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Journal do Langeron. Arch. de Saint-Pétersbourg

3. Journal de la division Roussel. Roussel à Grouchy et Grouchy à Roussel,

4 mars. Arch. de la guerre.

4. Correspondance de Napoléon, SI 427, 21 430. Registre de Berthier (ordret du i. mars). Arch. de la guerre.

5. Journal de Langeron. Archives topographiques de Saint-Pétersbourg. Journal de la division Roussel. R«ussel à Grouchy, et Grouchy k Roussel, 4 mars et 5 mars. Archives de la guerre.

est manifeste que Miiffling est mal fondé à dire que l'armco de Silésie eût passé l'Aisne à Bcrry-au-Bac sans rencontrer les Français*.

Le général Moreau ne mérite pas le nom de traître, mais l'insigne faiblesse qu'il montra dans son commandement eut les consé(jiicnces d'une trahison. « En épuisant tous les moyens de défense, »

inmele lui prescrivaient les règlements, Moreau eût pu tenir un jour de plus. Saint-llillier, commandant le génie de la place, l'avait dit au conseil de défense, et la commission d'enquête en jugea de même*. La résistance prolongée de vingt-quatre heures, une rencontre entre Blûcher et Napoléon devenait inévitable. Il est prouvé, en eiïet, par la lettre do Winzingerode à Blùcher, datée du 3 mars, 5 heures du matin, que si la place no capitulait pas ce jour-là, on levait le siège aussitôt*. En admettant même que Biilow et Winzin-

1. Mûffling, il est vrai, n'est pas si sûr de son affirmation qu'il ne s'empressa de répondre par avance à ceux qui la mettraient en doute. « Au cas, dit-il, où BIQcher n'aurait pu éviter le combat, il aurait en le temps de preudre une formation de combat sur le plateau de Fismes. derrière la Vesle, position à peu près inabordable de front. > C'est là en etTet le plus sage parti auquel aurait pu s'arrêter Blûcber. Mais d'une part Miâffling s'abuse en considérant le plateau de Fisraes, qui a 40 kilomètres d'étendue, comme déliant les attaques de front. D'autre part Napoléon, dont les têtes de colounes étaient arrivées le 4 sur ce plateau, dans l'après-midi, c'est-à-dire au moment même où j fût arrivée l'avant-garde de l'armée de Silésie, n'eût pas eu, par conséquent, à aborder cette position. Il se fût trouvé maître sans combat de la partie orientale du plateau, comme Blùcher était maitre de la partie occidentale. Le 4 mars, ▼raisemblahlement, les têtes de colonnes seules auraient été engagées. C'est le lendemain 5 mars que l'on aurait livré la bataille.

Blùcher, attaqué de front par Napoléon et à revers par Marmont et Mortier qui talonnaient l'arrière-garde ennemie, eût combattu contre 50000 Français avec 60000 Russes et Prussiens, en admettant que Winsingerode eût fait passer l'Aisne à son infanterie, comme il en await l'intention ^Winzingerode à Blùcher, devant Soissons, 3 mars, 5 heures du matin, cit. par Damits, II, 593), le matin du 3. Si donc l'on considère la supériorité numérique, mais aussi la coq. fusion, le decourajcement, l'extrême fatigue de l'armée de Blùcher et si l'on tient compte du g^ie tactique de l'empereur, de l'élan et de la téuaciié de ses troupes, tout porte j penser que cette bataille eût eu pour issue non point certaine mais probable la victoire de Napoléon.

î. Rapport du conseil d'enquête. 24 mars. Arch. de la guerre.

3. Lettre de Winzingerode à Blùcher, 3 mars, cit. par Damits, H, aa- ■•xes, 593. Cf. Mufaiug, Au* meinem Leben, 125.

gerode, se ravisant, fussent restés devant Soissons et qu'un assaut donné le 4 dans la matinée les en eût rendus maîtres, l'armée de Silésie aurait dû néanmoms livrer bataille. Bûlow n'aurait pu écrire le 3 à Bliicher que le pont de Soissons était libre. Conséquemment, Bliicher se serait mis en marche sur Fismes et Berryau-Bac, et c'est le 4, entre Braisne et Fismes qu'il aurait reçu la nouvelle de la prise de Soissons. Il est peu probable que Bliicher, déjà averti par ses éclaireurs de l'approche de Napoléon, eût alors fait rebrousser chemin à toute son armée, contremarche qui ne se fût pas opérée sans confusion et sans grande perte de temps et qui eût présenté de graves périls en raison d'une attaque imminente des Français. Bien plutôt, Bliicher eût refoulé l'avant-garde impériale sur le plateau de Fismes et en eût au plus vite occupé la partie occidentale. Ainsi, une action terrible et décisive se fût engagée le 5 mars sur le plateau de Fismes, et, selon les probabilités, c'est Napoléon qui eût gagné cette bataille.

Le bailli de Sufîren disait qu'il faut toujours tirer son dernier coup de canon, car celui-là peut tuer l'ennemi. Le dernier coup de canon de Moreau, tiré le 4 mars au matin, des remparts croulants de Soissons. aurait peut-être « tué l'ennemi ».

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