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tués et plus de 3000 blessés. Rapport de WoronzotT

3. Suivant la relation de Belliard (Arrh. de la guerre), qui a été suivie par presque tous les historiens, nos pertes se seraient élevées à prps de 8000 hommes. 11 y a là une exagération d'un tiers. D'après les états de situadons des 8 et 9 mars (Arch. nat., AF. iv, 1670), la division Boyer de Rebeval, qui fut la plus exposée, perdit 16t5 hommes, et une des divisions de la cavalerie de la garde perdit 70 hommes. Si l'on compte que le corps de Ney (brigade Pierre Bnyer et divisions Meunier et Curial) qui présentait un efifectif à peu près égal à celui de la division Rebeval et qui fut comme elle très longtemps et très vivement ongagé, eut le môme nombre d'hommes hors de combat, si l'on compte également 1600 tués ou blessés pour la division Charpentier. 70 po.ir chacune des autres divisions de cavalerie et pour la brigade des dragons de Sparre, 200 pour l'artillerie et pour la première brigade (Pelet), de la vieille garde, laquelle resta en réserve, on aura un total approximatif de 5 400. Larrey, dans son Registre de correspondance k la date du 9 mars n'accuse que 1000 à 1200 blessés entrés aux ambulances. Il dut être imparfaitement renseigné, et d'ail'eurs. nous dit Boyer de Rwl-'Cvai, nombre de blessés furent emportés chez des paysans qui venaient les ramasser sous le feu de l'enuenii.

4. Ces deux derniers furent légèrement atteints; tous les antres durent quitter leur commandement. La Ferrière et Rosier furent amputés sur 1« champ de bataille. Registre de J>4rrey et Journal de Boyer de Rebev&L

A lire la Correspondance de Napoléon et le Moniteur, la bataille de Craonne fut une victoire presque iécisive, où les Français batMrenl toute l'armée russe, Qrent deux mille prisonnijrs, prirent des canons et infligèrent des pertes énormes à l'ennemi, tout en n'ayant eux-mêmes que sept à huit cents hommes hors de combat*. La plupart des historiens français, Thiers entre autres, nous montrent aussi Napoléon enlevant lavec trente mille hommes une position formidable jaux cinquante mille soldats de Woronzoff", de Sacken let de Langeron. Si nous écoutons les historiens russes et allemands, tout change. La bataille n'est plus qu'une affaire d'arrière-garde oii WoronzofT, luttant avec quinze mille hommes seulement contre le double de Français, n'abandonna sa position que sur l'ordre exprès de Bliicher; autrement, jamais Napoléon ne se fût emparé du plateau. La journée du 7 mars 1814 est des plus glorieuses pour les armes russes. « Ce combat est un éclatant triomphe '. »

Ce motd'éclatanl triomphe, uglanzendenTmimph»^ fait sourire. La défense tenace d'un défilé, suivie d'une belle retraite, peut être considérée comme très honorable ; mais céder une position formidable à un adversaire égal en nombre, et se faire ensuite mener battant pendant plus de trois lieues; cela, cependant, ne s'appelle pas triompher! Les défenseurs de Craonne; disent encore les Russes, n'étaient aue quinze mille, et les assaillants étaient trente mille. Etrange faconde compter ! La vérité, c'est que Napoléon engagea vingtdeux mille quatre cents hommes contre les vingt-deux mille cinq cents soldats de Woronzoff et de Sacken'.

1. Correspondance de NapoUon, 21454, 314S5, 31456. Moniteur ^*a 10 et 12 mars.

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