‹ 1814Chapitre 3 sur 178 · Fain, ManuserU de 1814; Mémoire» de Ségvr, VI · texte numérisé non relu

Fain, ManuserU de 1814; Mémoire» de Ségvr, VI

S. Mollien, J/trmotrM d'un ministre du trésor publie, IV, 127. — «OnditqaatooB les moyens de succès sont du côté de l'umpereur. > (Note de police. Paria, 21 jan> vier.) — « La population manifeste une grande confiance dans l'empereur.» .Commissaire général de police de la Lozère à Rovigo, 25 janvier.)^ « L'em pereor peut compter sur la classe ouvrière. ■ (Note de police, 21 mars.) — ■ Grand enthousiasme au Havre pour les victoires de l'empereur. » (Rapport de Pasquier, 13 février.) — «La conâance dans le génie de l'empereur est sans bornes. « (Id., 5 mars.) — « Le peuple est pour l'empereur. * (Note de police, 22 janvier.) Arch. nat., F. 7, 6603; F. 7, 3043; AF., iv, 1534. Cf. Analyses du comte François sur l'esprit public dana les départements, passim, Aick. nat., F. 7, 4 291. — « Je suis forcé de dire que la majeure partie des citoyens et surtout les négociants tiennent à Bonaparte. On aura peine à le croire quand on pense que sous lui toutes les opérations commerciales ont été anéanties... mais l'amour de l'égalité l'emporie... Ils craignent de voir revenir les privilèges... ■ Rollac, la Journée du iS mort à Bordeaux. Appendice, £(fâ. — « De remonter aux causes de cette guerre, d'en maudire l'auteur, c'est ce que les paysans ne pouvaient faire. » Journal de Gain de Montagnae, 8. — « Les derniers cris que Napoléon entendit dans les provinces, ravagées par sa faute, furent des cris de dévouement. » Fabvier, Joxtma l des opérations du «• corps, 8. Cf. Mémoires de Ségw, VI, 256 etpassim; Fain, 69,134, 185 «tpassim; Mmoiru tirés des papiers (Cun homme d'État, XII, 298 ; Pougiat, Koch, etc., etc.

n'avait point perdu l'affection du peuple; si vaincu qu'il fût, il avait gardé le prestige du capitaine invincible. La paix que l'on implorait timidement de lui, on s'imaginait qu'il était le maître de la faire, que c'est lui qui l'accorderait aux alliés. S'il ne la faisait pas, cette paix tant désirée, c'est qu'il était certain de la victoire. On pensait comme ces soldats de la garnison de Dresde qui, retenus prisonniers au mépris de la capitulation, brisaient leurs armes sur les glacis en criant : « L'empereur n'est pas mort ! »

La première de ces immenses levées décrétées dans l'automne de 1813 s'opéra facilement*. L'empereur demandait 160 000 hommes des classes de 4808 à 1814. La France, épuisée, lui en donna 184 000*. La seconde levée (150000 hommes de la conscription de 1815) ne rencontra pas non plus de résistance, sauf dans quelques départements de l'ouest et du sud-ouest*. Mais

1. Correspondance des préfets relative à la conscription de 1813-1814. Arch. nat, F. 7, 3408*, 3408» et 3416». — Dans sa lettre du 15 octobre 1813, 1« préfet du Mans dit : « ... Je ne saurais taire que j'ai trouré une répugnance extrême pour le service militaire qui s'est manifestée par des doléances et des infirmités supposées. Mais la douceur et la résignation égalent l'apathie.» — La résignation, le mot est juste. C'est le sentiment qui domine dans l'ansemble des départements.

2. État des levées au 15 janvier et 31 janvier 1814. 'Arch. nat., AF., rv*, 637 et 638. — De fait, l'excédent était un déficit de 9000 hommes, puisque, en y comprenant la levée de 30000 hommes pour l'armée des Pyrénées et les 5000 conscrits demandés en plus sur le contingent de 160000 hommes, c'était en réalité 195000 hommes qui étaient appelés.

3. Correspondance des préfets relative à la conscription de 1813-1814. Arch. nat., F. 7, 3408', 3408' et 3416*. — D'après cette précieuse correspondance, il serait facile de dresser pour l'ensemble de la I<'rance un tableau figuratif de l'esprit public en 1814. D'une façon générale, on peut dire que le patriotisme, se traduisant par l'obéissance aux appels sous les drapeaux, la fidélité au gouvernement impérial et, plus tard, les prises d'armes spontanées contre l'ennemi, animait les départements qui correspondent aux anciennes provinces : Picardie, Ile-de-France, Bretagne (moins les environs de Nantes), Saintonge, Auvergne, Haut-Languedoc, Dauphiné, Lyonnais, Bourgogne, Barri, Bourbonnais, Nivernais, Touraine, Orléanais, Franche-Comté, Champagne, Alsace et Lorraine. Dans les Flandres, l'Artois, la Normandie, le Maine, l'Anjou, la Guyenne, la Gascogne (moins le département des Hautes-Pyrénées), le Bas-Languedor, la Provence (moins Marseille et Toulon), les population» étaient indifiérenta» à l'invasion e*. quelques-unes hostiles k l'empire.

cette levée, qui ne devait fournir que des hommes de dix-neuf ans, en moyenne, ne fut pas, pour ce motif, pressée avec activité. L'administration, les bureaux de recrutement, les magasins d'habillement et surtout les arsenaux ne pouvaient suffire à tant de levées à la fois. Or l'empereur préférait les conscrits de vingt-cinq ans à ceux de dix-neuf. Commencée postérieurement à ceUe des 160000 hommes, la levée de 1815 était loin d'être terminée à la fin de la guerre*.

Les difficultés surgirent avec l'appel des 300000 hommes. Lever encore 300 000 hommes sur les classes de Tan XI à 1814, c'était, comme eût dit Vauban, « tirer plusieurs moutures d'un même sac ». Les hommes des classes de Tan XI à 1807 allaient satisfaire à la conscription pour la seconde fois ; ceux des classes 1808, 1813 et 1814, pour la troisième fois; ceux des classes de 1809 à 1812, pour la quatrième fois ! Outre les 150000 hommes de la levée normale, on exigeait de la classe de 1809 et de chacune des trois suivantes le quart de la levée extraordinaire du 11 janvier 1813, soit 25000 hommes; le septième de la levée extraordinaire du 9 octobre 1813, soit 38 000 hommes; le treizième de la levée extraordinaire du 1 5 novembre 1813, soit 24 000 hommes; — en tout : 237 000 hom-

1. L'Aisne envoyait soq contingent ou partie de son contingent (595 hommes] le 20 janvier; Seine-et-Marne (2000 hommes au lieu de 1533 demandés), le 5 février; le Var (1 140 hommes au lieu de 680), le 25 février; la Charente- Inférieure (12W hommes au lieu de 1472), le 21 mars; le Tarn (566 hommes an lieu de 980). le 28 mars, etc. Correspondance des préfets. Arch. nat., F. 7, 340S*, 3408», 341G», et Rapports de police, F. 7, 3043 et 3737.

Nous n'avons point trouvé aux Archives de la guerre ni aux Archives nationales le relevé de l'ensemble des contingents fournis par la levée de 1R15. qui tut arrêtée dès le !•' avril 1814. Mais d'après un rapport du maréchal Uavout (alors ministre de la gt?erre) A l'empereur, en date du 15 mai 1815 (Archives nationales AF. IV, 1534), nous savons que cette levée ne donna en tout que 48 000 hommes. Ainsi, d'une façon générale, on peut dire que, sauf uue vingtaine de mille hommes incorporés dans la jeune garda en février et •n mars, la levée de 1815 ne contribua cas à la défena*.

tO 1814.

mes. C'était l'entier épuisement d'une génération*. Les levées précédentes avaient successivement enlevé les célibataires, puis les veufs sans enfants; pour la levée des 300 000 hommes, on dut prendre les soutiens de famille et même un certain nombre d'hommes mariés. Les opérations marchèrent lentement et mal. Les listes étaient vicieuses. On y portait des individus déjà enrôlés comme conscrits des levées antérieures, comme remplaçants ou comme chasseurs et grenadiers des cohortes de w garde nationale. Les forêts s'emplirent de réfractaires. Dans certains chefs-lieux de canton, le quart seulement des appelés se présenta aux mairies*. Aussi, tandis que la levée des 160000 hommes donnait au 31 janvier un excédent de 24 000 hommes, la levée des 300000 hommes donnait à cette même date un déficit de 237 000 hommes. Jusqu'alors, 63000 conscrits seulement avaient pu être mis en route '.

Plus impopulaire et plus difficile encore fut l'organisation des légions de gardes départementales, destinées à former des armées de réserve. Cette conscription déguisée, car, une fois embrigadées, les gardes nationales n'étaient plus distinguées de l'armée active*,

1. Dans la pratique, et autant que le temps et les circonstances le permirent, les préfets s'efforcèrent d'équilibrer les charges entre les différentes classes. Ainsi, on ne prit les veufs sans enfants et les hommes mariés dans les classes 1809 à 1812, les plus éprouvées, que lorsqu'on eut pris tous' les célibataires dans les classes antérieures et postérieures. Correspondance des préfets. Arch. nat., F. 7, 3408*, etc.

2. Correspondance des préfets relative à la conscription de 1813-1814. Àrch. nat., F. 7, 3 408', 3408^ et 3416*.

3. État de la levée des 300000 hommes au 31 janvier. Arch. nat., AF., vr*, 639. — Comme pour la levée de 1815, d'ailleurs, les opérations continuèrent les deux mois suivants. 11 faut remarquer aussi que, de même que la levée des 160000 hommes donnait non pas un excédent de 24000, mais un déficit de 9000 hommes, puisque de fait 195000 hommes étaient appelés au lieu de 160000, de même la levée des 300000 hommes donnait seulement un déficitde 116000 hommes, puisque, en réalité, 178000 hommes étaient immôdiatemeQt appelés au lieu de 300 QOO.

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