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Journal de la diyision Levjil. Arch. de la guerre

LE COMBAT DE BAR-SDR-AUBK. H7

fût ramenée sur la gauche par les Cosaques du comte Pahlen. Il était plus de dix heures quand cet engagement eut lieu. Oudinot se décidant enfin à donnei des ordres, la division Levai se mit en marche pour Vernonfays, position dominante qu'elle aurait dû occuper dès la veille. Ces beaux régiments gravissent les premières hauteurs et culbutent les têtes de colonnes russes qui déjà s'avançaient sur le plateau; mais l'infanterie ennemie, dégagée par des charges de cuirassiers, se reforme en arrière, et bientôt quarante-huit pièces de canon ouvrent le feu contre les Français. Levai n'a pas une seule pièce pour riposter I Trois fois les vétérans d'Espagne abordent les masses russes et les font reculer; trois fois, fauchés par la mitraille, ils abandonnent le terrain conquis*. Le roi de Prusse, impassible au milieu du feu et répondant à Schwarzenberg qui le conjurait de s'éloigner : « Où est votre place, mon cher maréchal, là est aussi la mienne », ne pouvait s'empêcher d'admirer les élans héroïques des soldats de Levai. « — Ces charges, disait-il, sont parmi les plus beaux faits d'armes dont j'aie été témoin *. »

Oudinot cependant hésitait entre une attaque générale qui eût été téméraire et une retraite qui eût été périlleuse. Il laissait sans ordres les troupes aux prises avec l'ennemi, et n'osait pas les faire soutenir, de peur d'engager tout son monde inutilement et de compromettre sa retraite. C'est ainsi que la division Rothembourg demeura l'arme au pied, que la division Pacthod resta sur la rive gauche de l'Aube et que la cavalerie de Kellermann, qui avait passé la

1. Rapport d'Oadinot k Berthier, 97 féTrier. Arch. n«t, AF., ir, 1689;

Journal de la division L«val. Arch. de la ^orre ; Plotho, HI, 238-240.

2. Dépositioaa d'ofûciers prisonniers, citées dans le joamal de la divisiou L«Tal. Arch. de la guerr». Cf. Bogdasowiuch, I, 282.

rivière sans ordres, marchant au canon, et qui vint charger trois fois les batteries russes do Vernonfays, ne fut pas reafoxcée par les deux mille cinq cents chevaux do Saint-Germain, iramobili&és à trois kilomètres du champ de bataille. C'est ainsi enfin que toute l'artillerie du 7' corps fut laissée à Magnyle-Fouchard. Oudinot se contenta de demander du canon à Gérard. Celui-ci, qui défendait Bar contre les Bavarois du général do Wrède, envoya une batterie. Mais que pouvaient six malheureuses pièces contre la formidable artillerie russe? Leur feu fut éteint en quelques instants*.

Vers quatre heures de l'après-midi, Oudinot voyant son centre s'épuiser contre un ennemi à qui des renforts arrivaient sans cesse, sa droite vivement pressée, sa gauche très menacée par un mouvement tournant do la cavalerie de Pahlen, se décida à donner l'ordre de la retraite. Les troupes se retirèrent à petits pas, de position en position, traversant l'Aube sur le pont de Dolâncourt et sur le pont de Bar, ville que le général Gérard évacua dans la soirée. Le lendemain, les deux corps se concentrèrent entre Magnyle-Fouchard et Vendeuvre, ayant perdu 2 500 hommes des meilleures troupes que, sauf la division de vieille garde de Priant, l'empereur eût alors à opposer à l'ennemi. Les Alliés eurent à peine 2000 tués ou blessés^.

1. Rapport d'Oudinot à Berthier, 27 février. Arch. nat, AF., rv, 1669; Journal de la division Levai. Arch. de la guerre.

2. Rapport d'Oudinot à Berihier, 27 fë%'rier. Arch. nat., AF., iv, 1669. Journal de la divJâioa Levai ; Rapport de Macdouald à l'empereur, Chaire, 4 mars. Arch. de la guerre. Bogdanowitsch, I, 285.

Oudinot, dans son rapport, n"avoue que 1200 hommes hors de combat; mais le soir d'une action on n'est pas exactement renseigné sur les pertes et l'on cherche souvent à les atténuer. La général Maulmont, auteur da Journal de la division Levai, porte les tués, blessés et disparus à 3 500. Ce chid're, qui parait fort exagéré, ne s'accorde pas avec les situations. Eu comparant les états du 27 février et du 5 mars, nous ce trouvons pour les troia

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