussent bien « s'expliquer positivement sur tous les points ». Caulaincourt gagnait ainsi du tem[S pour écrire encore à l'empereur. Les plénipotentiaires déclarèrent qu'ils prenaient la réponse du duc de Vicence ad référendum ^. Inquiétés par la modération de son langage et craignant peut-être qu'il ne s'empressât de conclure, eux aussi voulaient demander de nouvelles instructions.
Caulaincourt ne pouvait, le 7 février, adhérer aux
1. Cf. sur les efforts de B&ssano et de Berthier pour faire consentir l'empereur à l'envoi de la carte blanche la Note de Bassano, citée par Ernouf^ ■. 620-622, et Fain, 93, 951