‹ 1814Chapitre 64 sur 178 · Mûfiling, Aus meinem Leben · texte numérisé non relu

Mûfiling, Aus meinem Leben

2. Napoléon devait être vraisemblablement au débouché de Chivy, à l'einbranchement du chemin de Leuilly (point coté 68 sur la carte d'état-major), à deux kilomètres du faubourg de Semilly. C'est l'endroit précis où la ▼ue a le plus d'étendue. Si l'on appuie un peu plus à gauche, le massif de Laon l'arrête complètement; un peu plus à droite, on a devant soi, outre lea bois de Leuilly, la butte de la Moncelle, à quatre kilomètres. — Bien que depuis 1830 on ait beaucoup déboisé dans cette région, du point indiqué, où nous nous sommes placé, la vue ne porte pas encore au delà d'Ardon.

3. «... Avant tout, maintenez bien nos communications. » «... Vous dpve» TOUS mettre en communications avec le duc de Trévise. » Berthier A Marmont. Braye, 8 mars, lo heures du matin et 11 heures du matin. Registre. Or Marmont avoue dans ses M'''moires (VI, 212) qu'il n'envoya jusqu'à la fiij de la journée du 9 aucun courrier à l'empereur. « Je n'avais reçu, dit- il, «uï-une nouvelle de l'empereur, les communications étaient interceptées entre nous. » Marmont oublie que ces communications, c'était à lui de les

PREMIÈRE JOURNÉE DE LA BATAILLE DE LAON. 2lt

baient dans les patrouilles de Cosaques qui battaient l'estrade entre Ardon et Bruyères. Jusqu'au moment cependant oii il saurait Marmont arrivé à sa hauteur, Napoléon ne pouvait s'engagera fond; et s'il arrêtait son offensive, il risquait de trop indiquer à l'ennemi l'approche d'une autre colonne. Pour attirer l'attention de Blùcher, l'empereur ordonna de nouvelles attaques sur les faubourgs du sud. Pierre Bc} or aborda une fois encore Semilly et une fois encore il débusqua les bataillons de Clausewitz. Une charge des dragons de Roussel sur l'infanterie prussienne, massée en avant d'Ardon, facilita à Porret de Morvan la reprise de ce village. Enfin, vers quatre heures, les deux divisions de "Victor, désormais placées sous le commandement de Charpentier, ayant débouché de la route de Soissons, l'empereur les lança contre le village de Ciacy qu'étaient venus occuper avec du canon plusieurs bataillons russes. Situé au milieu d'un mirais, Clacy n'était accessible que par l'étroite chaussée de Mons-en-Laonnoye. Des tirailleurs s'avançant sur la droite, au bord du marais, réussirent à occuper l'ennemi par un feu très vif. Pendant cette fusillade, la brigade Montmarie, ployée en colonne d'attaque, aborda la position de front. L'attaque fut si soudaine et si rapide que les Russes surpris et coupés laissèrent aux mains des soldats de la jeune garde deux cent cinquante prisonniers. Encouragé par le succès de Charpentier, Ney voulut pousser l'ennemi vers la Neuville en contournant le marais. Il dut bientôt se replier, canonné de front et d'écharpe par les batteries russes. De leur côté, la brigade Pierre Boyer et la division Porret de Morvan, après s'être maintenues quelque temps dans Semilly et Ardon, durent aussi évacuer ces faubourgs. A Ardon, particulièrement, îfi combat fut acharné. Le colonel Leclerc y trouva

la mort et le général Porret do Morvan y fut très grièvement blessé'.

Il était plus de cinq heures. Les attaques des faubourgs étaient repoussées et la nuit allait venir. Décidé à remettre la bataille au lendemain où il comptait sur la coopération de Marmont*, l'empereur fit cesser le feu. Les troupes s'établirent au bivouac entre Ciacy et Leuilly, sauf la vieille garde de Priant et une partie de la cavalerie qui furent échelonnées entre Chivy et Chavignon, oti s'établit le quartier impérial. De fortes grand'gardes de cavalerie étaient postées à plus de cinq kilomètres sur les deux flancs de l'armée *.

Du côté d'Athies, le feu cessa de même entre cinq et six heures. Après s'être emparé de ce village, Marmont avait arrêté son offensive. Il jugeait, dit-il, que l'attaque de Napoléon « n'était que du bruit sans résultat », et il voyait devant lui les corps entiers de Kleist et d'York; plus loin, en réserve, les Russes de Sacken et de Langeron; à sa droite, les nombreux escadrons de Ziéthen*. Le duc de Raguse agit bien en ne s'engageant pas plus à fond contre de pareilles masses ; mais placé ainsi en l'air, au milieu d'une plaine, ayant

1. Lettre de BIAcher à Schwarzenberg, Laon, 10 mars, citée par Bogdanowitsch, I, 343, 509. Wagner, III, 8'J. Cf. Registre de Berthier et Journal de la division Roussel. Arch. de la guerre.

2. Comrne nous l'avons dit, le vent qui soufflait de l'ouest empêchait Napoléon d'entendre le canon de Marmont et la conâguration du terrain lui cachait ses mouvements. D'autre part le duc de Raguse n'envoya aucun oftlcier à rem|>ereur jusqu'à 6 heures du soir où il dépécha Pabvier qui s'arrêta en route. MAmoirei df. Marmont, VI, 212. Rapport de Marmont à Napoléon, Corbény, 9 mars. Arch. nat., AK. iv, 1670. Fabvier, Journal du 6' corp». L'empereur «avait saus doute que Marmont était à proximité, mais il ignorait le point où il se trouvait.

3. Positions de l'armée, le 9 mars au soir. Arch. nat., AP. nr, 1 66b.

4. AUmoires de Mannont, VI, 212. Fabvier, Journal du S* corps. — Sur l'ordre de Bliicher, Sacken et Langeron s'étaient portés en soutiens d'York et de Kleist. La cavalerie de Ziéthen s'était de même vers quatre heures massée

la gauche de la forêt de Samuussy a&a d'arrêter un mouvement touruant /entuel de« lanciers at descuiraasieraiU BordettouUe. Bogdanovitsch, 1, 344

en face de lui des forces quatre fois supérieures et à sa droite un gros de cavalerie, il eût mieux agi encore s'il eût fait rétrograder son armée jusqu'à l'entrée du défilé db Festieux. Il n'y songea pas, apparemment'. Ses troupes bivouaquèrent sur leurs positions de combat : l'infanterie et l'artillerie entre \lhies, où restèrent deux bataillons, la butte des Vignes et la route de Reims; la cavalerie en arrière et à droite, près de la ferme de là Mouillée, le front au ruisseau de Chambry. Les jeunes soldats du duc de Padoue, qui précisément se trouvaient le plus près de l'ennemi, avaient ce jour-là vu le feu pour la première fois Ils s'étaient bien comportés, mais sans aucune habitude de la guerre, ils ne savaient point se garder. Les canonniers de la marine, matelots pour la plupart, étaient bons pointeurs et fort braves mais ils ne connaissaient rien du service en campagne. Au lieu de mettre leurs pièces sur les avant-trains en les rassemblant au parc, ils les laissèrent à la prolonge. Marmont convient qu'il avait remarqué l'inexpérience complète de ses troupes. Néanmoins, il ne crut pas devoir y suppléer en veillant par lui-même aux dispositions de sûreté. Il alla prendre gîte au château d'Eppes, à quatre kilomètres d'Athies, s'en remettant à la Providence du soin de garder son armée*.

1. Dans sea Mémoire» (VI, 217) M'armont dit « qu'il comptait bien la nnit renae regagner le défilé de Pestieux ». Pourquoi ne le lit-il pas tont de suite? Mais dans son rapport de Corbény (Arch. nat., AF. iv, 1 67C), il dit seatement ■ qu'il se disposait à prendre une position de nnit *. Pourquoi d* la prenaii-il pas tout de suite ? Ce sont là de mauraises excases coutomières au duc de Raguse.

2. Mémoire* de Marmont. VI, 212-213. Cf. Bogdanowitscb, I, 345- rix>jMa, 349; Fleurj, 366. Fabvier, Journal du ff* eorpt, «3-50.

Bliicher était resté tout le jour sur la défensive dans la crainte de voir surgir vers Bruyères un centre à Tarmée française. Quand au milieu de l'après-midi, les troupes de Marmont s'étaient avancées en canonnant contre les positions prussiennes, le feld-maréchal, afin d'être complètement renseigné sur la force et les mouvements de ce corps d'armée, avait envoyé Miiffling dans la plaine. Arrivé près de la butte du Chauffour au moment de l'incendie d'Athies, Miiffling vit tout de suite le petit nombre des assaillants et il jugea, d'après l'heure avancée, que la venue d'une troisième colonne française n'était plus à redouter. Il retourna à Laon pour rapporter au feld-maréchal qu'on pouvait sans risque s'engager à fond contre le corps de Marmont « et le prendre au filet * ».

Le quartier-maître général de l'armée de Silésie n'était pas seul à penser ainsi. Comme il quittait le champ de bataille, le général York envoyait demander à Ziéthen, commandant la cavalerie, s'il croyait pouvoir mener à bien une attaque sur la droite des Français. « — J'y tâcherai, » répondit Ziéthen. Kleist consulté à son tour se montra également disposé à prendre l'oiïensive. Un des aides de camp d'York, le comte de Brandeburg, fut aussitôt envoyé à Bliicher

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