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Corretpundcmce de Napoléotn

céder*, n'eut pas, au moins dans le premier moment, le mauvais effet que certains historiens y ont attribué. Tout au contraire, cette démarche faite pour intimider l'empereur d'Autriche et pour mettre ainsi ia désunion parmi les souverains, augnmenta hi trouble d'esprit où se trouvaient alors les Coalisés Mis s'empressèrent de réitérer leur demande d'armistice. Napoléon ne pouvait refuser une suspension d'armes, sous peine de démentir les assurances pacifiques de sa lettre. Le 24 février, les commissaires se réunirent à Lusigny. C'étaient pour l'armée française le général Flaliaut, pour les armées alliées les généraux Duca, Schouvalow et Rauch*.

Mieux que les diplomates des soldats pouvaient tomber d'accord. Malheureusement, Napoléon avait posé deux conditions dont l'une enlevait aux Coalisés l'avantage qu'ils cherchaient dans l'armistice et dont l'autre était inadmissible en l'état des choses. La première condition était que les pourparlers n'arrêteraient pas les hostilités ; la seconde, qu'on insérerait au protocole un préambule portant « que les plénipotentiaires étaient réunis à Châtillon pour traiter de la paix sur les bases proposées à Francfort*. » Des commissaires mihtaires n'avaient point quahté pour admettre ce préambule qui eût engagé les négociateurs de Châtillon. Ceux-ci, on l'a vu, n'avaient cessé de disconvenir des propositions de Francfort. Le

1. • ... Je propose à Votre Majesté de signer la paix sans délai sur les bases qu'elle-même a posées à Francfort, et que moi et la nation française nous avons adoptées comme notre ultimatum... Jamais je ne céderai Anvers et la Belgique. Une paix fondée sur les bases de Francfort peut seule être sincère... Si l'on ne veut poser les armes qu'aux conditions affreuses proposées au Congrès, le génie de la France et la Providence seront pour nous... » Corrttpondanee de Mavoléon, 21341.

t. Bembardi, IV, 4«7-490.

3. Schwarienberg à Berthier, Troyes, Î3 février, et Flahaut k Napoléoa Luaigny, U et 25 février. Arch. nat., AF., rv, 1669.

4. Instructions à Flahaut, Corretpondance de Napoléon, 21359.

lendemain d'ailleurs, Flahaut renonça à imposer le préambule. Mais d'autres difficultés surgirent dans la discussion des points à occuper par les armées. Des deux côtés, les prétentions étaient excessives. Ni l'un ni l'autre des belligérants ne pouvaient accepter sans être dupe la ligne de démarcation proposée par la partie adverse'. Flahaut et Duca, tous deux bien intentionnés pour la paix, déploraient la rigueur de leurs mutuelles instructions. Le général Duca suppliait le plénipotentiaire français d'obtenir des concessions de Napoléon. « — Au nom de Dieu, s'écriaitil, faites que les hostilités cessent. Facilitez-nous les moyens de faire la paix. Je vous assure que l'empereur d'Autriche et l'Angleterre la veulent honorable pour la Franco. » « — Mon général, disait-il encore, nous no sommes pas des diplomates. Nous sommes deux militaires. Je vous ai prouvé que je désire que les choses s'arrangent. Je vous assure que c'est le vœu de mon empereur. Mais nos pouvoirs ne vont pas plus loin que je ne vous l'ai dit. C'est oui ou non qu'il fau( répondre. Qu'est-ce que peut faire dans un armistice un peu de terrain de plus ou de moins?... Que votre empereuraide un peu mieux à faire cesser la guerre ' ! » Sur les lettres pressantes de Flahaut où, sans se permettre de donner aucun conseil, l'aide de camp de l'empereur laissait néanmoins voir sa pensée, Napoléon se décida à des concessions fort raisonnables'. Mais ces concessions que Flahaut ne fut autorisé à exposer que le 27 février, ne suffisaient pas. On n'aurait pu obtenir un armistice, et encore la chose est

1. La ligne de démarcation qne demandaient les commissaires alliés avait été indiquée par le ciar lui-même. Bagdanowltsch (II, 81) reconnaît que l'empereur de Russie l'avait faite à dessein inacceptable.

2. Lettres de Flahaut à Napoléon et à Berthier, Lasigny, 25, 36^ t7 et 28 février. Arch. nat., AF., !V, 1669.

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