Protocole du 7 février
LE CONGRÈS DE CHATILLON. 9i
hases posées par les Alliés, sans trahir la volonté de l'empereur. S'y fût-il résigné d'ailleurs, se fûl-il offert à tout Onir séance tenante, que les plénipotentiaires n'y eussent pas consenti. Le 6 février Razumowsky avait reçu celte lettre de Nesselrode : « Sa Majesté approuve complètement la marche dilatoire que vous ave^ suivie au commencement des négociations. Elle désire que vous continuiez dans cette façon. Depuis la victoire de la Rolhière, les temporisations deviennent de plus en plus nécessaires. » Ainsi avertis, les diplomates auraient trouvé quelque échappatoire. Les termes mêmes dont ils s'étaient servis ' : « sauf des arrangements de conveyiance réciproque sur des portions de territoire au delà des lifnites de part et d'autre ' » leur fournissaient un prétexte à des discussions sans fin, au cours desquelles il leur aurait été facile d'émettre de nouvelles prétentions. Caulaincourt eût été amené à présenter des contre-propositions, et ces contre-propositions, les Alliés les eussent repoussées ou admises ad référendum. Dans l'un et dans l'autre cas, c'était l'ajournement. Bassano, tout en condamnant Caulaincourt pour n'avoir pas fait la paix le 7, a laissé échapper cette phrase : « En supposant que les Alliés voulussent faire la paix avec Napoléon. » Or, le 7 février, les Alliés ne voulaient pas faire la paix avec Napoléon. A Châtillon, le duc do Viccnce se trouvait isolé, sans conseils, souvent sans autres renseignements que de fausses nouvelles communiquées par les Alliés, qui faisaient intentionnellement subir mille retards aux cour-