I. Uùmng.AusmeinemLebe
S. M&fâing, 136-138.
PREMIÈRE JOURNÉE DE LA. BATAILLE DE LAON. 2fr.
veille, bien qu'il en eût reçu, à deux reprises, l'ordre précis'. 11 s'était contenté de faire occuper dans la soirée le village d'Aubigny et n'était pai-ti de Berryau-Bac, avec le gros des troupes, que le matin^ Arrivé passé dix heures à Festieux, qu'évacua à son approche la cavalerie du colonel Bliicher, il s'y arrêta jusqu'à midi. « Le brouillard, dit-il, était extrêmement épais. Je ne pouvais m'engager avec cette obscurité dans les vastes et immenses plaines de Marie dans lesquelles on entre immédiatement*. » Les historiens locaux ont dit que si Marmont craignait tant « les vastes et immenses plaines », il aurait pu, regardant la carte ou se renseignant auprès des paysans, obliquer à gauche et gagner par le plateau l'ancienne voie romaine qui descendait directement à Laon par Cherêt et Bruyères. L'escalade de ce plateau escarpé, d'une altitude de quatre-vingt-dix mètres, eût pris bien du temps. Plutôt que de passer par le plateau de Montchâlons, Marmont devait déboucher de Festieux, tourner à gauche et en rangeant les flancs de la montagne gagner par Veslud et Parfondru la route de Bruyères à Laon. De cette façon, il ne risquait pas d'aller donner par le brouillard au milieu des masses de cavalerie *. Mais la grande faute de Marmont était
1. Cea ordres sont : le premier de 10 heares da matin ; le second de 1 1 heures. Registre de Benhier, 8 mars. Arch. de la guerre. Us durent arriver à Marmont entre midi et 2 heures de l'aprês-midi. S'il se fut mis en mouvement aussitôt, il pouvait facilement venir coucher, le 8, à Festieux et être devant Laon le 9 à 8 heures du matin.
i. ■ }o ne puis exécuter le mouvement c« soir... Je serai en marche avant le jour... > Marmont à Berthier, Berry-au-Bac, 8 mars, 7 heures du soir. Arch. nat., AF. iv, 1670.
3. Marmont, J/émotre«, VI, 211. — Dans ses Ifemoires. Marmont dit qu'il arh%-a à Festieux à 8 heures, mais dans son rapport à l'eroperenr. du 10 mars lArch. flai., AF. iv, 1 670), il n'indique que l'heure de son départ : midi. Le fait que Blùcher ne reçut qu'à midi la dépêche lui annonçant l'arrivée de Marmont à Festiea» «••onveque lemarécheU n'y arriva pas à 8 heures du matin. D' ailleurs les troupes avaient eu k faire 18 kilomètres pour venir de Berry-au-Bac.
4. Les ordres du major général, fort peu détaillés, prescrivaient seulement à ManDont de marcher de Corbény sur Laon, par Aobignj, en veilijuiit bien à ••
d'avoir ajourné son départ de Berry-au-Bac. Depuis la prise de Boissons, le duc de Raguse, cela est trop visible d&ns ses, Mémoires, n'avait plus aucune espérance. Il ne cherchait plus qu'à obéir à peu près aux ordres qu'il recevait, sans mettre de zèle à les exécuter*. Que d'ailleurs si Marmont fût arrivé devant Laon à huit heures du matin au lieu d'y arriver passé deux heures de l'après-midi, Napoléon eût remporté la victoire, ce n'est point cela qu'il faut dire.
Le brouillard dissipé, les troupes se mirent en marche. Les cinq escadrons du colonel Bliicher, restés à mille mètres en arrière de Festieux, se replièrent sans combattre sur la brigade Katzler qui se déployait entre Eppes et la forêt de Lavergny, et qui, elle-même, tourna bride aux premiers coups de canon. Marmont avança ses têtes de colonnes à environ douze cents mètres du front ennemi, face à Vaux et face à Athies, et établit deux batteries sur la butte des Vignes et sur un autre tertre qui s'élève à gauche de ce monticule. La première batterie, de vingt-quatre pièces, canonnait Athies; la seconde contre-battait l'artillerie prussienne en position à la butte du GhaufTour'. Dans Athies, l'infanterie d'York écrasée de feux et menacée d'une attaque sur la gauche par une brigade de la division Arrighi, qui marchait résolument à l'assaut, reçut l'ordre d'aban-
lier à l'armée impériale (ce que Marmont d'ailleurs ne chercha pas k faire). Marmont avait donc toute liberté de prendre après Aubigny et a fortiori après Festieux, la route qui lui paraissait la plus convenable. Il importait peu quil débouchât dans la plaine de Laon un peu plus à l'est ou un pea plus au sud. Ce qui importait c'était de marcher le plus vite possible au canon de l'empereur, que Marmont reconnaît avoir entendu dès Festieux {Mémoires. VI, 211).
1. «Mon but unique était de me conformer à an ordre positif qu'il eftt été criminel de ne pas exécuter. » Mémoires, VI, 212. Cf. 206-209 et passim.
2. Droysen, York's Leben, III, 348-3«. Bogdanowitsch, I, 344. Cf. rapport de Marmont, Corbény, 9 mars, 2 henrea 4a matin (c'est-à-dire 10 mars). ArM. n«t., AF. IT, 1670.
donner ce poste. Mais soit qu'on voulût retarder par là l'occupation du village, soit, comme l'a dit Bliicher, que des habilauls eussent tiré sur les soldats', soit par simple sauvagerie, les Prussiens incendièrent Athii's avaut de l'évacuer. Ils procédèrent méthodiquement; pénétrant dans chaque maison, ils enlevèrent quelques malades et quelques infirmes qui n'avaient pas pu se sauver et les déposèrent dans les jardins. Cela fait, ils mirent le feu partout. Cent quarante maisons sur cent quarante-quatre furent totalement détruites'.
Pendant l'incendie, qui ne s'éteignit faute d'aliment que de cinq à six heures du soir, les jeunes soldats d'Arrighi tournèrent le village en flammes et poursuivirent les Prussiens. Ils durent bientôt se replier sous la mitraille. De môme sur la route de Laon, les pièces de la batterie du Chauiïour ripostaient vigoureusement à l'artillerio française. Désormais l'ennemi dou* Marmont voyait les masses profondes ne semblait plus vouloir céder de terrain*. Ou a cru que le général York n'avait fait d'abord une aussi faible défense que pour attirer Marmont et le prendre au filet. Sans doute York était satisfait de voir Marmont s'engager en l'air avec si peu do monde. Mais il faut se rappeler que d'après les ordres do Bliicher, qui voulait ne rien risquer, les commandants de corps devaient se contenter de garder leur front jusqu'au moment de l'attaque générale*. Or le front d'York
1. « ... Quelques paysans, égarés parles proclamations de l'emp«renr Napo« léon.onc pris les armes contre les Allies et ont tiré sur eux. Lincendia du villag* d'Aihies. dont Napoléon a été le témoin, aurait dix lui ouvrir les yeux sur le lerrible cbitiiuent auquel il expose les Français par cette mesure à laquelle il les anime. » Proclamation de Bliicher, Laon, 10 mars. Arch. de Laon.
2. Rapport de Marmont, Corbéuy, 10 mars, 2 heures du matin. Arch.nat., AF. IV, 167Ct Cf. Fleury, Le département de l'Aisne en 1814, 361.
3. Rapport de Miirmont à Napoléon, Corbény, 14 mars. Arch. nat., AF. r». :*70. Cf. Mémoires de ilamiont, VI, 233. Jo'umal de Faboier. iS-49.