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Muffling, Atts meinem Leben

2. Lettre de Winzingcrode a. Alexandre, 8 mars, citée par Bogdanowtisob, i, 319. Cf. Varnbagen, 111, 349.

%. Miiftiing, 132; Bogdanowiuch, I, 319, 323.

qui le fit aussitôt communiquer à WoronzofF snr le champ de bataille. Woroazoff commença par répondre que puisqu'il avait déjà tenu cinq heures, il pourrai'; bien tenir jusqu'à la nuit», celte prolongation dft résistance devant lui coûter moins de monde qu'une retraite sans cavalerie, en terrain découvert. Sacken renouvela impérativement à Woronzofî l'ordre de se replier, ajou tantqu'il mettait en mouvement les quatre mille deux cents chevaux de son corps d'armée pour soutenir la retraite de l'infanterie*.

Les Français, maîtres des crêtes orientales et s'étendant en travers du plateau, s'étaient formés en ligne parallèlement à l'ennemi. Les Russes commençaient à lâcher pied, ébranlés de front par le feu de l'artillerie, débordés sur leur droite par la cavalerie de la garde, dont l'empereur venait de confier le commandement à Taide-major général Dclliard, inquiétés sur leur gauche par les vétérans d'Espagne de la brigade Pierre Boyer qui attaquaient vigoureusement le village et les hauteurs d'Aillés. Que WoronzofT le voulût ou non, il lui fallait battre en retraite. Dans les premiers moments cette retraite fut admirable. Les Russes, enlevant leurs pièces démontées et un certain nombre de leurs blessés, se retirèrent pas à pas, avec un calme imposant, par bataillons carrés en échiquier'. Les régiments Navaginsk et Tula ne cédèrent le terrain que sur des ordres réitérés. Le général-major Ponset, qui commandait cette brigade, n'étiiit point encore guéri d'une blessure reçue à Leipzig; il se tenait la béquille à la main devant ses troupes el allait

1. C'était là une prétention fort dîscntable. Kn ontre, WoroazodT n'avait pas encore tenu cinq heures puisque i'aitaquo de l'iiilanteri«« de Nej, lapro- Biere engagée, avait commencé à 10 heures et demie seulement.

2. Rapport de Worouzoff. Arch. de Saint-Pétersbourg, n* 47 535.

3. Rapport de Woronzotf ; Relation de Coibert; Relation de Belliard ; JoanuU *• Boyer de Rebeval. Ardu de U guerre.

grommelant : « — Je mourrai ici, mais je ne reculerai point d'un pas. » Le {général Wuilzch, commandant le premier corps de bataille, vil que l'ordre qu'il avait donné tardait à s'exécMlcr; il galopa vers Ponset qui répéta : « — Je mourrai ici, mais je ne reculerai point. » Wuitzch piqué répondit avec le plus grand sa^ng-froid : « — Si Votre Excellence veut mourir ici, je n'ai rien à y voir; mais quant à la brigade je lui ordonne do se mettre en retraite *. » Sur un autre point de la ligne, le régiment Schirwan se tenait immobile sous le feu d'une des batteries de Drouot. Les deux frères Sellenick, tous deux capitaines au régiment, demandèrent au général Laptew l'autorisation de charger cette batterie. « — Avec l'aide de Dieu! » répond Laptew, et lui-même marche en tête. Atteint d'un biscaïen, il roule à bas de cheval; le colonel tombe aussi ; les deux Sellenick sont tués à cinquante mètres des pièces. Los soldats hésitent, s'arrêtent, reculent. Mais leur contre-attaque le» a mis en Tair. Ils sont chargés, entourés par plusieurs escadrons, et les cartouches leur manquent. Ces braves se frayent passage à la baïonnette et emportant leurs blessés et les cadavres des deux frères, ils parviennent à rejoindre le gros des troupes russes*.

A mesure que s'accentuait la retraite de l'ennemi, à mesure les attaques des Français devenaient plus vives et plus menaçantes. Pour no pas être débordé par la cavalerie, Woronzoiï dut précipiter son mouvement de façon à atteindre une émincnce située devant Cerny, à deux kilomètres et demi de son premier front de défense. Là, il prit une nouvelle position, remît vingt-quatre pièces en batterie et arrêta quelque temps la marche de l'année impé-

1. Journal du colonel Majewskj, cité par Bogdanowitsch, I, 3tS. t. Journal du colonel Majewskjr.

M BATAILLE DE CRAONNE. iM

vTiale *. Bien qu'à cet endroit le plateau se resserre, les Russf s prêtaient néanmoins le Ûanc «Iroit à la cavalerie de la garde que ne pouvaient contenir les faibles escadrons de beckendoriï, hussards Paulowgrad et Cosaques réguliers. WasililschikofT, avec les quatre mille chevaux du corps de Sacken, déboucha fort à propos pourdégagerl'aile droite de Woronzoff par ses charges multipliées — certains régiments chargèrent jusqu'à huit fois de suite. Grâce à cotte diversion, l'infanterie russe put reprendre sa marche rétrograde sans être entamée. Mais elle tenta en vain de faire une nouvelle halte à la hauteur de Cerny. Belliard refoula sur ses carrésles cavaliers doWasilitschikoff. Sacken empêcha la déroute en faisant établir une batterie de trente-six pièces à quinze cents mètres de Cerny, au lieu dit le Grand Tilliolet. Les troupes de Woronzolf défilèrent à droite et à gauche de la batterie qui ouvrit le feu dès qu'elles curent passé. La cavalerie de la garde s'arrêta ; mais en moins d'une demi-heure les pièces russes contre-battues par la formidable artillerie de Drouot cessèrent de tirer. L'armée française se reporta en avant. Tandis que le gros des troupes de WoronzolT continuait sa retraite par la route des Dames, quelques bataillons s'étaient retirés par un chemin creux qui descend dans la vallée de l'Ailetlo. Le général Charpentier fit braquer sur ce point quatre canons dont les boulets décimèrent les Russes, les prenant d'écharpe dans cet entonnoir. En même temps, une division de Ney, descendue dans la vallée, cherchait à les tourner. Ils furent sauvés grâce au général Langeron qui posté à Trucy protégea leur passage par

1. Pendamt cette halte, un bataillon rendit les honneurs fnnèbres aa fils dti générai Sirogonow, tué à dix-sept ans d'un boulet de caooa. Il fut enterré sur le champ de bataille. Peu de mois après le père mourat de chagrin. Rapport de Woronxoff «t Mémoires de Langeron.

une forte canonnade. Sur le plateau, les Français menèrent l'ennemi battant jusqu'à la grande route de Paris à Laon\ La nuit interrompit cette poursuite de quinze kilomètres.

Ainsi finit la bataille de Craonne, si acharnée et si meurtrière, où certaines positions ne furent conquises qu'après six assauts, où l'on ne prit ni un canon ni un homme et où le quart des combattants resta sur le carreau. Cinq mille soldats tombèrent du côté des Russes % cinq mille quatre cents du côté des Français '. L'armée française eut neuf officiers généraux blessés : Victor, Grouchy, Boyer de Rebeval, La Ferricre, Sparre, Rosier, Gambronne, Bigarré et Le Capitaine*.

1. Relation de Colbort; Relation de Belliard; Journal de Boyer de Rebeval. Arch. de la guerre. Rapport de WoronzoïT. Arch. topographiques de Saint-Pétersbourg, 47â;>5. Ney à Berthier, Froidmont, 9 heures du soir. Arch. nat., AF. rv, 1670. Cf. Registre de Berthier (lettres et ordres des 7 et 8 mars). Arch. de la guerre.

La nuit, l'arrière-garde russe : hussards Paulowgrad, Cosaques, et 13« et 14* chasseurs à pied, s'établit antre l'Ange-Gardien et Chavignon, à portée de carabine de.» avant-postes français. La cavalerie de la garde prit position en première ligne entre Jouy et Chavignon; l'infanterie en seconde ligne; la vieille garde en troisième ligne, à Brave, où coucha l'empereur.

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