Bojrdanowitsch, L 329. Cf. 3?3; et danse vitz
3. Wurouzo.i" avait S'^ns ses ordres iinmeiliau 16300 fantJU>sins et 2000 c»r&.iers (Rapport de WoroDSoif. Cf. Tableau de la compowioa de l'armo*
Ainsi on combattit à forces égales, et non point, comme on le croit en France, deux Français contre trois Russes, ni comme on l'a écrit en Russie, un Russe contre deux Français.
Quand Woronzoiï reçut l'ordre do battre cl retraite, il n'avait encore cédé que peu de terrain. Par cela môme, le général russe se crut autorisé à dire qu'il se retirait parce que ses instructions l'y obligeaient et non point parce que les Français l'y contraignaient*. Or, à se rappeler les différentes péripéties de la ba-
du Nord. Arch. de Saint-Pétersbourg, n» 22854). A ces 18300 hommes, il convient d'ajouter les 4 200 chevaux du corps de Sacken qui, ainsi quon l'a vu, prirent une part bien nécessaire à l'action. Total : 22 500 Russes. Pour les 9000 fantassins de Sacken qui restèrent en extrême réserve, il n'j' a pas à les compter, pas plus d'ailleurs que nous ne comptons les troupes françaises qui demeurèrent loin du champ de bataille.
Voici maintenant le tableau des troupes françaises engagées : corps de Nej' (divisions Meunier et Cariai, et brigade P. Boyer) : 4000 hommes; corps de Victor (divisions Boyer de Rebeval et Charpentier), réduit de plus d'un quart par suite des détachements laissés en arrière, des fatigues et des maladies : 8 SOU; cavalerie de la garde (y compris 500 Polonais de Pacz) : 4 6u0 ; la brigade de dragons de Sparre : 1000; la première brigade de la vieille garde: 3000; artillerie de réserve : 1000. Total : 22400 hommes.
Rapport de Drouot à Napoléon, Fismes, 5 mars; Musée des Archives; Situations et notes des 8 et 9 mars; Ney à Berthier, 7 mars- 7 heures du soir. Arch. nat., AF. iv, 1670; Situation de la cavalerie au 2 mars et Journal de la division Bo3er de Rebeval. Arch. de la guerre. — Encore comptonsnous largement, car la brigade Pelet (chasseurs de la vieille garde) formant la première réserve fut à peine engagée. Quant k la 1" brigade de la vieille garde et aux trois divisions de Mortier, c'est à peine si elles avaient dépassé Hurtebise quand déjà l'ennemi était refoulé au delà de Cerny. Pour la deuxième brigade de dragons de Roussel, elle observait la route de Laon en avant de Corbeny.
1. Selon les Russes, leur retraite se serait changée, comme à Kunersdorf, en une magnifique victoire. C'est aisé à dire. La situation était loin d'être la même. Quand le 12 aoiit 1759, vers 5 heures du soir, Frédéric envoya à Berlin des courriers annonçant sa victoire, il n'avait même plus deux bataillons en réserve, toutes ses troupes avaient donné et étaient exténuées de fatigue. S'il avait culbuté l'aile gauche de l'ennemi et fait fléchir son centre, la droite des Russes était intacte, protégée par l'Oder et des marais infranchissables.
A Craonne, l'armée française n'avait, il est vrai, forcé ni la gauche, ni le centre, mais elle avait fait le plus difficile en s'établissant sur le plateau face à l'ennemi. Celui-ci ne pouvait plus trouver de position avec obstacles naturels. Il devait accepter la bataille en terrain plat. De plus, nos troupes qu'appuyait une puissante réserve n'étaient point fatiguées. Ce n'est pas le fait de troupes épuisées que de poursuivre l'ennemi pendant quatre lieuea et de ne s'arrêter de combattre qu'à la nuit.
LA BATAILLE DE CRAONNE. ISi
le, il n'est pas douteux que si la retraite n'avait pas proscrite, elle aurait été imposée. Entre deux :res et deux heures et demie, Woronzoiï, iiésitant btempérer aux ordres de Sacken, n'avai* encore marqué à ses troupes aucun mouvement de retraite, que déjà ;elles-ci commençaient à fléchir. L'attaque des Français, jusque-là précipitée et décousue, prenait de l'ensemhle. L'empereur lançait contre Tennemi dix mille hommes de troupes fraîches et le mitraillait avec soixante-douze canons. Les fantassins de Ney, de Boyer de Rebeval, de Charpentier, les cavaliers de Nansouty, de Colbert, de La Perrière, ayant franchi le défilé ou escaladé les rampes, se déployaient face aux Russes. La vieille garde approchait, prête à donner. Woronzoiï disait que, puisqu'il avait déjà tenu cinq heures, il pourrait bien tenir jusqu'à la nuit. Woronzoiïoubliait qu'il avait résisté avec tout son monde contre six mille, puis contre dix mille assaillants, que dix mille hommes de renforts étaient arrivés aux Français, qu'ils occupaient le plateau et qu'à la défense d'une position presque inaccessible allait succéder une bataille rangée en terrain découvert. Que la résistance des Russes eût été des plus tenaces s'ils n'avaient pas reçu l'ordre do se retirer, cela est certain ; que leur retraite eût été retardée de deux heures, cela est possible. Mais au moment où l'armée française se forma en ligne sur le plateau, elle avait virtuellement gagné la bataille.
A la fin de l'empire, on disait souvent : lîienteur comme un bulletin de bataille. On n'aurait pas accusé la vanité de Napoléon si l'on avait pu pénétrer sa pensée. Après les glorieuses journées de Montmirail et de "Vauchamps, il écrivait au duc de Rovigo : « Il faut, en vérité, que vous ayez perdu la tête à Paris pour dire que nous étions un contre trois, lorsque, moi, je dis partout que j'ai trois cent mille hommes, lorsque l'ennemi le croit et qu'il faut le dire jusqu'à satiété. Voilà comme, à coups de plume, vous détruisez tout le bien qui résulte de la victoire. Vous devriez savoir qu'il n'est pas question ici d'une vaine gloriole etqu'un des premiers principes de la guerre est d'exagérer ses forces. Mais comment faire comprendre cela à des poètes qui ne cherchent qu'à me flatter et à flatter l'amour-propre national ' ? » Aussi, quand le lendemain de la bataille de Craonne, Napoléon ordonnait de faire imprimer et afficher partout qu'il avait battu
1. Correspondance de Napoléon, 21 316 (château de Surville, 19 février). — Le 24 février, l'empereur écrivait aussi au roi Joseph [Correspondance, 21360) : « Il y a peu de jours, les alliés croyaient que je u'avaib pas d'armée; aujourd'hui il n'est rien où tt^ur iinaginatioa s'arréie. Trois ou quatre ceut mille hommes ne leur sufdseut pas. Ils disent que l'armée française est meilleure que jamais... Il est aécessaiie que les journaux de Paris soient dans le sens de leurs craintes. Les journaux ne sont pas l'histoire, pas plus que les billetius ne «ont l'histoire... «
•< ce qui restait de l'arméo russe' », ce n'était pas pour s'enorgueillir; c'était pour relever l'opinion, c'était pour imposer à Schwarzenberg, qui se trouvait sans communications avec Bliicher. Mais Napoléon ne s'abusait pas. Son coup d'œil militaire lui avait montré qu'une seule fraction do l'armée coalisée avait combattu à Craonne. Il était donc porté à croire, et il crut en effet, que la tenace défense de cette position dissimulait ou une retraite de Bliicher sur Avesnes ou un nouveau mouvement du feld-maréchal vers Paris par Laon, La Fère et la rive droite de l'Oise*. Déjà l'abandon sans combat de la ligne de l'Aisne avait fait penser à l'empereur que Bliicher cherchait à se dérober *. Dans ces deux h}^othèses : la retraite vers le nord et le mouvement sur Paris, Laon indiqué aux différents corps d'armée comme point de concentration plutôt que comme position de défense ne serait vraisemblablement occupé que par une arrière-garde. On pourrait s'emparer de la ville peut-être par un hurrah, en tout cas par un assaut ^.
1. Corretpondance, 21455. Cf. 21454. 21456, ei Moniteur du 12 mars.
2. ■ Napoléon devait inférer du petit nombre des troupes engagées à CraonnA que l'ennemi était engagé dans un mouvement décousu. > Koch, I, 403. Vaudincourt (II, 61) dit aussi : « Il se présentait trois partis à BlQcher : 1* manœuvrer sur la ligne d'opérations du nord ; 2* prodter de la position de La Kère pour s'approcher de Paris dans La direction de l'Oise ; 3* combattre à Laon. Il ne parait pas que Napoléon ait admis cette troisième hypothèse. »
3. Correspondance de Napoléon, 21453, et Registre de Berthier (à Macdooald, 6 mars ; à Ney, 7 mars). Arcb. de la guerre.
4. Cf. Correspondance de Napoléon, 21457, et les lettres bien significatives de Berthier à Marmont, Chavignon, 9 mars, 7 heures du matin et midi. Registre de Berthier. Arch. de la guerre.
Marmont n'a nullement tenu compte dans ses Mémoire* des considérations qui engagèrent l'empereur à se porter sur Laon. Il juge le mouvement par •es seuls résultats et dit (VI, 208-210) : . ... Une pareille opération est dif. ficile à comprendre. Elle peut être l'objet de la critique la plus fondée... Attaquer Blûcher dans ces conditions était folie... Napoléon était entrain* par une passion aveugle et s'abandoowait à des mouvements irréfléchis. ■ — On sait de reste que, selon le duc de Raguse, les belles manœuvres dé la campagne de France sont dues à Marmont et les faux mouvements, let retards, les desastres sont imputables à JiiApoléon. Napoléon ne faisait plua que des aottlses.
L'empereur n'espérait plus, comme huit jours auparavant, « exterminer l'armée de Silésie ». Les perles énormes qu'avait coûtées aux Français la journée de Craonne, oii ils avaient combattu seulement contre une partie des troupes alliées, témoignaient trop que l'on u'aurait pas si bon marché de l'armée entière, reposée et renforcée. Si l'empereur réussissait k s'emparer de Laon, à infliger une nouvelle défaite à Tarrière-garde ennemie et à rejeter Blûcher sur ses lignes de communications, ce serait déjà un résultat satisfaisant, car on aurait dégagé Paris, mis les Prussiens en retraite, terrorisé les Coalisés. Napoléon, alors, manœuvrerait de façon à rallier à lui les garnisons des places du nord-est pour se rabattre sur le tlanc droit de la grande armée, tandis qu'Augereau l'attaquerait sur le flanc gauche par Bourg et Vesoul*.
Deux routes s'ofi'raient à l'empereur pour se porter sur Laon : la route de Soissons qui passe à Chavignon et débouche au sud-ouest de Laon; la route de Reims qui passe à Corbény et débouche au nord-est. Le soir de la bataille de Craonne, l'empereur se trouvait engagé sur la première route avec la plus grande partie de son armée; le corps de Alarment se trouvait sur la seconde. Rappeler ce corps et suivre avec toutes ses forces la route de Soissons, c'était laisser l'arrièrc-garde russe libre de se retirer sans combat vers Avesnes. L'empereur se décida à défiler en deux co-
1, Cf. Correspondance de Napoléon. 21448, 21449, 21450, 21452. 21457, 21458. Registre de Berihier (à Macdonald, 6 mars). Arch. de la guerre.
Dès le 1" mars le ministre de la guerre, suivant les instructions de l'empereur, avait envoyé par duplicata et triplicata aux généraux Maison (entra Lille et Bruxelles), Morand (h Mayence), Broussier {à Strasbourg), Durutte (à Metz), Janssens (à Mèzières), Merle (à Maestricht), etc., et jusqu'à Davoust (à Hambourg) et à Lemarois (k Magdebourg) l'ordre de distraire des troupe» des garnisons pour tomber sur les derrières do reonemi. Correspondance CUrke, du 1" au 15 mcirs. Arch. de la guerra.
oimes par les deux routes. La manœuvre était périlleuse, car elle manquait à ce principe do stratégie que Ton ne doit pas tenter une concentration sur un inl où Ton peut être devancé par l'ennemi. Mais marche en deux colonnes avait l'avantage d'être us commode et plus rapide. D'ailleurs Napoléon ne croyait pas que Bliicher l'attendît en forces à Laon.
Les ordres furent donnés le 8 mars dans la matinée. Marmont encore à Berry-au-Bac, où il était arrivé de Boissons par Braisne, dans la matinée du 7, eut le commandement de la colonne de droite, composée du 6'' corps, du 1" corps de cavalerie et de la division Arriglîi', et présentant un effectif de neuf mille cinq cents hommes à peu près*. Les dragons de Roussel et toute la garde, qu'avait ralliée Mortier avec ses trois divisions, formèrent la colonne de gauche commandée par l'empereur. Ces troupes s'élevaient à vingt-sept mille hommes environ'. La cavalerie de Colbert qui marchait en tête chassa l'arrière-garde ennemie jusqu'à Etouvelles, dont le défilé était occupé par Czernischeff avec quatre régiments d'infanterie et une batterie de douze pièces. Une première volée de mitraille arrêta les éclaireurs et les che-
1. Registre de Bcrtbier (à Marraont, 8 mars, Braye, 10 heures et II heures du matin). Arch. de la guerre. Marraont k Berthier, Berry-au-Bac, 8 mars, 7 heures du soir. Arch. nat., AF. iv, 1670.
2. D'après la situation du 6* corps d'armée, du 28 février les troupes da Marmont se montaient à 6088 hommes, plus 541 artilleurs. Il perdit un millier d'hommes dans les combats des 1", 2 et 5 mars. Reste 5500 hommes, plus la division Arrighi complétée à 4000 fusils, depuis son départ de Paris {Mémoiret de Marmont, VI, 208, et Situation de la division au 19 février. Arch. de la guerre), soit 9 500 hommes environ.
3. Défalquer des 23400 combattants de Craonne les 5500 tués et blessés, ajontet la 2* brigade de la division Priant: 3400 hommes; la 2» brigado des dragons de Roussel: 1000 hommes; et le corps Mortier (infanterie da Christiaiii et de Porret du Morvan et cavalerie de Buulnoir) qui, de plus de 8000 hommes le !•' mars, avait été réduit par les combat» et I«« marches for< c^«s k moins de «OCO.
vau-légers français Engagés sur une étroite chaussée, que bordaient à droite et à gauche des terrains marécageux où il était impossible de prendre pied, ils se retirèrent, laissant la place à la première division de Ney. Mais le défilé était également redoutable pour î*:':'?interie. Ney se replia à Urcel, attendant de nouveaux ordres'. Selon sa coutume, l'empereur consulta les gens du pays. L'un d'eux indiqua un chemin qui aboutissait sur la droite et au milieu du défilé. Gourgaud, alors chef d'escadrons et officier d'ordonnance de l'empereur, fut chargé de tourner la position avec deux bataillons de la vieille garde et trois cents cavaliers, tandis que l'infanterie de Ney l'aborderait de front. Dès qu'on serait maître du défilé, les dragons de Roussel et tcjs les chevaux de la garde déboucheraient au grand trot sur Laon pour y tenter un hurrah*. L'attaque fixée à une heure du malin réussit le mieux du monde. Les Russes, leurs grand'gardes surprises et égorgées, furent éveillés et réendormis à coups de baïonnettes. Un régiment seul eut le temps de se former et parvint à se retirer sur Laon. Soit que les nombreux escadrons do Relliard se fussent concentrés trop tard, soit qu'un encombrement se produisît sur celte route étroite, la cavalerie ne put commencer son mouvement à la poursuite des Russes que vers cinq heures. Elle arriva avant le jour devant Laon, mais l'ennemi était sur ses gardes. Les dragons furent reçus au bas de la montagne
1. Ney à Berthier, Urcel, 8 mars. Arch. nat., AF. iv, 1670. Cf. Jounal de Majewsky, cité parBogdanowitsch. I, 333. — Selon Bogdanowitsch(i6id.),la reti'aite de rarniee russe s'opéra diffîcileiaeat dans la niiit du 7 au 8 mars, et si les Français avaient alurs cuutinué la poursuite ils lui auraient fait g^and niai. Mais les troupes françaises avaient coml>attu tout le jour et fait les unes 6 lieues, les autres 7 et 8 lieues. Hommes et bétes avaient besoin d'une nuit de repos.
2. Correspondance de Napoléon, 21457; Registre de Berthier (ordres du 8 mars, 10 heures du soir) ; Ordre de Ney, Chivy, sans date (8 mar«). claasé par erreur au 9 mars. Arch. de la guerre.
jiar une salve de douze canons chargés à mitraille. Ils se replièrent hors de portée de rartillerie '.
Laon n'était pas à la merci d'un hurrah. Fatigué de toujours reculer, Bliicher avait pris ses dispositions pour 5'y défendre. Quoi qu'en dît WoronzofT, à qui son Intrépide résistance avait fait illusion, le feld-maréchal considérait avec raison la journée de Craonne comme un échec. Il voulait prendre une revanche à Laon dont la position, formidable par elle-même, se prêtait en outre au déploiement de l'immense armée qu'il commandait. D'une altitude de cent mètres au-dessus de la rivière d'Ardon, qui coule à ses pieds, la montagne do Laon s'élève au milieu d'une grande plaine, boisée et légèrement ondulée de l'est à l'ouest, absolument plate et découverte au nord où les vastes champs de blé s'étendent à perte de vue. De loin, la montagne d'un aspect plus imposant que pittoresque se profile sur l'horizon comme une immense redoute, plane à son sommet el inclinant ses peutes à 45 degrés. Mais ce massif affecte en réalité la forme la plus irrégulière. En plan, les crêtes extrêmes donnent la ligure d'un cheval auquel manqueraient la tête et les jambes de derrière. Il résulte de cette configuration que la montagne présente sur plusieurs points une suite de bastious naturels qui flanquent leurs feux. La cuve Saint-Vincent, par exemple, est un entonnoir à boulets où les assaillants seraient atteints de front et sur leurs deux flancs. Partout se creusent des ravins à pic. Les pentes accessibles ne laissent pas d'être fort roides et sont plantées de petits bois, de vignes, de jardins, dont les murs de clôture ajoutent à la difficulté de l'escalade.
i> Joamal de la division RonsseU Registre de Berthisr (à Marmont, 9 mars i 7 heares du matin). Jouroal du colonel Maiewskjr.
Cinq routes* qui aboutissent au pied de la montagne s'y subdivisent pour monter à la ville en une douzaine de sentiers étroits et escarpés. Mais avant de s'y engager, il faut avoir emporté les faubourgs d'où ils parlent et qui forment pour ainsi dire des omTages avancés à la place : Semilly et Ardon au sud, Vaux, Saint-Marcel et La Neuville au nord. En 1814, à la vérité, les remparts de la vieille capitale de Louis d'Outremer se trouvaient dans le plus mauvais état. L'enceinte continue, qui suivait les crêtes de la montagne, avait partout des brèches, et ce qui restait des murailles n'eût point résisté à quelques coups de pic*. La ville n'était donc pas précisément une place forte, mais la montagne constituait une formidable position de bataille, un point d'appui sans pareil pour une armée '.
Biilow, chargé avec ses dix-sept mille hommes de la défense du plateau, de ses abords et de ses débouchés, fractionna son infanterie en bataillons, et même en compagnies, et les établit sur tous les points des versants sud et ouest qui présentaient quelque retranchement naturel. Reliés entre eux par des chaînes de tirailleurs, ces postes pouvaient mutuellement se prêter aide et généralement croiser leurs feux. Une forte réserve occupait la ville, et deux détachements, chacun do deux bataillons, gardaient les faubourgs d'Ardon et de Semilly. Une partie de la cavalerie éclairait les routes principales ; l'autre était massée
1. Les routes de La Fèro, d'AveSnes, de Reims et de Soissona et le ch» ' min de Bruyères. ■
2. Rapport de l'adjudant-commandant Bouchard à Clarke, 14 février, i Arch. de la guerre. — Bouchard, qui commandait à Laon, l'évacua le 11 fé- \ Trier. Il n'a\ait que 4 canoas et 500 hommes dont 300 gardes nationaux j armés de mauvais fusils. On ne pouvait songer avec ces faibles troupes à tenir dans celte place qui avait tant d'approches à défendre et dont let s remparts présentaient un développement de plus de cinq kilomètres. ;