Journal & an officier anglais, 90 et 9C
En revanche, tout le monde ajoutait foi aux nouvelles répanducis par les alarmistes, par les Allemands domiciliés à Paris, que la préfecture de police n'avait pas pensé à expulser, par les journaux étrangers qui pénétraient dans la capitale, malgré les mesures prises ou du moins ordonnées*. Que ne disait-on pas! Murat avait fait défection; un million d'hommes avaient passé le Rhin ; les Alliés combattaient pour les Bourbons; l'impératrice n'avait pas voulu reconnaître le roi de Rome, et c'était la cause de l'entrée de l'Autriche dans la coalition; Joseph n'était adjoint.au conseil de régence qu'afin de surveiller les autres membres, tous d'intelligence avec Vienne; si l'empereur était victorieux, la garde nationale saurait lui imposer ses volontés". D'autres propos étaient plus sérieux. Aux gens qui prétendaient qu'un congrès était sur le point de se réunir, où le duc de Vicence conclurait la paix, ou répondait, et en vérité l'on voyait bien juste : « Aucune des puissances ne veut la paix ; s'il en existait une seule qui y inclinât, lord Castlereagh, qui ne se rend au quartier général que pour empêcher tout arrangement, croiserait ses vues '. » On disait encore, comme si on lût dans le livre de l'avenir : « Paris est le point de mire des Alliés; c'est là ;u'ilsvontdirigertousleursefTorts,parla raison qu'une fois maîtres de Paris, ils le seront de l'empire*. »
En vain les journaux multipliaient les appels au patriotisme, en vain les orgues de Barbarie jouaient, par ordre, la Marseillaise*, si longtemps proscrite, ni
1. P Apports de police, 17 et 30 janTier et 10 février, Arch. nac, F. 7, 6603. Abbé de ¥r&àx. Mémoire tur la Restauration, 40; Mémoires de Bovigo, VI, 351
2. Rapport de Pasqaier, 11 janvier; rapport de police, 21 janvier. Arch! nat., AF., rv, 1534 et F. 7, 6603.