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LES ESPRITS A PARIS

chance de conserver le pouvoir *. » Le procès-verbal de la séance, rédigé par le duc de Cadore, fut transmis à l'empereur. Joseph lui écrivil de son côté : « Sire, tous les membres du conseil ont paru mus par les mêmes sentiments. On a trouvé les propositions de l'ennemi fort injustes, et on a montré une absolut confiance dans ce que Votre Majesté ordonnerait à son plénipotentiaire pour que la France pût jouir sur-le-champ des immenses sacrifices que l'on exige d'elle, et que l'on sait bien que Votre Majesté ne fera qu'à la dernière extrémité. Mais on s'est assez généralement réuni à penser que la nécessité de voir la France réduite au territoire qu'elle avait en 4792 devait être acceptée plutôt que d'exposer la capitale. On regarde l'occupation de la capitale comme la fin de l'ordre actuel et le commencement de grands malheurs... La paix prochaine, quelle qu'elle soit, est indispensable... Vous resterez à la France, la Frunce vous restera la même que quand elle a étonné l'Europe. Et vous qui l'avez sauvée une fois, vous la sauverez une seconde en signant la paix aujourd'hui et en vous sauvant avec elle... Que Votre Majesté ait remporté aujourd'hui une victoire ou non, il faut également qu'elle pense à la paix, voici le résultat de ce que tout le monde pense et dit ici *. » Napoléon répondit à son frère par le bulletin de la victoire de Craonne et par l'envoi d'instructions relatives aux aiïaircs militaires*. De la paix, il n'était pas question. Au reste, la lettre de l'empereur où il avait ordonné de convoquer le conseil do régence portait ces mots : « Je no demande pas un avis en forme, mais je suis bien aise de connaître los dilFércntes sensations des individus *. »

l. Mémoiret d^un ministre du trésor publie, IV. 127. S. Cormpondance du roi Joseph, X, 179-183 (4 mars).

3. Correspondance de Napoléon, 21 449 «t 21451 (6 inar» «t 8 man).

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