‹ 1814Chapitre 77 sur 178 · Moniteur du. 14 mars. Voir> 10X4*, pp. 142, lîA · texte numérisé non relu

Moniteur du. 14 mars. Voir> 10X4*, pp. 142, lîA

sion, appelée la division des escadrons réunis, qui forma avec les 2 000 dragons de Roussel "le commandement du général BelJiard. La vieille ^aràe de Priant, la réserve d'artillerie et les trois divisions de la cavalerie de la garde : Colbert, Exelmans et Letort (ce dernier remplaçait La Perrière amputé à Craonne) restèrent comme auparavant sous les ordi'es immédiats de l'empereur *.

En réorganisant son armée, Napoléon ne savait encore où il allait la conduire^. Il était manifestement fort indécis, lorsqu'il apprit un événement qui pour tout autre eût été un coup de foudre mais qui pour lui fut un trait de lumière. Reims, qu'une petite garnison sous les ordres du général Corhincau occupait depuis le 5 mars, venait d'être repris par le comte de Saint-Pricst, lieutenant de Langeron.

Arrivé le 27 février à Saint-Dizier avec une partie du 8" corps russe, Saint-Priest y avait séjourné d'après les ordres de Bliicher, afin de rassembler les autres troupes venant du Rhin et de maintenir les communications entre la grande armée ol l'armée de Silésie. Ayant appris le 4 mars que Blrcher était serré de près par Napoléon et que Reijis était menacé, il

1. Registre de Berthier (ordres et lettres du 12 au 15 mars). Correspondance de Napolron, 21475, 21-176. Registre de Belliard (12-15 mars). Situations des 12 et 15 mars. Arch. de la guerre et Arch. nat., AK. iv, 1670.

Le geuéral Sébastiarii reçut le coininandement supérieur Jes trois divi sious de cavalerie de la garde. — La division des escadrons réunis n'étai le 12 mars que la brigade des escadrons réunis. Ce fut seulement le 15 mars que, de nouveaux renforts étant arri\és, on put former une division de 240( clievaux. Kegistre de Belliard (à Curély, 15 mars). Arch. de la guerre. Mémoires de Curély, 395.

2. D'après Fain (p. 174), Napoléon allait, dans la nuit du 13 au 13 mars, » se mettre en marche pour revenir sur la Seine par la route de Soissons à Château-Thierry ». Il n'y a pas trace d'ordres relatifs à ce mouvement ni dans la Correspondance de Napoléon, ni dans le registre de Berthier, ni dans 1» corres^pondaiice militaire des Archives de la guerre. Tout au contraire, Napoléon écrivait le 10 mars à Joseph : « ... Je vais m^î rapprocher de Soissons, niais jusqu'à ce que j'aie pu engager cette armée (l'année de Bliicher) dan» une affaire qui la cuinpromette de nouveau, il est difâcile que je me porte ailieurv. « Correspondance, 21460.

avait marché dans cette direction. Mais déjà la ville fait au pouvoir des Français. Le général russe s'arrêta à Siilery, ajournant l'attaque de Reims jusqu'à l'arrivée des autres échelons du corps d'armée : la division Fantschulidsew et cinq mille hommes de landwehr prussienne commandés par le général Jagow. En attendant, quelques partis de Cosaques vinrent caracoler aux portes des faubourgs, et un parlementaire remit à la municipalité une sommation de rendre la ville sous menace d'incendie '. Bien qu'il n'eût avec lui que cent cavaliers, cinquante gendarmes et unmillier de gardes nationaux placés dans les cadres de trois bataillons de la garde, Corbineau ne se laissa pas intimider. Les Russes se tinrent tranquilles jusqu'au 11 mars. Jagow et Fantschulidsew ayant alors rejoint Saint-Priest, celui-ci exécuta dans la nuit un coup de main sur Reims. La petite garnison, surprise et assaillie sur trois points à la fois et d'ailleurs manquant de cartouches, céda les portes de la ville. Les gardes nationaux se réfugièrent chez eux. Les cavaliers ctles cadres, se frayant passage àl'arme blanche, ignèrent Châlons-sur-Vesles oii les Cosaques qui les poursuivirent furent sabrés par les gardes d'honneur du général Defrance *.

L'occupation de Reims par les Russes rétablissait les communications entre la grande armée et l'armée de Silésie. C'était en cela un grave événement. Mais Napoléon, comme Rossuet l'a dit de Coudé, « savait proliter des infidélités de la fortune ». A peino oul-il reçu cette nouvelle qu'il donna SCS ordres. Le 12 mars,

1. Lettres rfe Saint-Priest k WolVonsky et aa oar, 2 mars etTvt&rs, citéet

par Bogdanowitsch. I, 3j<< 360, 512-513. Sommation signée : Saini-Pr4<sst,9 mars,

11 heures du matin. Arch. uat., AK. iv, 1 670.

-. Cf. Corbineau à Napoléon, Reims, 5 mars. Arch. nat., .\F. tv, 1670. Rap-

■t du major des voltigeurs do la garde, Châlons-sur-Vesles, 12 mars; Rap-

-: de Defrp.nce, Châions-sur-Vesles, 12 mars. Arch. de la guerre. Lettr*

xe Sa:Qt-l>riest au caar. Reiras, 12 mars, citée par Boçdanowilsch, 1, 3G0.

des six heures du soir, Berthier écrivit à Marmont, qui après la surprise d'Alhies s'était replié à Berryau-Bac, puis à Roncy, puis à Fismes', lui enjoignant de partir le lendemain au petit jour pour se porter sur Reims. « Vous formerez l'avant-garde. ajoutait Berthier; l'empereur vous suivra avec une partie de ses troupes. » Le petit corps de Ney, la division Priant, la cavalerie de la garde et la réserve d'artillerie, qui pour gagner Reims avaient à faire plus de soixante kilomètres, commencèrent leur mouvement dans la soirée et dans la nuit. L'empereur quitta Soissons de sa personne le 13 mars au lever du jour *.

Le général de Saint-Priest, à qui les dépêches de Blucher, quelque peu exagérées, avaient annoncé « la défaite totale des Français à Laon, oii l'empereur avait sacrifié les restes de son armée' », était sans aucune inquiétude. Voulant donner deux ou trois jours de repos à ses troupes, il les avait commodément mais imprudemment cantonnées de Beaumont à Rosnay, sur une longueur de vingt-six kilomètres*. Mais qu'avait-il à redouter? Blucher n'affirmait-il pas que l'armée française était « en pleine dissolution » ?

Le 13 mars, dans la matinée, la cavalerie de Bordesoulle qui, réunie aux gardes d'honneur du général Dofrance, formait l'avant-garde de Marmont, rencontra à un quart de lieue de Rosnay une patrouille de cavaliers ennemis; ils tournèrent bride sans tirer un coup de carabine. Les lanciers français, les poursuivant, entrèrent au grand trot dans Rosnay où deux

1. Clarlîe à Marmont, 10 mars, et Marmont & Clarke, 11 mars et 12 mars. Arch. de la guerre. — Le II, Marmont avait commis le faute grave d'abandonner Berry-aû-Uac malgré l'ordre formel du ministre de la guerre et contrairsment aux intentions de Napoléon.

2. Registre de Herthier (à Marmont, Ney, Drouot, Sébastiani; Soissons, 12 mars. 6 et 8 heures du «oir). Cf. Correspondance de NapoUon. 21475, 21477,

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